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ZNIEFF 820031941
Massif du Gargas

(n° régional : 38300016)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Le massif des Ecrins forme un territoire de haute montagne, structuré par la chaîne des principaux sommets selon une architecture complexe qui culmine à 4 102 m d'altitude à la Barre des Ecrins. Les glaciers encore bien présents (17 000 ha) ont laissé dans le paysage de très nombreuses traces de leurs débordements anciens. Les roches sédimentaires (calcaires, schistes, grès) qui ont recouvert le socle ancien et prédominent au sud-est ont facilité l'ouverture de larges vallées, tandis qu'au nord et à l'ouest les roches cristallines et métamorphiques (granite, gneiss...) ont résisté aux burins successifs des glaciers et torrents, dessinant des profils en auge caractéristiques, interrompus par des successions de verrous et de surcreusements qui accroissent encore l'abrupt des versants. En terme de référence, le parc national des Ecrins dénombre 200 espèces animales protégées en France dont 80 au plan européen et pour les seuls oiseaux 110 espèces d'oiseaux nicheurs. Plus de 1 800 espèces végétales identifiées sur son territoire composent l'extrême variété des milieux naturels. Cette profusion d'espèces a répondu à la variété des orientations des vallées et donc des versants dont les étagements et la nature des substrats compliquent la répartition. Les quelques quarante espèces rares ou menacées, systématiquement cartographiées, appartiennent à des milieux ouverts, en équilibre dynamique avec les activités humaines : c'est assez dire l'importance de la gestion des milieux naturels. Le massif du Gargas domine au nord le monastère de La Salette. Il présente un ensemble très intéressant d’habitats naturels remarquables (hêtraies neutrophiles, pré bois à Pin cembro et aulnaie verte, bois, rocher et lande…), abritant une flore et une faune de très grand intérêt. L’emblématique Sabot de Vénus, encore appelé "Pantoufle de Notre-Dame" du fait de la forme de sa fleur, est présente localement. Le Massif du Gargas abrite une station d'une plante endémique des Alpes occidentale française (c'est à dire dont l'aire de répartition géographique est circonscrite à cette seule région), dont la préservation représente un enjeu européen : la Potentille du Dauphiné. On observe également en particulier le Sainfoin de boutigny, une autre belle plante endémique des Alpes sud-occidentales, aux côtés de nombreuses autres espèces de grand intérêt. En matière de faune, on retiendra notamment la présence de la Perdrix bartavelle. On rencontre aussi le Tétras lyre qui vit en limite supérieure de forêt. Au printemps, les montagnes résonnent de ses chants. Les parades nuptiales se font sur des arènes, territoires sur lesquels se déroulent les danses. Le mâle dominant occupe l’arène centrale qu’il a obtenue après combat avec ses rivaux. Très sensible aux dérangements dus au développement du tourisme hivernal, il préfère des milieux plus ouverts et tranquilles. Les craves à bec rouge exploitent les landes et pâturages, en recherchant à terre avec leur long bec les insectes dont ils se nourrissent. Le Circaète Jean-le-Blanc est un nicheur probable de la forêt. Ce petit aigle chasseur de reptiles est un rapace plutôt méridional. D’autres oiseaux, comme l’Aigle royal, le Tarier des prés ou le Martinet à ventre blanc sont aussi les hôtes de ces lieux. Agile, bon grimpeur et bon nageur, le Campagnol des neiges est actif toute l’année ; il forme des petites colonies d’une vingtaine d’individus et se nourrit exclusivement de végétaux, surtout des graminées, des Laîches, des myrtilles et des trèfles. N’oublions pas de mentionner la richesse du site en ongulés : Chamois, mais aussi Cerf élaphe et Bouquetin d’Europe sont en effet bien représentés.