ZNIEFF 730030250
Vallée du lac du Gouyre

(n° régional : Z1PZ0067)

Commentaires généraux

Le ruisseau du Gouyre est un affluent de l’Aveyron, et sa confluence marque pratiquement l’entrée de l’Aveyron en zone de plaine après sa traversée des causses du Quercy. Son vallon bornant l’extrémité nord-est de la région fortement boisée des coteaux de Monclar-de-Quercy entaille les molasses tertiaires de l’Albigeois et les terrasses de l’Aveyron. Si les abords immédiats de la ZNIEFF, sur les hauteurs, sont franchement voués à l’agriculture, au sein de la ZNIEFF, les versants boisés (feuillus caducifoliés) et la dominante prairie de fauche et prés pâturés parsemés de landes et friches caractérisent un paysage bien différencié.

La ZNIEFF, centrée avant tout sur l’intérêt d’un lac d’environ 50 ha, a intégré ces différents habitats qui augmentent considérablement sa richesse faunistique.

Sur le plan hydrologique, elle comprend en prolongement amont de ce lac, qui sert à l’irrigation et au soutien des étiages de l’Aveyron, un petit lac d’environ 14 ha à niveau constant, spécialement conçu par le conseil général pour favoriser dans le futur la nidification de l’avifaune aquatique. À cela s’ajoutent plus en amont un marécage et une zone humide envahie par des ligneux ; en aval, la ZNIEFF suit le ruisseau presque jusqu’à sa confluence. Plusieurs petits lacs collinaires, mares, sources et suintements jalonnent la ZNIEFF.

Le lac fait partie des deux plus importants lacs d’intérêt ornithologique de toute la moitié est du Tarn-et-Garonne. Depuis 1990, il a attiré plus de 30 espèces en cortège d’oiseaux déterminant zone humide, migrateurs, hivernants et nicheurs. Il a vu le premier cas de nidification du Héron cendré en Tarn-et-Garonne et Midi-Pyrénées, rapidement suivi de la constitution d’une héronnière (35 couples en 1999). La présence de la Rousserolle turdoïde, bien qu’en faibles effectifs, est encourageante pour cette espèce signalée en déclin en France. La variété des habitats attire aussi un cortège déterminant de 4 espèces d’oiseaux caractéristiques des agrosystèmes, dont la Pie-grièche écorcheur, inféodée aux milieux ouverts bocagers. À mentionner : le premier cas d’hivernage en France du Pipit de Richard (de surcroît trois années de suite) a été constaté sur ce site, modifiant son statut de migrateur strict.

6 espèces de batraciens en cortège déterminant, dont le Triton marbré déterminant en Tarn-et-Garonne pour sa faible fréquence, utilisent les étendues d’eau de la plus petite à la plus grande pour la reproduction ; la proximité de niches diversifiées, en dehors de la période de reproduction, leur permet d’assurer les autres fonctions vitales sur le site même. Le brassage des populations est favorisé par les cours d’eau connectés à de grands ensembles boisés ou peu touchés par la pression agricole. Il est probable que la Grenouille agile, ne faisant pas partie de ce cortège, vienne l’enrichir lors de prospections plus poussées. Des pontes ont été observées à peu de distance, et ce site lui conviendrait parfaitement.

Aucune libellule déterminante n’a été notée, mais des accouplements de Gomphe de Graslin (Gomphus graslinii) à moins de 500 m de la ZNIEFF impliquent une recherche ciblée de lieux de pontes d’autant plus que les exigences écologiques de son cycle larvaire sont encore imparfaitement connues ; cette espèce endémique du Sud-Ouest de la France et de quelques secteurs d’Espagne a une grande valeur patrimoniale.

Un champignon rare en France, le Clavaire pilon (Clavariadelphus pistillaris), est à signaler dans les bois de versant rive gauche, ainsi que la rare Flèche d’eau (Sagittaria sagittifolia) (protection régionale), au bord du petit lac qui jouxte celui de 14 ha.

Commentaires sur la délimitation

Les limites suivent les franges boisées de la ZNIEFF en intégrant volontairement un agrosystème varié composé de prairies de fauche, de prés pâturés, de landes, de coupes et de quelques cultures diverses. Au nord, elles intègrent une carrière colonisée par la végétation, et au sud-est un marécage prolongé par une zone humide dominée par une strate arborescente et arbustive. La richesse faunistique de ce lac est étroitement liée à cette variété d’habitats.