ZNIEFF 730030244
Vallon du Bartassec et coteaux attenants

(n° régional : Z1PZ0209)

Commentaires généraux

Située en bordure sud des Cévennes de Cahors (qui appartiennent aux downs ou causses des collines), la zone est très proche du Quercy blanc. Elle est constituée d’un vallon principal et de combes secondaires, creusés dans des marno-calcaires du jurassique supérieur. Le ruisseau temporaire qui la parcourt, le Bartassec, est un affluent du Lot. Le tiers amont du vallon présente un ensemble quasi continu de prairies naturelles alors que ses deux tiers aval sont essentiellement occupés par des cultures. Les coteaux qui bordent le vallon, au sud et au nord, sont majoritairement occupés par des chênaies pubescentes, mais comprennent également d’assez nombreux secteurs ouverts dominés par une végétation de pelouse sèche et autrefois dévolus au pacage extensif ou plantés de vignes. Des landes plus ou moins fermées y sont également présentes. D’importantes plantations de conifères, notamment de Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. austriaca), complètent le tableau paysager. Les prairies naturelles cantonnées à l’amont du vallon sont de deux types :

- des prairies de fauche atlantiques mésophiles (non humides) relevant de l’alliance phytosociologique du Brachypodio rupestris-Centaureion nemoralis ;

- et des prairies de fauche atlantiques inondables, mésohygrophiles à hygrophiles, de l’alliance du Bromion racemosi.

Les plantes remarquables liées à ces milieux prairiaux sont la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), liliacée en régression qui atteint ici la limite nord de son aire de répartition lotoise, et le Peucédan à feuilles de carvi (Peucedanum carvifolium), ombellifère très rare dans le Lot. La végétation de pelouse calcaire des versants est composée de formations moyennement sèches du Mesobromion du Quercy, et surtout de formations très sèches, essentiellement exposées au sud, qui se rapportent au Xerobromion du Quercy, notamment à l’association du Staehelino dubiae-Teucrietum chamaedryos. Ces pelouses hébergent nombre d’herbacées méridionales remarquables comme l’Hysope officinale (Hyssopus officinalis), l’Armoise blanche (Artemisia alba), le Laser de France (Laserpitium gallicum), ombellifère qui apprécie particulièrement les zones les plus caillouteuses, la Leuzée conifère (Leuzea conifera), l’Ophrys occidental (Ophrys arachnitiformis subsp. occidentalis), le Lin des collines (Linum austriacum subsp. collinum), aux magnifiques fleurs bleues, et le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus), petit narcisse qui atteint l’extrême limite nord de son aire de répartition sur les causses du Quercy, plus précisément sur la partie méridionale du causse de Gramat. Parmi la flore xérophile du site, sont encore à citer deux arbustes méditerranéens : le Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus), souvent fréquent en Quercy dans les landes et les chênaies pubescentes ouvertes des versants en exposition chaude, et surtout le Genêt scorpion (Genista scorpius), très ponctuel sur la zone et qui possède ici sa seule station lotoise connue.

Le site possède également un intérêt faunistique indéniable. Il accueille la nidification du Circaète Jean-le-Blanc, grand rapace migrateur et sensible au dérangement, qui se nourrit presque exclusivement de serpents et trouve dans les secteurs boisés du site la quiétude nécessaire à l’élevage annuel de son unique jeune. Les données entomologiques restent encore fragmentaires. 2 orthoptères méditerranéens remarquables liés aux milieux secs sont présents sur le site : le Criquet des garrigues (Omocestus raymondi raymondi), qui apprécie les adrets caillouteux, et la Magicienne dentelée (Saga pedo), qui est la plus grande sauterelle de France. Protégée au niveau national, cette sauterelle aptère (dépourvue d’ailes) et prédatrice ne possède que des populations parthénogénétiques en Europe, où l’on ne rencontre donc que des femelles. Dans le Quercy, elle se trouve en situation d’isolat géographique par rapport au reste de ses populations françaises, essentiellement cantonnée à la région méditerranéenne. Sa survie locale est directement dépendante du maintien de milieux secs ouverts ou semi-ouverts (pelouses sèches, landes ouvertes). Un autre insecte protégé a été recensé : l’Azuré du serpolet (Maculinea arion). Ce papillon diurne est largement répandu sur le Lot calcaire, où il fréquente les lisières, les bords de chemins et les pelouses en voie d’embroussaillement qui hébergent sa plante hôte (plante nourricière de la chenille), l’Origan.

Les coteaux qui dominent le vallon du Bartassec sont encore relativement préservés mais, hormis sur les versants les plus arides et les plus pentus, les pelouses subissent un net processus de fermeture qui va entraîner la raréfaction des espèces remarquables qui leur sont liées, parmi lesquelles une espèce aussi emblématique que la Magicienne dentelée. La partie amont du vallon, avec ses prairies naturelles, permet de limiter l’érosion des sols des vallées et freine aussi certainement le ruissellement des eaux de surface. Le reste du fond du vallon, dominé par les cultures, ne permet plus cette régulation, et les effets s’en font parfois durement ressentir plus en aval, dans la partie de Cahors traversée par le Bartassec.

Commentaires sur la délimitation

Le site comprend l’essentiel de la partie amont du vallon du Bartassec ainsi que la majorité des combes secondaires qui lui sont associées. Le fond du vallon mis à part, il englobe essentiellement des zones pentues, et n’inclut pas de zones de plateau habitées ou à dominante cultivée. En fond de vallon, la limite amont correspond à celle des prairies naturelles plus ou moins humides. Au niveau des versants, des sommets de pechs et des combes secondaires, la délimitation s’appuie essentiellement sur la répartition des pelouses sèches et sur celle des secteurs boisés correspondant à des sites de nidification avérés ou potentiels du Circaète Jean-le-Blanc.