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ZNIEFF 930012375
MONTS DE VAUCLUSE

(n° régional : 84129100)

Commentaires généraux

Description de la zone

Situés entre la vallée de la Nesque à l’ouest et le bassin du Calavon à l’est, les monts de Vaucluse constituent le plus vaste massif montagneux du département. Ils correspondent à une immense croupe dont la partie sommitale forme un plateau peu marqué, mais qui se termine brutalement au niveau de la plaine comtadine par les impressionnantes parois rocheuses situées à l’aplomb de la source de la Sorgue. C’est un massif qui résulte, comme le mont Ventoux et le Luberon, de la combinaison de différentes phases tectoniques : soulèvement pyrénéo-provençal (il y a 40 millions d’années) puis surrection des Alpes beaucoup plus récente (moins de 8 millions d’années).

L’essentiel de l’assise géologique du massif est constitué de calcaires compacts à faciès urgonien qui datent du Crétacé et sur lesquels se développe un modelé karstique avec dolines (où se sont accumulées des argiles de décarbonation sur lesquelles s’exprime une flore silicicole et qui abritent également une grande partie des agrosystèmes ), lapiaz, avens, cañons (Nesque), combes saxicoles étroites et encaissées (Véroncle, Lioux, Sigallière, Font Jouvale, Vaumale, Vaulongue, etc.) qui entaillent le massif de part en part. Toutefois, sa manifestation la plus célèbre reste la Fontaine de Vaucluse, résurgence qui véhicule les eaux du massif et qui a donné son nom au terme géographique de source vauclusienne. On y rencontre également des bancs de calcaires et de marnes de l’Oligocène (partie sommitale centrale et partie septentrionale) à l’origine de reliefs moins accentués et moins rupestres avec un ensemble de croupes et de vallons. Deux petites unités se singularisent bien dans ce vaste ensemble : les calcaires urgoniens profondément corrodés par des bactéries calciphages (Microcodium) de la haute Sénancole, ainsi que l’exceptionnel miroir de faille de Lioux.

Le massif est soumis au climat méditerranéen avec une sécheresse très prononcée dans sa partie sud-occidentale mais qui décroît très vite vers le nord-est qui bénéficie d’un climat plus frais de type montagnard à cause de l’altitude et des vents froids et violents qui proviennent du mont Ventoux. L’aridité y est pratiquement généralisée car l’eau s’infiltre dans un substrat très fissuré. Les sources et les puits, rares, ont été remplacés par des aiguiers, procédés ingénieux mis en place par les hommes près des habitations pour collecter et conserver l’eau de pluie. Ces contraintes climatiques et pédologiques (sols souvent superficiels) ont créé des paysages austères et âpres, plateaux dénudés, peu humanisés, violemment ventés, forêts denses et sombres, au caractère très sauvage.

Les altitudes relativement élevées rencontrées dans le massif des monts de Vaucluse permettent de mettre en évidence un étagement de la végétation.

L’étage mésoméditerranéen correspond aux formations climaciques de la chênaie verte et de la chênaie pubescente méditerranéenne. La plupart des pinèdes de pin d’Alep, des garrigues à chêne kermès et à romarin et les pelouses à brachypode rameux en font partie et constituent la série évolutive précédant ces deux formations. Largement répandu, il occupe le flanc sud-est jusqu'à Villars-Rustrel (700 m) et le flanc nord (jusqu'à Méthamis vers 400-500 m). Le remplacement du chêne vert par le chêne pubescent est progressif, car il existe une interpénétration des deux cortèges floristiques.

L’étage supraméditerranéen est représenté principalement par la chênaie pubescente supraméditerranéenne climacique. S’y rattachent les pinèdes de pin sylvestre, les fourrés et bois de feuillus ainsi que les formations pionnières ou de dégradation à buis, genêt cendré appartenant à la série évolutive de la chênaie pubescente. Cet étage est bien représenté à partir de 800-900 m en versant sud-est (mais peut se rencontrer bien plus bas à la faveur de vallons encaissés), de 500-700 m en versant nord-ouest dans la partie orientale du massif, sur les communes de Venasque, Méthamis, Sault, Monieux, Lagarde-d’Apt et Rustrel. De très nombreuses espèces de l’étage supraméditerranéen existent également à l’étage montagnard méditerranéen qui correspond à la hêtraie sèche. Il est limité à la partie orientale du massif et sur sa partie sommitale, à partir de 1 000 m d’altitude dans le secteur de Lagarde-d’Apt.

