ZNIEFF 730030193
Pelouses sèches de Camp Ramon

(n° régional : Z1PZ0206)

Commentaires généraux

Située au sud de la commune de Cieurac, la zone est constituée d’un vallon peu profond établi dans des calcaires lacustres d’âge tertiaire. Le fond du vallon comprend dans sa moitié amont quelques truffières exploitées, mais il est principalement occupé par des pelouses et des prés mésophiles en voie d’embuissonnement plus ou moins avancée par le Prunellier ainsi que par des parcelles colonisées par le Genévrier commun ou par des fourrés caducifoliés, qui témoignent d’un abandon pastoral déjà assez ancien. Partiellement boisés, surtout sur les pentes en exposition fraîche, les versants sont encore majoritairement occupés par des pelouses sèches, certaines d’une belle étendue. Autrefois entretenues par des troupeaux d’ovins, ces pelouses de pente connaissent localement un lent processus de fermeture, marqué par l’extension progressive du buis ou du genévrier. Les pelouses sont, en revanche, relictuelles sur les sommets des pechs, où dominent junipéraies plus ou moins arborées et chênaies pubescentes, auxquelles se substituent assez fréquemment des plantations de chênes truffiers. Ces dernières rappellent que la zone se trouve sur le causse de Lalbenque, renommé pour ses truffes.

La zone possède un intérêt botanique élevé, lié à la présence d’un éventail diversifié de pelouses sèches. Les plus étendues et les plus remarquables sur le plan floristique sont des pelouses à caractère xérique net, dont une part réduite se rattache au Xerobromion du Quercy et la majorité à l’alliance de l’Ononidion striatae, catégorie de pelouses à caractère méditerranéo-montagnard largement répandue dans les grands causses aveyronnais, mais extrêmement localisée dans le Lot (est du Quercy blanc). Parmi la riche flore méridionale de ces habitats, certaines espèces sont largement répandues dans les différents types de pelouses xériques quercynoises, comme la Bugrane striée (Ononis striata), la Leuzée conifère (Leuzea conifera) et le Nerprun des rochers (Rhamnus saxatilis), alors que d’autres possèdent leur optimum local dans l’Ononidion striatae, tels l’Anthyllide des montagnes (Anthyllis montana), le Buplèvre de Toulon (Bupleurum ranunculoides subsp. telonense), la Marguerite à feuilles de graminée (Leucanthemum graminifolium), le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus) et la Globulaire piquante (Globularia vulgaris), ou sont au contraire mieux représentées dans le Xerobromion au niveau départemental, tels l’Armoise blanche (Artemisia alba), le Lin des collines (Linum austriacum subsp. collinum), la Scorsonère hirsute (Scorzonera hirsuta) et la Crapaudine de Guillon (Sideritis peyrei subsp. guillonii). Également diversifiée, la gamme des pelouses relevant du Mesobromion comprend des formations de versant à caractère encore relativement xérique (pelouses du Seslerio caeruleae-Mesobromenion erecti ou du Teucrio montani-Mesobromenion erecti), où la Crapaudine de Guillon voisine avec la Phalangère rameuse ( Anthericum ramosum) et la Raiponce orbiculaire ( Phyteuma orbiculare), et des pelouses plus nettement mésophiles, développées en fond de combe sur sol relativement profond, qui possèdent une composition floristique plus banale et sont souvent en voie relativement avancée d’embuissonnement et d’évolution vers des formations de lisière.

Diversifiée, la faune des papillons recensée à ce jour comprend 25 espèces de rhopalocères et plus de 180 espèces d’hétérocères, dont un nombre notable sont remarquables. On peut tout d’abord souligner la présence d’au moins 3 espèces protégées au niveau national : 2 rhopalocères encore largement distribués au niveau départemental, le Damier de la succise (Euphydryas aurinia) et l’Azuré du serpolet (Maculinea arion), et un hétérocère diurne d’affinité méditerranéenne franchement rare et en limite d’aire dans le Lot, la Zygène cendrée (Zygaena radamanthus). Une autre zygène remarquable peut être citée : Jordanita budensis. Essentiellement connue en altitude dans les Alpes, cette zygène verte présente un isolat dans le Lot, où elle n’est mentionnée que par trois stations, celle de Camp Ramon comprise. D’autres investigations spécifiques ont été menées, en particulier sur les araignées. Sur un ensemble de 90 espèces recensées à ce jour, 21 sont très localisées ou peu communes en France, parmi lesquelles peuvent être citées Tegenaria fuesslini, Thanatus atratus, Zodarion rubidum ou Zora manicata.

Certaines parcelles ont été acquises par le CREN-MP dans un but de conservation. Des travaux de réouverture du milieu sont désormais en cours afin d’augmenter la proportion d’habitats remarquables sur le site et de recréer des couloirs naturels pour la flore et, surtout, la faune, les papillons en particulier. Des inventaires et suivis naturalistes sont régulièrement menés, notamment pour évaluer les effets de la gestion mise en place.

Commentaires sur la délimitation

La zone est centrée sur un ensemble de pelouses sèches remarquables occupant un vallon sinueux d’orientation générale sud-nord, situé au sein d’un secteur globalement dominé par des bois (chênaies pubescentes) et des truffières. Les voies de communication qui passent sur les bordures ouest et est de ce secteur vallonné (ligne de chemin de fer et route départementale D49) ont été retenues comme limites occidentale et orientale de la zone. Les limites sud et nord correspondent aux limites amont et aval de l’ensemble des pelouses sèches du vallon.