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ZNIEFF 930012407
ÉTANGS DES AULNES

(n° régional : 13100150)

Commentaires généraux

Description de la zone
L'étang des Aulnes représente un plan d'eau de 110 ha au milieu du coussoul à Asphodèles et des cultures. Il est bordé au sud par des taillis de Chêne vert et par la ripisylve, laquelle se retrouve dans les deux vallons qui drainent l'eau au nord et au nord ouest de l'étang.
Cette zone réunit des écosystèmes terrestres et limniques en bon équilibre biologique. Elle englobe un des derniers étangs de Crau qui, n'ayant subi aucune nuisance grave, a conservé ses caractéristiques originelles.

Flore et habitats naturels
Dans la ripisylve à peupliers, parfois enrichie de bois durs (Ormes ou Chênes pédonculés, habitat 44 42) l'Ophioglosse vulgaire fut signalées. La portion marécageuse étendue à la pointe sud ouest de l'étang est le secteur le plus riche en flore et habitats intéressants, avec des friches et des mares inondables à flore rappelant celle des dayas d'Afrique du Nord. On y trouve en effet, au côté de la Menthe des cerfs, la Verveine couchée (une des trois seules localités de France), l'Héliotrope couché, la Salicaire à trois bractées et l'Herbe de Saint Roch. Cette flore, très sensible au rythme d'inondation/exondation annuel, connaît un développement très fluctuant selon les années. Ainsi l'Héliotrope n'a pas été revu ces dernières années, bien que sa réapparition soit envisageable lors d’une année favorable. Cette flore tolère mal la concurrence végétale (scirpaies, roselière, ronciers etc.), et le maintien de milieux ouverts est nécessaire à leur survie. Certaines mares permanentes sont peuplées par l'Utriculaire vulgaire, qui se retrouve sur les marges de l'étang. Enfin, dans la ceinture à Iris pseudacorus et Poa nemoralis se trouvent l'Orchis des marais, la Laîche faux souchet ou la Gratiole. Dans les eaux peu profondes de l'étang fut récoltée en 1966 l'Elatine à trois étamines, toujours présente aujourd’hui.

Faune
L’Etang des Aulnes abrite dix-sept espèces déterminantes et vingt-cinq remarquables.
Il s’agit d’un cortège faunistique intéressant lié au milieu aquatique, aux formations palustres et de ripisylves, ainsi qu’aux pelouses et friches sèches qui ceinturent l’étang.
Le Castor d’Eurasie (Castor fiber), espèce déterminante à nouveau en expansion après avoir frôlé l’extinction en France et liée aux formations de ripisylves est présent dans le secteur.
Les insectes d’intérêt patrimonial sont représentés par six espèces déterminantes et six remarquables. La bordure sud ouest de l’étang, plus ou moins temporaire, permet le développement d’une population de Sympétrum déprimé (Sympetrum depressiusculum), libellule déterminante rare, en régression et dont les populations sur le site ont fortement chuté ces dernières années, tandis que la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), qui recherche les rivières à courant lent et certains étangs bordés par la ripisylve, colonise principalement la partie nord de l’étang. Les milieux marécageux sont peuplés par la Phalène du populage (Chariaspilates formosaria), espèce déterminante de lépidoptère nocturne, rare et localisée, inféodée aux marais où croissent ses plantes hôtes, en particulier Lysimachia vulgaris. Elle est accompagnée par la Noctuelle améthyste (Eucarta amethystina), espèce remarquable localisée, et la Phalène consacrée (Casilda consecraria), lépidoptère nocturne remarquable habituellement associé aux milieux littoraux ou marais salants car lié par sa chenille à la présence de Limonium. Les milieux xériques, à l’image du reste de la Crau sèche, présentent un intérêt patrimonial indéniable de par leur grande originalité et l’existence de nombreuses espèces rares. Citons la présence avérée de cinq espèces déterminantes : l’Hespérie de la ballote (Carcharodus baeticus), l’Ecaille rose (Arctia festiva), lépidoptère rare et en forte régression signalé en 2005, la Noctuelle pluviophile (Ulochlaena hirta), lépidoptère actif en octobre, l'Acidalie roussillonnaise (Idaea sardoniata), lépidoptère méditerranéen très localisé et le Bupreste de Crau (Acmaeoderella cyanipennis perroti), coléoptère endémique de l’ouest des Bouches du Rhône. Les autres espèces formant ce cortège sont trois lépidoptères diurnes rares, le Louvet (Hyponephele lupina), la Cléophane roussâtre (Metopoceras felicina), espèce méditerranéenne très localisée sur les départements littoraux et l'Acidalie insignifiante (Idaea predotaria), espèce atlanto méditerranéenne en limite d’aire.
L’avifaune nicheuse comprend le Ganga cata (Pterocles alchata), espèce sédentaire présente en France uniquement en plaine de la Crau, le Butor étoilé (Botaurus stellaris), la Grand Aigrette (Ardea alba), la Nette rousse (Netta rufina), la Lusciniole à moustache (Acrocephalus melanopogon), le Rollier d’Europe (Coracias garrulus), le Blongios nain (Ixobrychus minutus), le Héron pourpré (Ardea purpurea), le Grébe huppé (Podiceps cristatus), le Busard des roseaux (Circus aeruginosus).
La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) est l’unique reptile déterminant présent dans le secteur.
Les amphibiens sont notamment représentés par le Triton palmé (Lissotriton helveticus) et les Chiroptères par le Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii).

Commentaires sur la délimitation

Ensemble du plan d'eau et de ses dépendances marécageuses, ainsi que les emprunts situés à l'est.