ZNIEFF 930012458
ARCHIPEL DE RIOU

(n° régional : 13100108)

Commentaires généraux

Commentaire général
L'archipel de Riou, situé au sud de la rade de Marseille, se compose d'une multitude d'îles dont les plus importantes sont : Tiboulen, Maire, Jarre, Calseraigne ou Plane, Riou.
Site prestigieux recouvert de groupements essentiellement littoraux, qui présente un intérêt exceptionnel sur les plans faunistique et esthétique. Des investigations botaniques ont de plus révélé des plantes rares, des espèces en limite d'aire et des ensembles halophiles riches.

Flore et habitats naturels
La flore des îles ressemble beaucoup à celle de Marseilleveyre, bien que les conditions y soient dures et les floraisons rares. Ces sites ont en commun entre autres Sedum litoreum, Silene sedoides, Astragalus tragacantha, Pancratium maritimum, Phleum arenarium et les associations halophiles des Crithmo Limonietea. L’archipel abrite également des stations d’Ephedra distachya.
Mais Riou développe des éléments absents ou rares sur le Frioul et sur le continent : les groupements à Phyllitis sagittata, le Stachys brachyclada sur les vires calcaires du Thero Brachypodion et de l’Asplenion glandulosi (Phagnalo sordidi Asplenietum petrarchae). Cette ZNIEFF est aussi le dernier lieu où se côtoient les deux espèces de Thymelea, situation autrefois connue sur le continent mais totalement disparue aujourd’hui. Les richesses de cet archipel sont malheureusement fortement altérées par la sur fréquentation des goélands.
Les plus petites îles (le Petit Congloué, les Empereurs, l’Ile de Planier) sont soumises à des conditions qui ne permettent pas le développement d’une végétation importante.

Faune
Ce site renferme quatorze espèces d’intérêt patrimonial dont sept sont déterminantes.
L’Archipel de Riou présente un grand intérêt ornithologique du fait de la présence d’importantes colonies de reproduction de quatre espèces menacées d’Oiseaux marins : Puffin cendré Calonectris diomedea (environ 200 à 250 couples nicheurs), Puffin de Méditerranée Puffinus yelkouan (environ 50 couples nicheurs), l’ Océanite tempête Hydrobates pelagicus (50 à 100 couples reproducteurs) et le Cormoran huppé de desmaret comptant une dizaine de couple en 2008. Quatre couples de Faucon pèlerin (Falco peregrinus) se reproduisent sur ces îles, ce qui fait de loin la population la plus importante du département de ce rapace rare et localisé. Parmi les autres oiseaux remarquables présents sur le site, citons notamment le Grand-Duc d’Europe Bubo bubo (2 couples nicheurs), le Martinet pâle Apus pallidus (colonie de 150 à 250 couples reproducteurs) et le Monticole bleu (Monticola solitarius). Notons également le rare Phyllodactyle d’Europe (Phyllodactylus europaeus) et, chez les mammifères, le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis) de passage.
Chez les invertébrés, une seule espèce déterminante est connue, le Grillon maritime (Pseudomogoplistes squamiger), très rare, localisée et en régression, colonisant les bandes littorales avec laisses de mer des côtes méditerranéennes et des Canaries.

Commentaires sur la délimitation

Ces îles ont un fonctionnement particulier (populations pouvant présenter des différenciations génétiques, des adaptations plus ou moins importantes en fonction de la distance qui les sépare du continent) qui justifie leur séparation des milieux équivalents du continent (Marseilleveyre, Calanque, Nerthe). La délimitation de la Z.N.I.E.F.F. a été réalisée en fonction de :
- la répartition des populations d’espèces de faune et de flore et la répartition et l’agencement spatial des habitats : seules les plus grandes îles présentent un intérêt floristique, mais tous les îlots servent aux oiseaux marins (reposoirs). Donc tous les îlots et les îles de l’archipel sont concernés.
- le fonctionnement et les relations des écosystèmes entre eux : ces îles réalisent des échanges entre elles et avec le massif de Marseilleveyre (faune : déplacements sur de courtes distances, flore : phénomènes de zoochorie, d’anémochorie, d’hydrochorie).
- les contraintes du milieu physique : les altitudes de l’archipel de Riou sont plus élevées que celles du Frioul ce qui ménage davantage de types d’habitats, pour la faune comme pour la flore.
- les formations végétales halophiles sont représentées sur les deux archipels.