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ZNIEFF 930012444
PLATEAU D'ARBOIS - CHAÎNE DE VITROLLES - PLAINE DES MILLES

(n° régional : 13111100)

Commentaires généraux

Commentaire général
Cet ensemble au relief tourmenté comprenant la chaîne de Vitrolles, le Plateau de l’Arbois et l’Aérodrome des Milles présente un paysage en mosaïque de cultures et de végétation typiquement méditerranéenne à dominante arbustive, profondément entaillé par des ruisseaux temporaires, dominé çà et là par l’élément minéral (falaises abruptes, longues barres rocheuses, rochers proéminents) qui lui donne son cachet particulier.
Situé entre les agglomérations de Vitrolles et d’Aix en Provence, la pression d’urbanisation est particulièrement forte comme en témoigne l’implantation de deux infrastructures majeures que sont le technopôle de l’environnement Arbois-Méditerranée et la gare TGV d’Aix-en-Provence.

Flore et habitats naturels
Les falaises calcaires bien exposées portent la formation très classique à Asplenium petrarchae, localement enrichie à Roquefavour du Lavatera maritima. Les pelouses en direction de l’étang de Berre se rattachent à une formation très localisée en Provence, et bien plus répandue en Languedoc : le Convolvulo Onononidetum pubescentis où abondent le Plantain blanchissant et le Liseron rayé (Plantago albicans, Convolvulus lineatus). Dans le même secteur, les garrigues à Hélianthèmes sont bien présentes (Helianthemum syriacum et surtout H. marifolium) Mais la principale richesse de la zone provient des agrosystèmes : friches et cultures extensives. On y trouve des raretés comme le Chardon à épingle, la Nigelle de France (Carduus acicularis, Nigella gallica) etc. La Thymélée hirsute, plante du littoral, est connue vers le bassin du Réaltor, certainement introduite (volontairement ou fortuitement). La Fraxinelle, signalée anciennement de manière peu précise, vient d’être retrouvée en deux points dans des vallons boisés encaissés.

Faune
Ce site abrite quarante-deux espèces d’intérêt patrimonial dont onze sont déterminantes.
Le cortège faunistique extrêmement riche et diversifié comprend de nombreuses espèces déterminantes avec notamment un couple reproducteur d’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) mais aussi nombre d’autres espèces : le Rollier d’Europe Coracias garrulus (au moins six couples), l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax), le Coucou geai (Coracias garrulus), la Pie grièche à tête rousse (Lanius senator), espèce devenue très rare dans les Bouches du Rhône et en région P.A.C.A., le Moineau soulcie (Petronia petronia), unique site de nidification possible de cette espèce dans les Bouches du Rhône, le Traquet oreillard (Oenanthe oenanthe), la Fauvette à lunettes (Sylvia conspicillata), le Pigeon colombin (Columba oenas), le Circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus), le Grand duc d’Europe (Bubo bubo), le Faucon Crécerellette (Falco naumanni), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), le Petit Gravelot (Charadrius dubius), etc. En ce qui concerne les reptiles, on peut noter la présence de bonnes densités de Lézard ocellé (Timon lepidus) ainsi que celle de l’Hémidactyle verruqueux (Hemidactylus turcicus), et du Psammodrome d’Edwards (Psammodromus edwardsianus), trois espèces peu fréquentes en région PACA. Chez les amphibiens, une population de Pélodyte ponctué a été observée dans le secteur de Roquefavour. Quant aux mammifères, deux chauves souris ont notamment été observées : la Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii) et le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum). Chez les poissons, notons la présence de l’Anguille européenne (Anguilla anguilla) dans l’Arc et le Grand Torrent.
L’entomofaune se caractérise par la présence du Marbré de Lusitanie (Euchloe tagis bellezina), espèce déterminante très localisée représentée par la sous-espèce bellezina, endémique du sud de la France et de l’extrême nord-ouest de l’Italie, inféodée aux milieux ouverts où croît sa plante nourricière Iberis pinnata. Dans les garrigues et friches xériques, sont également observées les espèces remarquables suivantes : le papillon Proserpine (Zerynthia rumina), dont la présence est liée à celle de sa plante hôte locale, Aristolochia pistolochia ; la Cigale argentée (Tettigetta argentata), commune dans le département ; le Grand fourmilion (Palpares libelluloides), qui affectionne les places herbeuses sèches ; l’Arcyptère provençale (Arcyptera kheili), gros criquet endémique de Provence dont la mobilité est réduite en raison de ses ailes atrophiées et la Scolopendre ceinturée ou Grande scolopendre (Scolopendra cingulata), grand chilopode prédateur. Quant à l’Ascalaphe loriot (Libelloides ictericus), il peuple les surfaces couvertes par une strate herbacée dense, souvent en bordure de zone humide. Les ripisylves et les friches humides sont occupées par la Diane (Zerynthia polyxena), papillon méditerranéo asiatique lié à Aristolochia rotunda, sa plante hôte locale. Les cours d’eau du périmètre sont colonisés par plusieurs odonates méditerranéens (libellules et demoiselles) : l’Agrion bleuissant (Coenagrion caerulescens), espèce déterminante rare et localisée qui affectionne les ruisseaux à eaux claires et ensoleillées ; l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), plus répandu que le précédent dans des milieux s’en rapprochant et la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) qui peuple ici des parties calmes de cours d’eau bordés par la ripisylve.

Commentaires sur la délimitation

Limites fondées sur celles du plateau, tout en évitant les zones trop urbanisées et artificialisées (la Petite et Grande Duranne, la Couronade et la gare TGV d’Aix-en-Provence).