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ZNIEFF 820000382
CHAINON DU MONT TOURNIER

(n° régional : 7301)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Ce chaînon (dont le tunnel de Dullin permet le franchissement par l’autoroute A 43) a l’aspect d’une lourde échine qui surplombe à l’ouest le cours du Rhône, depuis la cluse de La Balme jusqu'aux abords de Saint-Genix-sur-Guiers. Géologiquement rattaché au massif jurassien, il n’atteint pas 900 m d’altitude.

Au nord, il se raccorde aux reliefs du Bas-Bugey par-delà le défilé de Pierre Châtel (ou « Cluse de la Balme »), qui ouvre passage au Rhône. Au sud de La Bridoire, une nette inflexion marque le raccord des plis jurassiens et subalpins, au contact du massif de la Chartreuse.

Très boisé, l’ensemble présente néanmoins des habitats rocheux (dalles) typiques.

Son intérêt faunistique est élevé ; il est entre autres très favorable à l’avifaune rupicole (Grand-Duc d’Europe, Faucon pèlerin, Martinet à ventre blanc…) ainsi qu'aux chauve-souris du fait de la présence d’abrupts, armés par les calcaires récifaux du Kimméridgien, très bien exposé en versant ouest).

Du point de vue botanique, on observe le développement à exposition favorable de « colonies méridionales », avant-postes d’espèces méditerranéennes (Laîche à bec court, Pistachier térébinthe, Stipe plumeuse…) et refuge d’autres espèces remarquables adaptées aux milieux rocheux (Aconit anthora, Primevère oreille d’ours).

L’ensemble remplit en outre une évidente fonction de corridor écologique, formant l’une des principales liaisons naturelles entre les massifs subalpins et l’arc jurassien.

Le secteur abrite enfin un karst de type jurassien.

Ce type de karst se développe sur un substrat tabulaire ou plissé ; il est caractérisé par l’abondance des dolines, l’existence de vastes « poljé » dans les synclinaux, la formation de cluses, et le développement de vastes réseaux spéléologiques subhorizontaux.

Le zonage de type II souligne les multiples interactions existant au sein de cet ensemble, dont les espaces les plus représentatifs en terme d’habitats ou d’espèces remarquables sont retranscrits à travers plusieurs zones de type I (falaises, grottes, gorges…) au fonctionnement fortement interdépendant.

Il traduit également particulièrement les fonctionnalités naturelles liées à la préservation des populations animales ou végétales, en tant que corridor écologique, zone d’alimentation ou de reproduction pour de nombreuses espèces, dont celles précédemment citées.

Il souligne également le bon état de conservation général de certains bassins versants, en rapport avec le maintien de populations d’Ecrevisse à pattes blanches, espèce réputée pour sa sensibilité particulière vis à vis de la qualité du milieu. Cette écrevisse indigène est devenue rare dans la région, tout spécialement à l’est de la vallée du Rhône.

En ce qui concerne le milieu karstique, la sur-fréquentation des grottes, le vandalisme des concrétions peuvent de plus rendre le milieu inapte à la vie des espèces souterraines.

Les aquifères souterrains sont sensibles aux pollutions accidentelles ou découlant de l'industrialisation, de l'urbanisation et de l'agriculture intensive.

L’ensemble présente par ailleurs un grand intérêt paysager, géomorphologique et biogéographique (développement important des « colonies méridionales »).