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ZNIEFF 930012346
MASSIF DE BOLLÈNE/UCHAUX

(n° régional : 84100105)

Commentaires généraux

Description de la zone

L’extrême nord-ouest du département de Vaucluse est occupé par le « massif » de Bollène/Uchaux, ensemble de collines de faible altitude (250-300 m), orientées ouest-est, situées à l’est de la vallée du Rhône, et séparées par des dépressions anthropisées. À l’intérieur de ce vaste ensemble, trois sites sont restés encore naturels malgré la pression de l’agriculture et de l’urbanisation : Mondragon/Bollène, Mornas/Uchaux et Bois de la Montagne au nord de Sérignan-du-Comtat.

Ce massif est constitué principalement d’assises du Crétacé supérieur et relève de la même morphogénèse que les ocres et marnes des bassins d’Apt et de Bédoin/Mormoiron. Ici les calcaires gréseux en forment l’ossature. À Mornas, ils sont très bien individualisés et dominent le village et la vallée du Rhône de 100-150 m. Mais on passe progressivement, à partir de ces derniers, à des formations moins indurées : calcaires argileux, marnes, grès tendres ruiniformes et sables à forte pigmentation. Ces derniers gisements ne sont pas réguliers et se présentent sous forme de lentilles plus ou moins continues. Mais cette complexité stratigraphique est à l’origine d’un paysage insolite qui étonne par le contraste entre les couleurs chaudes de la terre, avec toutes les nuances possibles des sables (blanc, rouge, jaune, etc.) et les verts de la végétation naturelle et des cultures. Il est aussi l’expression de l’exploitation de ces ressources naturelles par l’homme.

La végétation relève globalement de l’étage mésoméditerranéen, mais on y observe des formations affines de l’étage supraméditerranéen. Les groupements forestiers originels (chêne vert, chêne pubescent) couvrent des surfaces discontinues et très réduites en général. Certains fonds de vallons hébergent de belles formations à peuplier blanc et le châtaignier y est présent de façon éparse. Mais ce sont les boisements de résineux qui constituent l’essentiel de la couverture végétale : pin d’Alep (espèce thermophile méditerranéenne), pin sylvestre (espèce médio-européenne), et pin maritime (espèce méditerranéo-atlantique). Ce sont des essences pionnières, autrefois favorisées par une intervention humaine permanente sur le milieu et dont la litière, pauvre en nutriments, ne se décompose que lentement. La pauvreté du sol en azote favorise les plantes mycorhiziques, notamment celles de la famille des Ericacées. C’est ainsi que les sous-bois sont occupés par la lande à callune et à bruyère (bruyère à balai, mais aussi bruyère cendrée à la colline de la Valbonnette à Piolenc et bruyère arborescente au Bois de la Montagne à Sérignan). En terrain découvert, ces espèces deviennent envahissantes et constituent de véritables maquis. L’importance de la couverture arborescente et arbustive ne laisse que peu de place aux pelouses à annuelles.

Flore et habitats naturels

En raison de sa localisation, le massif de Bollène/Uchaux est situé sur un carrefour biogéographique. De plus, on y rencontre une flore silicicole d’une grande originalité dans une région essentiellement calcaire. Et ce sont les pelouses à thérophytes qui offrent la plus grande biodiversité. Installées sur des sols très filtrants et très pauvres en nutriments, les espèces qui les composent ont nécessairement un cycle végétatif adapté afin de coïncider au mieux avec la période printanière, souvent réduite, où l’eau est présente dans les couches superficielles du sol. Certaines années séchardes, les thérophytes peuvent même ne pas apparaître. En revanche, la moindre précipitation entraîne une explosion de la vie. On peut ainsi y découvrir Anarrhinum bellidifolium (gueule de loup à feuilles de pâquerette), Onosma arenaria subsp. pyramidata (orcanette des sables) aux Massanes et dans le ravin de Sablas, Vincetoxicum nigrum (dompte venin noir), Phelipanche arenaria (Phélipée des sables) à Mornas. Les rochers gréseux de Mornas hébergent la formation saxicole, endémique française à Hieracium stelligerum (épervière étoilée). C’est également sur ces mêmes rochers que l’on rencontre, de Mondragon à Mornas, en passant par le Mont Mout, mais toujours très près de la vallée du Rhône, Iberis intermedia subsp. violettii (ibéris à feuilles de lin), endémique française qui est ici en limite méridionale de son aire de répartition. D’autres, en revanche, sont en limite septentrionale de leur aire de répartition. Dictamnus albus (fraxinelle) s’est installée en sous bois de chêne pubescent près de Derboux et à Sérignan du Comtat. C’est aussi dans le Bois de la Montagne à Sérignan que s’observe la seule localité française confirmée d’Onopordum eriocephalum (onopordon à capitule laineux). Cette espèce pionnière considérée comme une endémique française s’exprime sur les bords de pistes du maquis, là où la concurrence végétale est la plus faible.

Faune

Ce massif présente un intérêt relativement élevé pour la faune puisque il recèle 16 espèces animales patrimoniales.

L’avifaune nicheuse est notamment représentée par plusieurs espèces remarquables de milieux plutôt ouverts (Circaète Jean le blanc, , Petit duc scops, Chevêche d’Athéna ou Chouette Chevêche, Huppe fasciée, Caille des blés, Cochevis huppé, Bruant proyer, Guêpier et probablement quelques espèces forestières (Gobe mouche gris, Autour des palombes, Pic épeichette) Le Pélodyte ponctué est également présent dans ce massif.

Les arthropodes sont représentés par la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), espèce remarquable d’odonate, protégée en Europe, d’affinité ouest-méditerranéenne, dont la larve aquatique se développe au niveau du chevelu racinaire des arbres rivulaires des cours d’eau de plaine et certains lacs bordés par la ripysylve et le Scorpion languedocien (Buthus occitanus), espèce remarquable xéro-thermophile d’affinité ouest-méditerranéenne, peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux.

Commentaires sur la délimitation

Répartition et agencement des habitats : les boisements, les maquis et les pelouses occupent la totalité de cette zone, permettant ainsi de définir les contours de cette ZNIEFF.

Cette démarche se justifie par le fonctionnement et les relations existant entre ces différents écosystèmes : il existe une complémentarité entre les milieux ouverts, terrain de chasse privilégié pour l’avifaune nichant dans les sites rupicoles ou dans les milieux plus fermés.

Le contexte géologique conforte la définition du pourtour de la zone puisque sa fonctionnabilité s’appuie essentiellement sur des affleurements de calcaires gréseux et de sables.

En revanche, les grandes zones agricoles ont été exclues, y compris lorsqu’elles se trouvaient à l’intérieur du périmètre de la ZNIEFF. Il en est de même des carrières et des zones soumises au mitage de l’espace