Flore et habitats naturels

Le massif des monts de Vaucluse tient son originalité de sa position sur un carrefour biogéographique et des actions anthropiques séculaires auxquelles il a été et est toujours soumis. La combinaison de ces facteurs lui confère un très grand intérêt patrimonial qui se manifeste par une importante biodiversité des espèces et des formations végétales.

Dans la partie occidentale du massif qui est la plus aride (secteur du cirque de Fontaine de Vaucluse et de ses abords), une flore xérothermophile existe. C’est le seul endroit du massif où l’on rencontre la formation saxicole à Asplenium petrarchae (doradille de Pétrarque). C’est là encore, sur des vires ou pelouses rocailleuses que se sont installées Asphodelus ayardii (asphodèle d’Ayard), ou encore Anthemis cretica subsp. gerardiana (anthémis de Gérard). Toujours dans le même secteur, mais au Mourre de la Belle Etoile existent encore des lambeaux de pelouses à Crepis suffreniana (crépis de Suffren) et des mares temporaires à Lythrum tribracteatum (lythrum à trois bractées). Mais cette flore était encore plus intéressante au XIXe siècle, époque où, sur les rochers et rocailles proches de la Fontaine de Vaucluse, E. Requien en particulier avait observé des espèces maintenant probablement disparues : Picris pauciflora (picride pauciflore), Velezia rigida (vélézie rigide), Lomelosia stellata (scabieuse étoilée) et Glaucium corniculatum (glaucienne à fruits en forme de corne) qui est devenue très rare sur l’ensemble du territoire national. Certaines messicoles comme Cnicus benedictus (chardon béni) observées jadis à Valescure et à l’abbaye de Sénanque n’ont également pas été retrouvées.

À partir des hauteurs de Valescure, les milieux ouverts, malgré leur dégradation actuelle du fait de l’abandon du pastoralisme, présentent encore la formation à Genista pulchella subsp. villarsii (genêt de Villars) qui est davantage développée et mieux conservée à l’est du massif (jusqu’à Monieux). On y rencontre également des espèces orophiles comme Minuartia capillacea (sabline capillaire) observée à Pié Blanc et à Pié Plan et que l’on retrouve dans la haute vallée de la Sénancole, sur le site des Busans, en compagnie d’autres orophiles comme Paronychia kapella subsp. serpyllifolia (paronyque imbriquée, de Provence), qui se maintiennent à une altitude très basse (450 m à peine).

Dans certains milieux ouverts, on peut encore noter Gagea lacaitae (gagée de Lacaita) à Saumane (la Ribère, les Gardy, les Trois Luisants), Lagnes et Gordes, Gagea pratensis (gagée des prés) de Fontaine de Vaucluse à Lagarde d’Apt, Ophrys bertolonii subsp. saratoi (ophrys de la Drôme) particulièrement abondant dans la région de Murs, Euphorbia graminifolia (euphorbe à feuilles de graminée) sur les pelouses des dolines de Saint Saturnin lès Apt ou encore Bromus japonicus (brome du Japon) aux Nougueirets ou aux Seguines, Phleum paniculatum (phléole en panicule) à Sénanque, Sclerochloa dura (sclérochloa rude) à la Ribère, à Saint Jean et à Lagarde d’Apt, et Picris pauciflora (picride pauciflore) à Rustrel. Dans les secteurs où le karst domine et sur les crêtes ventées, on peut parfois observer de superbes matorrals à genévrier de Phénicie comme c’est le cas en dessus du miroir de faille de Lioux, ou en contre haut du cirque de Fontaine de Vaucluse.

