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ZNIEFF 730030495
Bois et ruisseau du Grand Port de Mer

(n° régional : Z2PZ0282)

Commentaires généraux

Située en périphérie immédiate de l’agglomération toulousaine, cette ZNIEFF se trouve dans un contexte mixte de cultures, friches, bosquets et lotissements récents. Les 5 espèces d’amphibiens présentes sont révélatrices de conditions écologiques variées, certaines étant notablement forestières (Salamandre tachetée) et d’autres liées au contraire à des milieux ouverts ou très ouverts (Crapaud calamite). Ce fait est à mettre en relation avec la variété d’habitats présents dans ce secteur. La présence de la Salamandre tachetée mérite d’être soulignée, cet urodèle adapté aux conditions fraîches et humides des boisements âgés (typiquement, chênaies telles que Bouconne) étant plutôt localisé en plaine toulousaine périurbaine. On peut raisonnablement l’y considérer comme menacée, étant donné la tendance à la raréfaction qu’accuse cet habitat. Le cas de la Grenouille agile est assez similaire. Bien que moins typiquement forestière, cette espèce nécessite des contextes plutôt fermés présentant des formations arborées (bocage avec haies anciennes épaisses, densité plutôt élevée de bosquets, ripisylves...). Cette grenouille ne peut pas être qualifiée d’abondante en plaine toulousaine, et elle y apparaît également localisée. L’Alyte (ou Crapaud accoucheur) est plus ubiquiste que les deux espèces précédentes, et bien plus largement distribué en altitude qu’elles (il atteint 2 500 m dans les Pyrénées). Il est cependant peu commun autour de Toulouse, où les populations apparaissent éparses et peu importantes comparées à celles des Pyrénées et du Massif central (et leurs piémonts ; on peut difficilement invoquer un biais de sous-prospection dans la mesure où le chant de cette espèce, qui s’entend durant une majorité de l’année, est à la fois très audible et très facilement identifiable). Le Crapaud calamite et la Rainette méridionale sont des espèces apparemment plus adaptables, et assez largement distribuées en plaine toulousaine.

En conclusion, la zone du ruisseau du Grand Port de Mer permet la reproduction de 5 espèces d’amphibiens (vraisemblablement 6 ou plus : il serait étonnant que le complexe des grenouilles « vertes » Pelophylax sp. soit absent de la zone, et le Pélodyte ponctué a pu passer inaperçu du fait de sa faible taille et de ses mœurs discrètes ; cette dernière espèce est assez commune en plaine toulousaine, de même que le Triton palmé) dont 3 au moins retiennent l’attention. Compte tenu de l’actuel contexte de déclin planétaire des amphibiens (attesté par une abondante littérature scientifique), l’intérêt de cette zone apparaît assez évident. En contexte périurbain, elle constitue un îlot de biodiversité qui mérite assurément d’être porté à la connaissance de tous.

Commentaires sur la délimitation

Cette ZNIEFF est élaborée sur la base de données purement faunistiques. S’agissant d’amphibiens et compte tenu de leur cycle vital hybride (aquatique/terrestre), toutes les zones humides de la zone doivent être considérées comme des milieux indispensables, eaux courantes et dormantes, dans la mesure où deux au moins des espèces signalées se reproduisent indifféremment en eau courante ou stagnante (Salamandre tachetée et Alyte). Toutes ces espèces étant strictement terrestres en dehors de la période de reproduction, les habitats à structure physique complexe (abris hors gel, gîtes d’estivation humides, ressource en proies) tels que bois, taillis, broussailles, etc., sont d’une importance égale à celle des habitats aquatiques. Les contours suivent la limite entre les habitats naturels et les zones plus anthropisées voire urbanisées (champs et lotissements) intégrant ainsi le ruisseau et les milieux boisés juxtaposés.