ZNIEFF 820030038
Vallons des Chambarans

(n° régional : 26040015)

Commentaires généraux

L’originalité du pays de Chambaran, au sein du Bas-Dauphiné réside dans son substrat géologique, qui n’a pas d’équivalent dans les régions alpines françaises : la glaise à quartzite. Celle-ci donne des sols très pauvres, plus ou moins acides, recouverts à l’état naturel par une chênaie mixte à Molinie bleue, parcourue par des vallons frais tourbeux à sphaignes. Cette particularité géologique liée à la position biogéographique du Chambaran, en limite d’influence atlantique, explique la présence de nombreuses plantes rares, en limite orientale de leur aire de répartition géographique. Les espèces atlantiques trouvent refuge ici dans les prairies et landes humides issues du défrichement de la forêt et dans les vallons frais, tout comme certaines espèces montagnardes trouvent ici refuge à basse altitude. Les cours d’eau concernés par la présente zone : Galaure, Aigue Noire, Gerbert, Combe et Grignon, constituent un entrelacs de milieux naturels remarquables, coupant le plateau de Chambaran en d’étroites vallées encore bien préservées. Une qualité d’eau bien surveillée a ainsi permis le maintien d'une population d’Ecrevisse à pattes blanches. Ce crustacé est un excellent indicateur de la qualité de l'eau et des habitats aquatiques. En France, sa régression, en partie due aux perturbations humaines, en fait une espèce très menacée. Sa congénère américaine, concurrente pour l'occupation de l'espace, peut également lui être néfaste en provoquant des déséquilibres biologiques. Son introduction sur notre territoire a contribué à la propagation de la peste des écrevisses, qui représente un risque sanitaire important pour les écrevisses autochtones. Un amphibien fréquente les zones humides des Chambarans. Très svelte et élancée, la Grenouille agile a les pattes postérieures longues : lorsqu’on les ramène vers l’avant, le talon dépasse le museau. Grâce à cela, elle fait des bonds d’un mètre ou plus, d’où son nom. Attention ! Lorsqu’on l’attrape, elle émet un jet d’urine, d’où son surnom de "grenouille pisseuse" !La flore locale est aussi d’une grande richesse : les ruisseaux, prairies humides, tourbières et plans d’eau du site sont le milieu de vie de plusieurs espèces reconnues d’intérêt régional, voire national. Les bords tourbeux des plans d’eau sont parsemés par une petite plante carnivore aux feuilles mâchoires piquetées de poils rouge sang et gluants : c’est la Rossolis à feuilles rondes. Les tourbières sont aussi l’habitat du Lycopode inondé qui s’installe sur les sols décapés des dépressions tourbeuses ou dans les bas-marais en bordure du bombement. Il fait partie des plus anciens végétaux de notre flore (quelques millions d’années de présence). On remarque aussi la présence de l'Osmonde royale, ici en limite orientale de son aire de répartition géographique. C’est une fougère très ancienne, inféodée aux zones humides, qui peut vivre plusieurs centaines d’années ; elle compte parmi les plus grandes et les belles de notre flore et a subi une forte régression due aux atteintes portées aux zones humides. Son nom, usité dès les Moyen Age, proviendrait du saxon "osmunder" (un autre nom de Thor, dieu scandinave de la guerre) ; quelques autres origines possibles ont été proposées, en particulier à partir du latin "os" (bouche) et "mundare" (purifier), faisant allusion à des propriétés médicales. Parmi les oiseaux, citons la présence du Héron cendré, du Busard Saint-Martin ou de l’Autour des Palombes. Quant à l'Engoulevent d’Europe, il se rencontre préférentiellement dans les landes bien exposées. Cet oiseau, invisible pendant la journée, peut être entendu, au crépuscule. Il est présent, en France, d’avril à septembre, et hiverne au sud du Sahara. Plus fréquent dans le sud de l’hexagone, il se reproduit sporadiquement sur l’ensemble du territoire. Il pond ses œufs à même le sol sur un tapis de feuilles mortes.

Commentaires sur la délimitation
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