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ZNIEFF 730030397
Coteaux de la Lauze et de l'Arrats

(n° régional : Z2PZ2003)

Commentaires généraux

La ZNIEFF est composée, d’une part par les coteaux accidentés en rive droite et le fond des vallées de la Lauze et de l’Arrats, d’autre part par le lac de l’Astarac et ses boisements annexes ainsi qu’une zone bocagère entre Lauze et Arrats sur les communes de Tachoires, Lamaguère et Simorre.

Au niveau climatique, le site est situé en zone dite atlantique. Le climat océanique montre des influences subméditerranéennes et piémontaises.

Au niveau géologique, la petite région de l’Astarac se présente comme un « millefeuille » de dalles calcaires entrecoupées de couches marneuses (alluvions anciennes), découpé en coteaux par les rivières principales s’écoulant du sud au nord, comme la Lauze et l’Arrats, ces coteaux étant eux-mêmes redécoupés transversalement par les talwegs tracés par les cours d’eau affluents de ces rivières.

Ces coteaux possèdent un profil dissymétrique très typique issu de la période périglaciaire entraînant une répartition caractéristique.

La rive droite accidentée présente une imbrication de prairies, de bois et de landes, les milieux variant selon que l’on est sur une partie marneuse, calcaire ou alluvionnaire, et en fonction de l’exposition. Les cultures se situent le long des talwegs et au pied des versants.

Les terres inondables de fond de vallée, très enrichies par les alluvions, sont vouées pour la plupart à la maïsiculture. Quelques rares prairies naturelles subsistent, pour la plupart pâturées, offrant alors un très intéressant cortège floristique et faunistique.

La rive gauche, au relief beaucoup plus doux, est principalement dédiée aux grandes cultures. Des cours d’eau secondaires peuvent redécouper des vallons plus abrupts où l’on retrouve des landes et des prairies.

Les landes et leurs différents faciès d’évolution occupent une place importante le long des coteaux accidentés des vallées de la Lauze et de l’Arrats. On observe notamment toute une palette de faciès d’embroussaillement, de la pelouse très ouverte à la chênaie, ainsi que des faciès régressifs (chênaies très ouvertes ou pelouses décapées, avec la présence de tonsures à annuelles). Anciennement labourées dans la première partie du XXe siècle, elles ont une origine anthropique récente.

Elles présentent une forte richesse en orchidées (34 espèces) : des espèces très méditerranéennes (Ophrys jaune [Ophrys lutea], Ophrys bourdon [Ophrys arachnitiformis], Orchis odorant [Orchis coriophora subsp. fragrans] protégé nationalement...) à des espèces de sous-bois (céphalanthères, platanthères, Ophrys mouche [Ophrys insectifera], Listère ovale [Listera ovata]...), en passant par des espèces appréciant l’humidité hivernale des marnes (Sérapias langue [Serapias lingua], Sérapias à long labelle [Serapias vomeracea], Orchis grenouille [Coeloglossum viride], déterminant...).Certaines espèces peuvent également être observées sur les prairies de fauche.

L’influence méditerranéenne se retrouve également à travers la présence de la Lavande à large feuilles (Lavandula latifolia), déterminante, ou de l’Immortelle pour la flore (Helichrysum stoechas), mais aussi du Seps strié (reptile déterminant, ici en limite d’aire de répartition).

À noter la présence du Genêt très épineux (Echinospartum horridum, protégé nationalement), une des rares stations de la région.

Les milieux cultivés présentent un intérêt vis-à-vis des espèces messicoles comme la Nigelle de France (Nigella gallica) protégée nationalement, ou l’Adonis annuel (Adonis annua).

Le complexe formé par les prairies, les éléments boisés (bois, haies, arbres isolés) et les mares permet d’accueillir un cortège d’espèces variées : des chauves-souris comme le Petit et le Grand Rhinolophe, différents reptiles et amphibiens (dont une population importante de Triton marbré). Les oiseaux sont également bien représentés avec des espèces emblématiques comme l’Aigle botté.

Le plan d’eau de l’Astarac, destiné à réalimenter la rivière pour soutenir l’irrigation dans la vallée, aux bras d’extrémités marécageuses, présente des habitats de végétation amphibie et des saussaies-aulnaies marécageuses, peu courants dans cette petite région de l’Astarac.

Il attire de nombreux oiseaux, de sorte que le site a un intérêt ornithologique de niveau régional : zone de reproduction d’oiseaux rares dans la région, et importante halte de migration pour les anatidés, anséridés, limicoles. Il fournit aussi un habitat de choix pour tout un cortège d’amphibiens.

Le massif boisé qui le surplombe, belle chênaie-charmaie avec des faciès à hêtres, est un peuplement important dans cette région peu boisée. Il abrite lui-même de nombreux rapaces nicheurs (Milan royal, déterminant, Milan noir, Faucon hobereau), et constitue une zone de repos pour les hérons arboricoles qui se nourrissent sur le plan d’eau.

Il abrite en outre des cortèges intéressants de coléoptères saproxylophages, et des nichées de chauves-souris forestières d’intérêt communautaire.

Les parcelles boisées s’ouvrent ici et là sur des pelouses sèches, landes à genêts, prairies maigres de fauche, qui montrent une tendance nette à la fermeture.

Les évolutions passées et en cours de l’agriculture, principale activité sur la ZNIEFF, peuvent toucher l’ensemble des habitats et des espèces : abandon des parcelles les moins accessibles (landes et prairies), mise en culture ou intensification des prairies sèches, mises en culture ou plantations de peupliers sur les prairies humides.

Ceci se traduit également par une baisse de la qualité de l’eau et une augmentation de l’érosion sur certaines parcelles.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFF est composée, d’une part par les coteaux accidentés en rive droite et le fond des vallées de la Lauze et de l’Arrats. Ces coteaux sont riches en pelouses et landes d’intérêt, hébergeant entre autres espèces floristiques remarquables de nombreuses orchidées déterminantes voire protégées, des amphibiens et reptiles patrimoniaux, et des sites de nidification d’Aigle botté. Les prairies humides situées sur les rives de la Lauze et de l’Arrats sont également comprises dans la zone pour leur intérêt propre.

D’autre part, elle inclut le lac de l’Astarac et ses boisements riverains (accueillant notamment de très nombreuses espèces d’oiseaux) ainsi qu’une zone bocagère entre Lauze et Arrats sur les communes de Tachoires, Lamaguère, Simorre et Faget-Abbatia (présentant un complexe d’habitats secs et humides d’intérêt et hébergeant des espèces typiques de ces milieux).

Ainsi elle englobe les ZNIEFF de type 1 : « Coteaux de l’Arrats », « Coteaux de la Lauze », « Unité bocagère entre la Lauze et l’Arrats » et « Plan d’eau de l’Astarac et coteaux de l’Arrats ».

De même, cette ZNIEFF comprend une partie du site Natura 2000 FR73000897 : « Vallée et coteaux de la Lauze ».