Dans les combes étroites et encaissées on observe une inversion des étages de végétation, le supraméditerranéen descendant parfois très bas et se trouvant à des altitudes inférieures à celles du mésoméditerranéen. Alors que sur les parois rocheuses ombragées de Fontaine de Vaucluse ou de Saumane, Hesperis laciniata (julienne laciniée) se maintient encore, c’est une formation saxicole d’ubac, endémique française, qui prend de l’importance, celle à Hieracium stelligerum (épervière étoilée). Cette dernière occupe pratiquement toutes les combes septentrionales du massif, de Saumane à Venasque. Au fond des combes, et en situation parfois abyssale se concentre toute la biodiversité d’une flore mésophile. À Venasque, dans la combe de Vaumale, on peut observer Bupleurum ranunculoides subsp. telonense (buplèvre de Toulon), Noccaea praecox (tabouret précoce), Viola jordanii (violette de Jordan), Carex depauperata (laîche à épis grêles et peu fournis), mais aussi Anthemis cretica subsp. gerardiana (anthémis de Gérard) qui colonise également la combe du Dégout proche de la précédente. À la base de cette dernière, et en lisière forestière, existe encore Vincetoxicum nigrum (dompte venin noir). Sur le versant sud du massif, c’est incontestablement la combe de Lioux qui présente le plus grand intérêt en raison de son importance et de son encaissement, en particulier vers l’aval. C’est ainsi que l’on peut y découvrir Aristolochia pallida (aristoloche pâle) et Poa flaccidula (pâturin mou). En contre haut de cette combe, Allium scorodoprasum subsp. rotundum (ail rocambole, rond) a été signalé. À proximité, dans les profondeurs du vallon de Javon et de Font Jouvale, Lathraea squamaria (clandestine écailleuse) se maintient toujours. La chênaie pubescente fraîche et très dense des Chenilles héberge la seule localité vauclusienne d’Arum cylindraceum (arum cylindrique). Dès que les taillis de chêne vert ou de chêne pubescent deviennent moins denses, Inula bifrons (inule changeante) apparaît, près de Saint Lambert et en dessus de Rustrel.

Parmi les formations forestières, c’est la hêtraie qui présente dans ce massif le plus grand intérêt en raison de sa biodiversité floristique et des nombreuses espèces septentrionales en limite d’aire que l’on y rencontre. Le cortège floristique observé est totalement absent des autres hêtraies sèches du département et en particulier de celle du mont Ventoux.

Mais l’originalité du massif des monts de Vaucluse par rapport au Luberon et au mont Ventoux est également due à la présence d’agrosystèmes à céréales et de zones prairiales. Les hauts plateaux de la région de Lagarde d’Apt constituent la seule zone franchement montagnarde du département où s’exerce une activité agricole. Moins élevés en altitude (300 500 m environ), le bassin de Murs et le secteur de Lioux présentent également un ensemble d’activités agricoles très intenses. Dans les deux cas, des modes de culture traditionnels ont permis le maintien d’une flore très diversifiée principalement à base de messicoles soit d’affinité montagnarde comme Androsace maxima (androsace à grand calice), Asperula arvensis (aspérule des champs), ou plus méditerranéenne (bassin de Murs) comme Bifora testiculata (bifore à deux coques), Roemeria hybrida (roémérie hybride) ou Consolida pubescens (pied d’alouette pubescent). Mais le cortège floristique des espèces messicoles comporte également : Adonis flammea (adonis rouge feu), Adonis aestivalis (adonis d’été), Adonis annua (adonis annuel), Agrostemma githago (nielle des blés), Valerianella echinata (valérianelle à piquants), Conringia orientalis (roquette d’Orient), Ceratocephalus falcatus (cératocéphale en faux), Gagea villosa (gagée velue), Bupleurum rotundifolium (buplèvre à feuilles rondes), Camelina microcarpa (caméline à petits fruits), Galium tricornutum (gaillet à trois pointes), Polycnemum majus (grand polycnémum), Turgenia latifolia (turgénie à feuilles larges), Vaccaria hispanica (vachère). Lolium temulentum (ivraie enivrante), qui a pratiquement disparu du territoire national, vient d’être retrouvée à Lagarde d’Apt. Dans les prairies, c’est une flore de milieux froids et humides que l’on rencontre avec Ophioglossum vulgatum (langue de serpent vulgaire) à Lagarde d’Apt, Orchis laxiflora (orchis à fleurs lâches) et Dactylorhiza occitanica (dactylorhize du Midi) à Murs. En mosaïque avec les agrosystèmes, des pelouses hébergent Bupleurum gerardi (buplèvre de Gérard) ou Sideritis montana (crapaudine des montagnes). Autour du château de Javon (Lioux), existent encore Salvia aethiopis (sauge d’Èthiopie) et Chaerophyllum nodosum (myrrhoïde noueux). Cette dernière espèce, qui occupe des sites anciennement fréquentés par les troupeaux, est devenue très rare sur le territoire national. En dehors du Vaucluse, elle ne se maintient pratiquement plus qu’en Corse.

