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ZNIEFF 730030270
Landes et corniches rocheuses de Vers

(n° régional : Z1PZ0352)

Commentaires généraux

Cette zone est située en rive droite du Lot, à sa confluence avec le Vers, au-dessus du village du même nom. Cette petite zone de corniches rocheuses possède un patrimoine naturel typique de ces pentes escarpées et souvent verticales. Les parois rocheuses sont occupées par une végétation chasmophytique du Potentillion caulescentis. Plusieurs plantes saxicoles remarquables y sont présentes : Corbeille d’argent à gros fruits (Hormathophylla macrocarpa), qui affectionne les parois ombragées, Silène saxifrage (Silene saxifraga) et Orpin reprise (Sedum telephium subsp. maximum). La Corbeille d’argent à gros fruits est endémique du Sud de la France et protégée au niveau national. Le Pavot à soies (Papaver setigerum), rarement signalé dans le Lot, a été observé sur ces parois rocheuses. Des Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus) et Chêne vert (Quercus ilex) ont également été observés sur les landes et boisements clairs attenants aux parois rocheuses. 2 espèces d’oiseaux rupestres nichent dans ces falaises : le Faucon pèlerin, superbe rapace ornithophage, et le Martinet à ventre blanc. Tous deux possèdent de belles populations dans les vallées lotoises de la Dordogne, du Lot, du Célé et du Vers, pour ne citer que les plus importantes.

Cette petite zone concentre sur quelques centaines de mètres un patrimoine naturel remarquable, lié aux parois rocheuses calcaires. Les éventuels futurs aménagements liés à la petite cité toute proche devront tenir compte de l’ensemble de ces éléments.

Commentaires sur la délimitation

Aux portes du village touristique de Saint-Cirq-Lapopie, la ZNIEFF comprend le cirque de Vènes visible d’un belvédère aménagé, mais aussi le pech Arnal et le pech de Bournac de Garrigou. Sa limite est est formée par les falaises qui sont à l’origine de certains enjeux floristiques mais aussi ornithologiques. Malgré une ambiance fermée et boisée, certains secteurs (centre et sud de la zone) présentent encore des zones ouvertes où prospèrent les pelouses sèches de types différents, qui complètent les enjeux botaniques et les habitats naturels. La présence de cavités naturelles hébergeant des chauves-souris apporte un intérêt supplémentaire.

En termes de flore et d’habitats, ce sont les conditions très thermophiles et rocailleuses qui concentrent le plus d’intérêts. Les falaises sont déterminantes et accueillent en plus une flore caractéristique comme la Sabline à grandes fleurs (Arenaria grandiflora) et la Corbeille d’argent à gros fruits (Hormathophylla macrocarpa), protégée en France, cantonnée au sud de la France (Midi). On note également une station de Pariétaire officinale (Parietaria officinalis). En transition vers les pelouses, on trouve des formations encore rocailleuses, qui abritent des espèces vivaces comme la Renoncule à feuilles de graminée (Ranunculus gramineus), la Minuartie à rostre (Minuartia rostrata subsp. rostrata), l’Hélianthème fausse bruyère (Fumana ericoides) ou encore le Laser de France (Laserpitium gallicum), grande ombellifère des zones rocheuses. Les pelouses sèches à flore annuelle sont représentées par des espèces comme la Sabline des chaumes (Arenaria controversa), espèce protégée au niveau national. Les espèces suivantes montrent des conditions locales particulières. La Globulaire vulgaire (Globularia vulgaris) et le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus) font ressortir des influences méditerranéennes, au même titre que la Crapaudine de Guillon (Sideritis guilloni) et la Véronique en épi (Veronica spicata), protégée dans le Tarn. Une espèce remarquable est à noter : le Silène des grèves (Silene vulgaris subsp. glareosa) est une sous-espèce très rare du Silène commun, connue çà et là dans la région en isolat, sur les éboulis calcaires. Le Silène des grèves est essentiellement localisé à l’extrême est de la France. Il est protégé dans le Tarn. Le reste de la zone présente un couvert forestier de Chêne pubescent très commun partout, ou de landes à Buis et à Genévrier. Il pourra être favorable à la grande faune (mammifères ou oiseaux en particulier).

Les données sur la faune sont peu nombreuses, mais présentent un potentiel et seraient à compléter. Les falaises décrites plus haut accueillent la nidification du Faucon pèlerin et du Pigeon colombin, tandis que les pelouses sèches sont l’habitat du Lézard ocellé et du Nacré de la filipendule (Brenthis hecate). Le relevé entomologique paraît cependant incomplet vu la diversité et la qualité des habitats présents. Le dernier intérêt remarquable de ce secteur est la présence de grottes. Une en particulier sert de refuge hivernal à une colonie de Rhinolophe euryale. Avec eux ont été observées plusieurs autres espèces, en effectifs trop faibles pour être déterminants, mais qui doivent être notés pour appréhender la diversité de la grotte. L’extension de la ZNIEFF vers l’ouest permet de considérer une zone tampon en protection du gîte hypogé, et de prendre en compte une partie des terrains de chasse de la colonie, qu’elle peut utiliser avant ou après l’hibernation. En effet, les zones forestières proches et l’accès à la rivière Lot sont susceptibles de fournir les premiers insectes proies nécessaires aux chauves-souris.