ZNIEFF 820030428
Montagnes du Pied-du-Mulet, de Nauturière et de Palle

(n° régional : 26190018)

Commentaires généraux
Aucune information disponible
Commentaires sur la délimitation

Aux confins sud du département, entre les villages de Lachau et de Montfroc, il s'agit d'un ensemble de montagne d'orientation générale est-ouest, dominant le bassin de la Méouge au nord, et toute proche de la montagne de Lure au sud. A son extrémité est, la montagne de Pied-du-Mulet ("Pé-de-Muou"), culmine à 1444 m d'altitude. Intéressant trois départements (Drôme, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence) et deux régions administratives (Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur), cet ensemble a été prospectée dès la fin du siècle dernier par le botaniste drômois Constant Chatenier, qui y découvrit des espèces remarquables revisitées récemment. A l'ouest de la montagne du Pied-du-Mulet, la montagne de Chanteduc dessine une courbe vers le nord. Elle se prolonge par la montagne du Riable, qui revient sur le Pied-du-Mulet, et referme ainsi toute la zone du Plan du Château en un cercle complet de montagnes sèches. Si l'on se dirige vers l'ouest, la montagne de Nauturière s'appuie sur celle de Chanteduc. La montagne de Palle la prolonge vers l'ouest, et ses barres rocheuses tournées vers le sud-est dessinent l'extrémité est du synclinal de Séderon. Cet ensemble de montagnes provençales offre un intérêt particulier lié à sa situation géographique, sa morphologie, et aux différents milieux présents : forêts de Hêtre protégées des ardeurs estivales en versant nord, pelouses sèches et rocheuses en crêtes, barres rocheuses et petits éboulis pentus, et grandes étendues de landes et de pelouses piquetées d'arbustes… parcourues par des troupeaux de moutons et de nombreux insectes, dont les beaux papillons Apollons. D'un point de vue botanique, plusieurs espèces rares font l'originalité de ces montagnes. Ainsi, l'Ancolie de Bertoloni est une espèce endémique (c'est à dire dont l'aire de répartition est limitée à une zone géographique restreinte) propre aux montagnes de Haute-Provence. Elle parvient en limite de son aire de répartition dans le sud du département de la Drôme, avec les seules localités connues en région Rhône-Alpes. La protection de cette belle fleur bleue est considérée comme un enjeu européen en matière de conservation des espèces. L'Androsace de Chaix, endémique des forêts de Hêtre du sud-ouest des Alpes, montre ses discrètes fleurs rosées dans le sous-bois de Hêtres au début du printemps. Le Cotonéaster du Dauphiné est un arbuste de deux à trois mètres de haut poussant au pied des barres rocheuses. Redécouvert il y a quelques années seulement, c'est une espèce des montagnes ouest-méditerranéennes dont la répartition demeure mal connue ; sa répartition française se limite aux montagnes des Baronnies, du Gapençais, et plus rarement du Diois. Trois espèces de gagées fleurissent sur ces montagnes au printemps : la Gagée des champs dans les cultures en bas de vallon, la Gagée des prés et la Gagée jaune sur les pelouses et crêtes rocheuses. Ces petites fleurs jaunes, aux pétales en forme de petites étoiles, sont toutes protégées en France. La pivoine sauvage est l'un des joyaux de ces montagnes, et colonise les versants. Cette grande fleur rouge, protégée et à respecter, se rencontre sur les pentes des montagnes sèches des Alpes du Sud. Enfin, deux nouvelles espèces, découvertes très récemment en France, ont été identifiées ici ces toutes dernières années : le Brome de Hongrie et le Cotonéaster de l'Atlas. Ce dernier n'est connu actuellement que de quelques stations françaises, dont trois dans le département de la Drôme. Le Brome de Hongrie n'est connu dans la Drôme que de quelques sommets limitrophes des Hautes-Alpes. De nombreuses espèces d'oiseaux fréquentent ces montagnes provençales, mais la chaleur du jour les tient en général camouflés dans les buissons. Au printemps, des chants variés témoignent de leur présence. Les landes et les espaces ouverts favorisent des espèces comme l'Alouette lulu, le Bruant fou ou le Bruant ortolan. Le chant de l'Engoulevent d’Europe se fait entendre au crépuscule. L'Alouette des champs s'installe dans les milieux herbacés de grande surface, sur les pelouses des sommets. Le Pipit rousseline fréquente les pelouses sèches, et chasse à terre les insectes. Le Merle de roche, au superbe plumage coloré, se tient sur les pentes rocheuses, et surveille les alentours du haut d'un rocher. Très farouche, ce petit merle est difficile à découvrir. L'Aigle royal est régulièrement observé en chasse sur les pelouses et landes couvrant ces montagnes, et niche dans une falaise discrète.