Faune

Les monts de Vaucluse présentent un intérêt faunistique exceptionnel sur le plan patrimonial. On y a recensé en effet au moins 72 espèces animales patrimoniales. Parmi celles ci figurent 18 espèces animales déterminantes.

Les Mammifères sont notamment représentés par le Cerf élaphe et de nombreuses chauves souris telles que le Grand Rhinolophe, le Petit Rhinolophe, le Vespertilion à oreilles échancrées, le Molosse de Cestoni, le Minioptère de Schreibers, la Noctule de Leisler et le Vespère de Savi.

L’avifaune nicheuse locale comporte à la fois des espèces rupicoles, des espèces forestières et des espèces de milieux ouverts. Parmi les espèces rupicoles, citons notamment le rare Vautour percnoptère ( qui se reproduit ponctuellement dans la zonele Pigeon colombin, le Grand duc d’Europe, le Faucon pèlerin, le Monticole de roche, le Monticole bleu. L’Aigle royal ne niche pas dans les falaises des monts de Vaucluse mais les couples reproducteurs du mont Ventoux et des gorges de la Nesque utilisent cette zone comme territoire de chasse. Quant aux Oiseaux nicheurs de milieux ouverts ou semi ouverts, souvent d’affinité méditerranéenne, méridionale ou steppique orientale, ils comptent ici, parmi leurs plus illustres représentants, le Circaète Jean le blanc (dont la population locale est estimée à au moins 12 couples nicheurs), le Busard Saint Martin, la Caille des blés, l’Outarde canepetière, l’Oedicnème criard, le Petit duc scops, la Chevêche d’Athéna ou Chouette Chevêche, le Guêpier d’Europe, la Huppe fasciée, le Cochevis huppé, l’Alouette lulu, le Cincle plongeur, la Pie grièche écorcheur, la Pie grièche méridionale, le Moineau soulcie (nicheur en diminution marquée dans le département du Vaucluse), le Pipit rousseline, le Bruant fou, le Bruant ortolan, le Bruant proyer. Les Oiseaux forestiers, généralement d’affinité médio européenne, voire nordique, correspondent aux nicheurs suivants : Bondrée apivore, Autour des palombes, Faucon hobereau (nicheur abondant), Bécasse des bois, Torcol fourmilier, Pic épeichette, Pic noir, Gobemouche gris, Fauvette orphéeParmi les Reptiles d’intérêt patrimonial, citons en particulier le Lézard ocellé et pour les amphibiens, le Pélodyte ponctué.

Les arthropodes patrimoniaux des Monts de Vaucluse comprennent à la fois :

- des orthoptères comme l'Arcyptère provençale (Arcyptera kheili), espèce remarquable de criquet à mobilité réduite et endémique de Provence, qui peuple les pelouses sur les plateaux calcaires et garrigues ouvertes, le Criquet des Ajoncs (Chorthippus binotatus binotatus), espèce remarquable rare et localisée, qui peuple les garrigues et friches sèches couvertes de genêts ou d'ajoncs dont elle se nourrit, et la Courtilière commune (Gryllotalpa gryllotalpa), espèce remarquable ayant régressée au cours des dernières décennies, observée dans les zones humides et parfois les jardins bien arrosés.

