Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 730030455
Bosquets de Las Garros à La Pradasse et aérodrome de Pamiers-les-Pujols

(n° régional : Z2PZ0408)

Commentaires généraux

La ZNIEFF concernée se situe dans la vaste plaine d’Ariège, au sud-est de Pamiers. Le contexte est dominé par un paysage d’agriculture intensive.

En ce qui concerne la partie est de la zone, l’occupation du sol est dominée par l’activité agricole avec des parcelles de taille moyenne à grande, parfois limitées par des haies. Certaines parcelles jouxtent des zones de petits bosquets et des linéaires de ligneux de moyen à haut jet formant des entités boisées bien distinctes dans cet espace plat.

Ces secteurs sont utilisés durant l’hiver pour le regroupement des populations de milans royaux qui constituent, à cette saison, des dortoirs hivernaux. Les populations du Nord de la France et de l’Europe s’arrêtent en partie en Midi-Pyrénées, venant s’ajouter aux populations locales majoritairement sédentaires. Le Milan royal, à l’inverse du Milan noir, est donc présent toute l’année dans notre région. La majorité des effectifs nicheurs se rencontrent sur le piémont pyrénéen où l’espèce niche en zone forestière. Les dortoirs hivernaux se constituent sur des zones de moindre altitude, pour l’essentiel en plaine ou en début de piémont, ces zones offrant aux oiseaux une accessibilité accrue à des ressources de nourriture (proies diverses dans les zones agricoles, bords de cours d’eau, décharges à ciel ouvert, etc.). L’interdiction des destructions volontaires et la protection totale de l’espèce ont permis au Milan royal de stabiliser ses populations qui demeurent toutefois fragiles. L’altération de son milieu de vie (bois et forêt) mais également les cas réguliers d’empoisonnements, de percussions avec des lignes électriques et les dérangements divers sont autant de facteurs qui nuisent à l’espèce. Le Milan royal est strictement circonscrit au paléarctique occidental où cinq pays se partagent près de 90 % de ses effectifs (dont 16 % pour la France). La région Midi-Pyrénées possède donc une double responsabilité pour cette espèce en tant que territoire de reproduction et d’hivernage. Les sites d’hivernage, accueillant donc de nombreux individus venus d’autres territoires de France voire d’Europe, revêtent par conséquent une importance internationale.

On notera aussi qu’une colonie de Héron cendré est implantée sur la ZNIEFF. L’espèce, bien que bénéficiant d’une protection totale et d’une dynamique de population très forte à l’échelle nationale, reste toutefois sensible aux dérangements et atteintes diverses du milieu. Les colonies de plusieurs nicheurs sont des réservoirs notables de population, et restent assez localisées. Leur connaissance permet une prise en compte capitale pour la préservation de cette espèce. On soulignera aussi que les colonies de hérons peuvent présenter un attrait notoire pour certains autres ardéidés nicheurs beaucoup plus rares dans notre région, augmentant de fait l’importance de préserver de ces colonies.

L’autre partie de la znieff se situe sur un site dédié à l´aviation de loisir et plus particulièrement la pratique du parachutisme.

Une grande partie est occupée par des prairies de fauche et et des parcelles agricoles. Elle constitue une zone intéressante pour l´avifaune patrimoniale associée aux agrosystèmes et représente, pour ces espèces, un site de nidification privilégié à l´échelle du département. On y rencontre, constituant un cortège déterminant, la Huppe fasciée (Uppupa epops), la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur), le Cochevis huppé (Galerida cristata), le Courlis cendré (Numenius arquata) et l´Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus). Ces espèces sont nicheuses certaines sur le site sauf le Cochevis huppé, nicheur probable. Il s’agit du seul site de nidification régulier du Courlis cendré en Ariège. Cette espèce est de façon générale rare en Midi-Pyrénées.

Par ailleurs, certaines des prairies de fauche incluses dans la ZNIEFF sont des prairies diversifiées intéressantes d´un point de vue botanique. Elles appartiennent à l´alliance phytosociologique des Brachypodio-Centaureion nemoralis et relèvent des groupes des prairies maigres de fauche de basse altitude visée par la directive européenne « Habitats, faune, flore ».

D´un point de vue floristique, peu de données sont disponibles, néanmoins, le Silène de France (Silene gallica), espèce messicole, est mentionné dans les parcelles cultivées (céréales) du site.

Commentaires sur la délimitation

La zone, disjointe, correspond aux habitats utilisés par plusieurs espèces d’oiseaux patrimoniaux présentes. Les limites de la partie ouest englobent les secteurs utilisés comme dortoirs hivernaux par les milans royaux. L’ensemble des entités prises en compte a une importance pour les oiseaux qui se regroupent en pré-dortoirs sur certains secteurs avant de former un dortoir général sur un autre. De plus, en fonction de divers facteurs parfois difficiles à appréhender, les oiseaux utilisent des zones différentes d’un jour à l’autre, ou se répartissent sur plusieurs sites. Les limites englobent l’ensemble de ces sites utilisés plus ou moins régulièrement par les milans, ainsi qu’un secteur de nidification du Héron cendré.

La partie est correspond à l’aérodrome (bâtiments exclus) et aux parcelles agricoles adjacentes. Ces milieux sont

utilisés par le cortège d´espèces d´oiseaux typique des agrosystèmes, notamment pour la nidification. L´ensemble constitue une unité écologique homogène liée aux besoins et à l´utilisation de l´espace de l´avifaune des agrosystèmes. Ces limites s’appuient majoritairement sur le réseau routier et sur des limites des parcelles agricoles.