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ZNIEFF 820031674
CHAINE DES ARAVIS

(n° régional : 7422)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Parmi les massifs subalpins, l’ensemble Bornes - Aravis fait suite à celui des Bauges vers le nord, au-delà de la trouée d'Annecy - Faverges – Ugine dans laquelle est logé le lac d'Annecy. Il se raccorde d’ailleurs assez bien aux Bauges du point de vue structural, et possède une série stratigraphique très comparable.

Géologiquement, les deux entités se distinguent pourtant par le fait que l'érosion a été dans l'ensemble moins accentuée ici. Ceci explique la persistance de lambeaux de roches « allochtones » (témoins de charriages lointains lors des phases de la surrection alpine), au sommet de l’empilement des strates de roches « autochtones ».

A l’est de cet ensemble, la chaîne des Aravis proprement dite (que la trouée du col des Aravis partage en deux tronçons) domine la dépression de Megève et la vallée de l'Arly (celles-ci constituant le prolongement septentrional, atténué, du sillon alpin).

Au nord, la chaîne du reposoir prolonge le massif jusqu’en aplomb de la vallée de l’Arve. Au sud, les Aravis dialoguent avec les Bauges au-delà du seuil de Faverges.

La zone délimitée englobe le Mont Lachat, qui assure la continuité avec le massif du Bargy au-delà du Col de la Colombière.

La chaîne des Aravis apparaît comme une grandiose muraille de calcaire (elle culmine à 2752 m à la Pointe Percée), véritable cathédrale minérale rythmée par une succession très régulière de cirques glaciaires (particulièrement marquée sur le versant de la vallée du Borne).

Répartis dans les zones de végétation subalpine et alpine, les milieux naturels sont riches et variés et ceci d'autant plus que la végétation, calcicole dans son ensemble du fait de la nature dominante du substrat, présente cependant des enclaves silicicole et acidophile.

Les milieux forestiers ne sont cependant pas très développés, mais les Aravis sont par contre particulièrement représentatifs en ce qui concerne les landes à rhododendron, les pelouses alpines, les grandes zones rocheuses et les éboulis.

La flore est remarquable, que ce soit celle des prairies de fauche et formations à hautes herbes ou « mégaphorbiaies » (Aconit paniculé, Stemmacanthe rhapontique…), des forêts (Asaret d’Europe, Racine de corail, Cyclamen d’Europe, Sabot de vénus, Lycopode en massue, Listère à feuilles cordées, Epipogon sans feuille…), des secteurs secs ou rocheux (Epervière tomenteuse, Aster amelle, Gentiane croisette, Orchis odorant, Limodore à feuilles avortées, Primevère oreille d’ours, Saussurée déprimée…), ou des zones d’altitude (Androsace de Suisse, Androsace pubescente…).

L’avifaune de montagne est bien représentée (galliformes notamment, mais aussi oiseaux rupicoles : Chocard à bec jaune, Crave à bec rouge, Hirondelle de rochers, Merle de roche, Tichodrome échelette…). Parmi les espèces les plus spectaculaires, on compte de nouveau le Gypaète Barbu, enfin de retour à la suite de l'extinction de l'espèce dans les Alpes au début du siècle dernier.

Cette diversité concerne aussi les mammifères (Chamois, Lièvre variable), de même que les insectes (papillons Azurés de la croisette,, de la sanguisorbe et des paluds, libellules…).

Le secteur abrite enfin un karst alpin d’altitude. Ce type de karst se développe dans les calcaires ou les dolomies de l’urgonien ou du sénonien. Les précipitations sont élevées et les phénomènes de dissolution importants, contribuant à la formation de réseaux spéléologique profonds (plus de 1000 m). L’empreinte glaciaire peut être également très déterminante.

Le zonage de type II souligne les multiples interactions existant au sein de cet ensemble, dont les espaces les plus représentatifs en terme d’habitats ou d’espèces remarquables (écosystèmes montagnards, pelouses sèches, lacs…) sont retranscrits à travers plusieurs vastes zones de type I.

Il englobe les zones abiotiques naturelles, permanentes ou transitoires de haute montagne, ou les éboulis instables correspondant à des milieux faiblement artificialisés.

Le zonage de type II souligne particulièrement les fonctionnalités naturelles liées à la préservation des populations animales ou végétales :

- en tant que zone d’alimentation ou de reproduction pour de multiples espèces, dont celles précédemment citées ainsi que d’autres exigeant un large domaine vital (Bouquetin des Alpes, Aigle royal, Gypaète barbu…) ;

- à travers les connections existant avec les autres ensembles naturels voisins de l’ensemble Bornes – Aravis, du Faucigny et du Beaufortain ;

- il met enfin en exergue la sensibilité particulière de la faune souterraine, tributaire des réseaux karstiques et très dépendante de la qualité des eaux provenant du bassin versant ; La sur-fréquentation des grottes, le vandalisme des concrétions peuvent de plus rendre le milieu inapte à la vie des espèces souterraines.

L’ensemble présente par ailleurs un évident intérêt paysager (il est cité comme exceptionnel dans l’inventaire régional des paysages), mais aussi géologique et géomorphologique (remarquable modelé glaciaire…).