- des lépidoptères comme le Sablé de la luzerne (Polyommatus dolus dolus), espèce déterminante de rhopalocères ("papillons de jour"), dont la sous-espèce dolus est endémique de Provence et peuple les chênaies claires, lisières et pelouses où croissent ses plante hôtes des sainfoins (Onobrychis ssp), l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion), espèce remarquable et protégée au niveau européen, inféodée aux bois clairs et ensoleillés, pelouses et friches sèches avec présence de ses plantes hôtes, des serpolets et de sa principale fourmi hôte, Myrmica sabuleti, jusqu’à 2400 m d’altitude, l’Azuré du baguenaudier (Iolana iolas), espèce méditerranéenne très localisée, strictement inféodée à la présence de son unique plante hôte (Colutea arborescens), le Moiré de Provence (Erebia epistygne), espèce déterminante de lépidoptère d’affinité méditerranéo-montagnarde dont l’aire de répartition ibéro-provençale est morcelée et restreinte, inféodée aux pelouses sèches à fétuques (surtout Festuca cinerea), l'Échiquier de Russie (Melanargia russiae), espèce remarquable de lépidoptère d'affinité steppique, localisée et dont la sous-espèce cleanthe est endémique des montagnes du nord de l'Espagne et des Alpes du sud, l’Alexanor (Papilio alexanor), espèce déterminante de lépidoptère, protégée au niveau européen, rare et dont l’aire de répartition est morcelée, inféodée aux éboulis et pentes rocailleuses jusqu’à 1700 m d’altitude où croît sa plante hôte locale Ptychotis saxifraga, l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude, la Proserpine (Zerynthia rumina), espèce d’affinité ouest-méditerranéenne protégée en France, dont la chenille vit sur l’Aristoloche pistoloche (Aristolochia pistolochia) dans les forêts claires et sur les coteaux pierreux, chauds et ensoleillés jusqu’à 1100 m d’altitude, le Marbré de Lusitanie (Euchloe tagis bellezina), lépidoptère très localisé représenté par la sous-espèce bellezina, endémique du sud de la France et de l’extrême nord-ouest de l’Italie, inféodé aux milieux ouverts où croît sa plante nourricière Iberis pinnata, la Zygène cendrée (Zygaena rhadamanthus),espèce remarquable de lépidoptère diurne d’affinité ouest-méditerranéenne, protégée en France, liée aux friches, garrigues et boisements clairs où croît la principale plante nourricière de sa chenille, la Badasse (Dorycnium pentaphyllum) et la Laineuse du prunellier (Eriogaster catax), espèce européenne remarquable, de la famille des bombyx (Lasiocampidés), protégée au niveau européen, globalement rare, sensible aux pesticides, inféodée à divers habitats pré-forestiers tels que les lisières forestières, bocages et friches.

- un hémiptère : la Cigale argentée (Tettigetta argentata), espèce remarquable d'affinité méditerranéenne, localisée mais assez commune, qui recherche les milieux arides parsemés d'arbustes ;

- un neuroptère : le Grand fourmilion (Palpares libelluloides), espèce remarquable assez commun mais toujours localisé aux steppes et autres formations herbacées maigres et sèches.

- un arachnide, le Scorpion languedocien (Buthus occitanus), espèce remarquable xéro-thermophile d’affinité ouest-méditerranéenne, peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux.

- un myriapode (« mille-pattes »), la Scolopendre ceinturée (Scolopendra cingulata), imposant chilopode limité en France à la bordure méditerranéenne.

- enfin, une espèce de Mollusques gastéropode est également signalée des Monts du vaucluse, l’Hydrobie d'Avignon (Plagigeyeria deformata) espèce rare d’Hydrobiidés, protégée en France, endémique du Vaucluse et connue seulement d’une station, sa localité type.

Commentaires sur la délimitation

Répartition et agencement des habitats : les formations rupestres, les boisements à chêne vert, chêne pubescent et hêtre, les garrigues et les pelouses occupent la totalité de cette zone, permettant ainsi de définir les contours de cette ZNIEFF qui intègre également tous les agrosystèmes situés à l’intérieur du massif.

Cette démarche se justifie par le fonctionnement et les relations existant entre ces différents écosystèmes : il existe une complémentarité entre les milieux ouverts, terrain de chasse privilégié pour l’avifaune nichant dans les milieux plus fermés ou les sites rupestres.

La climatologie ainsi que les contraintes du milieu physique et plus particulièrement l’analyse géomorphologique du massif confortent la définition du pourtour de la zone. Celle-ci s’arrête à la vallée de la Nesque au nord-ouest et aux agrosystèmes du bassin d’Apt au sud-est.

Le piémont occidental trop artificialisé (secteur de Fontaine-de-Vaucluse avec mitage excessif de l’espace) a été exclu de la zone.