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ZNIEFF 820030778
Marais du barrage d'Intriat, marais du Contour

(n° régional : 01000018)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Le Revermont correspond aux premiers contreforts jurassiens, bordé à l'ouest par la Bresse et à l'est par les gorges de l'Ain. La roche calcaire affleure sur une vaste partie de ce paysage accidenté qui culmine à quelques 768 m d'altitude. Ce relief typiquement karstique, dessiné par l'action de l'eau sur la roche, est une vaste mosaïque de dolines, gouffres, lapiaz et autres reculées, où l'eau semble manquer. Si l'eau coule bien en surface là où la roche calcaire est recouverte par d'anciens alluvions, les pertes sont très importantes et souvent l'écoulement n'est que souterrain. Vallées sèches et résurgences sont une autre composante importante du paysage du Revermont. On se situe ici en limite est du Revermont, sur l'autre rive de l'Ain, déjà presque dans le Haut-Bugey. L'Oignin prend sa source au sud, dans le massif du Bugey, avant de mêler ses eaux à celles de la rivière d'Ain. Le bassin versant de l'Oignin est riche en marais et la partie amont bien conservée. L'influence de l'homme dans la vallée d'Izernore est assez marquée par les zones industrielles, cultures et sablières. La rivière conserve malgré tout une assez bonne physionomie et plusieurs milieux annexes sont particulièrement intéressants. Lors de l'inventaire de première génération, la vallée de l'Oignin était principalement retenue de Matafelon à Izernore pour ses colonies d'hirondelles de rivages. L'insuffisance des prospections naturalistes n'a pu permettre de confirmer ces observations n'ont pas été confirmées. Le secteur retenu correspond à un ensemble de marais et prairies alluviales, par contre bien connus. Une magnifique tourbière s'étend en amont immédiat du barrage des Trablettes. La mosaïque d'habitats naturels qui la compose la rend particulièrement attractive. Ce marais est en effet composé de deux zones humides aux fonctionnements hydrologiques distincts. A l'est l'alimentation permanente en eau par des sources jaillissant du versant a permis le développement de "bas-marais" (marais tout ou partie alimentés par la nappe phréatique) alcalins et de prairies à Molinie bleue. Du côté ouest, sur la rive de l'Oignin, les apports d'eau sont dus uniquement à la rivière et au barrage d'Intriat. Une vaste roselière inondée sert de lieu de nidification aux oiseaux des marais. Une partie du marais se ferme peu à peu par la dynamique de la roselière et de la saulaie. Au nord, le petit barrage est partie intégrante du paysage. Une belle population de grèbes castagneux s'y reproduit. Plus au sud, la tourbière de Contour offre les mêmes habitats. Elle est bordée de bois, pelouses et prairies, mais est presque entièrement pâturée. Piétinement et enrichissement en matières organiques sont importantsL'ensemble de ces zones marécageuses présente une flore typique particulièrement riche : l'Epipactis des marais, la Scorsonère humble.... La présence de trois espèces de papillons protégées en France est très intéressante. Le Damier de la Succise dépose ses œufs sous les feuilles de la Succise des près. Les chenilles ne se développent pas sur d'autres plantes. Les prairies humides, en bordure de la tourbière, offrent un milieu idéal pour cette espèce. Encore plus exigeant, l'Azuré des paluds nécessite la présence d'une plante-hôte, la Grande pimprenelle ou Sanguisorbe officinale, pour les premiers jours de la vie de sa chenille. Il a également besoin simultanément d'une fourmi qui héberge la chenille durant l'hiver. Ce secteur, encore bien conservé, est particulièrement intéressant mais sensible du fait des activités environnantes. Le reste de la vallée mériterait par ailleurs des efforts de prospection complémentaires.