ZNIEFF 930012372
MASSIF DE SAINT-SÉPULCRE

(n° régional : 84100124)

Commentaires généraux

Description de la zone


Le massif de Saint Sépulcre s'étend sur la rive droite de la Durance, du Pont de Mirabeau à l’est jusqu'à la colline de la Loubière près de Pertuis à l’ouest. Au nord, il est séparé des collines du pays d’Aigues par des dépressions vouées à l’agriculture. Il possède encore un caractère très sauvage car il demeure à l'écart des grands flux touristiques. Au sommet, le plateau de Saint Sépulcre qui culmine à presque 600 m porte les traces d'un ancien oppidum.
Ce massif date de l'ère secondaire (Jurassique et Crétacé). Formée de calcaire compact (faciès tithonique), sa partie occidentale est très fortement marquée par les imposantes falaises de Lescaran qui dominent la vallée de la Durance. En revanche, dans sa partie occidentale, le massif est formé d'assises marno calcaires (Valanginien principalement) et développe un ensemble de croupes séparées par des thalwegs parfois très prononcés.
Situé à l’extrême sud est du département de Vaucluse et entièrement dans l’étage mésoméditerranéen, ce site est soumis, par sa situation particulière, à des influences méditerranéennes prononcées, propices à des activités biologiques sensiblement plus xérothermophiles que celles des autres massifs vauclusiens. Des garrigues claires à chêne kermès et à romarin se sont installées sur de vastes étendues sur les pentes orientées au sud. Les nombreux incendies qui ont été observés depuis le début du siècle, imputables à la ligne de chemin de fer qui longe le massif au sud, sont à l'origine de ces formations basses et clairsemées. Le pin d'Alep y forme par endroits de très beaux peuplements, notamment à la Loubière près de Pertuis où s’exprime une des plus belles futaies du département de Vaucluse. De vastes taillis de chêne vert auxquels se mêle parfois le chêne pubescent, se développent sur les ubacs de ce massif.

Flore et habitats naturels


Les zones rupestres constituent, avec les garrigues claires, les secteurs où la biodiversité est la plus élevée. Les grandes falaises de Lescaran, en exposition sud, abritent la formation à Asplenium petrarchae (doradille de Pétrarque) plutôt rare dans le Vaucluse.
Les garrigues clairsemées concentrent de très nombreuses espèces méditerranéennes xérothermophiles en limite septentrionale ou occidentale de leur aire de répartition. C’est probablement aussi le site vauclusien qui concentre la plus forte densité d’orchidées, soit une vingtaine dont Ophrys provincialis (ophrys de Provence). D’autres espèces attestent encore de l’originalité de ce petit massif comme Poa flaccidula (pâturin mou) près du sommet de Saint Sépulcre et Globularia vulgaris (globulaire vulgaire) à la Plaine de la Garde.

Faune


Le massif de Saint Sépulcre présente un intérêt élevé pour la faune car on y a comptabilisé 28 espèces animales patrimoniales (dont 4 espèces déterminantes).
L’intérêt faunistique de ce site est principalement d’ordre ornithologique et entomologique. Plusieurs chauves souris comme le Vespertilion à oreilles échancrées, le Petit Rhinolophe, le Molosse de Cestoni s’y rencontrent également. Aujourd’hui éteint, l’Aigle de Bonelli s’y est reproduit jusqu’en 1986. Les Oiseaux nicheurs actuels réguliers comprennent notamment de nombreux rapaces : la Bondrée apivore, le Circaète Jean le blanc (3 4 couples reproducteurs), l’Autour des palombes, le Petit duc scops, le Grand duc d’Europe (au moins 5 couples reproducteurs),  et l’Aigle royal qui s’y reproduit depuis 2008. Citons également le Pigeon colombin, la Huppe fasciée, le Torcol fourmilier, le Pic épeichette, le Cochevis huppé, le Monticole bleu (plusieurs couples reproducteurs), la Fauvette à lunettes, la Fauvette orphée, la Pie grièche à tête rousse, la Pie grièche méridionale, le Bruant fou, le Bruant ortolan, l’Alouette lulu. Ce massif abritait autrefois un couple nicheur d’Aigle de Bonelli, disparu vers la fin des années 80. Le Lézard ocellé fréquente ce secteur.
Les arthropodes sont représentés par six espèces d’intérêt patrimonial. Citons un coléoptère, le Charançon Pleurodirus aquisextanus, espèce déterminante de Curculionidés, rare et localisée, endémique du Bas Languedoc, des Bouches du Rhône, du Var et du Vaucluse, et quatre lépidoptères, la Vanesse des pariétaires (Polygonia egea), espèce déterminante de papillon de jour en très forte régression en France, désormais disparue localement, la Diane (Zerynthia polyxena), espèce remarquable méditerranéenne orientale des prairies humides, bordures alluviales boisements mésophiles où croît sa plante hôte locale l'Aristoloche à feuilles rondes (Aristolochia rotunda),,la Proserpine (Zerynthia rumina), espèce de papillon de jour d’affinité ouest méditerranéenne, protégée en France, dont la chenille vit sur l’Aristoloche pistoloche (Aristolochia pistolochia) dans les forêts claires et sur les coteaux pierreux, chauds et ensoleillés et la Zygène cendrée (Zygaena rhadamanthus),espèce remarquable d’hétérocère diurne d’affinité ouest méditerranéenne, protégée en France, liée aux friches, garrigues et boisements clairs où croît la principale plante nourricière de sa chenille, la Badasse (Dorycnium pentaphyllum). Pour terminer, citons la présence du Scorpion languedocien (Buthus occitanus), espèce remarquable xéro thermophile d’affinité ouest méditerranéenne,  peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux.

Commentaires sur la délimitation

Répartition et agencement des habitats : les formations rupestres, boisées à chêne vert, chêne pubescent et pin d’Alep, les garrigues et les pelouses occupent la totalité de cette zone, permettant ainsi de définir les contours de cette ZNIEFF. Toutefois, dans le piémont méridional, l’imbrication des formations xérothermophiles avec la ripisylve durancienne explique une délimitation qui essaie d’éviter au maximum les habitats hygrophiles.

Cette démarche se justifie par le fonctionnement et les relations existant entre ces différents écosystèmes : il existe une complémentarité entre les milieux ouverts, terrain de chasse privilégié pour l’avifaune nichant dans les zones plus fermées.

La climatologie ainsi que les contraintes du milieu physique et plus particulièrement l’analyse géomorphologique du massif confortent la définition du pourtour de la zone ; celle-ci s’arrête aux agrosystèmes périphériques et à la ripisylve durancienne.

Le piémont trop artificialisé (carrière, élevage, mitage de l’espace, etc.) a été exclu de la zone.