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ZNIEFF 930012459
MASSIF DES CALANQUES

(n° régional : 13126100)

Commentaires généraux

Commentaire général

Le massif calcaire de Puget à l'ouest de Cassis est profondément entaillé par le prestigieux ensemble des calanques, fjords miniatures, seuls vestiges d'anciennes vallées aujourd'hui submergées. Domaine karstique d'une exceptionnelle qualité, le massif présente une extraordinaire résurgence d'eau douce (calanque de Port-Miou) et de nombreux phénomènes hydrogéologiques souvent spectaculaires dont certains restent encore mystérieux. Gigantesques coups de hâche dans les falaises calcaires, les calanques de Marseille et Cassis, possèdent une réputation internationale grâce à d'immenses qualités esthétiques : eaux très pures où plongent de vertigineuses aiguilles, pinèdes verdoyantes contrastant très agréablement avec la blancheur aveuglante des reliefs, ravissantes criques blotties dans l'écrin rocheux de vertigineux abrupts. Cette frange littorale borde l'immense ensemble montagneux du Puget, de la Gardiole et de St Cyr, culminant à 610 m (Mt St Cyr) qui surplombe la plaine marseillaise et le délicieux site de Cassis. C'est un massif calcaire très sec ce qui a pour résultat l'installation d'une végétation et d'une faune à caractère xérique particulièrement accusé et à grande originalité.

Flore et habitats naturels

L’association des sables dolomitiques à Carex nitida et Crepis suffreniana accompagnés des Silene otites et Arenaria modesta se développe au Col Sabatier. On y relève de nombreuses espèces du Brachypodietum ramosi, mais d’autres espèces relèvent le caractère plus montagnard du Carici-Crepidetum suffrenianae, comme Carex humilis, Teucrium aureum, Inula montana…. Le Linario origanifoliae-Galietum pusilli se développe sur les rochers dolomitiques de Carpiagne. Le Phagnalo sordidi-Asplenietum petrarchae est à son optimum sur le Mont Puget comme à Marseilleveyre. Il est confiné dans les fentes de rochers exposés au sud, depuis le niveau de la mer jusqu'à proximité des sommets. Il est caractérisé par Asplenium petrarchae, Phagnalon sordidum, Jasonia glutinosa, Melica bauhini et Galium setaceum. Il se retrouve sur l’ensemble des massifs calcaires ou dolomitiques des Bouches-du-Rhône. Le Sileno saxifragae-Asplenietum fontani occupe aussi les fentes étroites de rochers, mais cette fois en position nord. Rare et fragmentaire à Marseilleveyre, il est mieux représenté à l’ubac des monts Puget et Carpiagne. L’Eucladio-Adiantetum occupe les rochers plus humides, exposés au nord ou à l’est. L’eau chargée de bicarbonate précipite au contact des végétaux (Adiantum capillus-veneris, Samolus valerandi, Eucladium verticillatum et d’autres bryophytes), formant ainsi des dépôts tufeux de faible importance. Le Genistetum lobelii occupe les crêtes exposées au vent des monts Carpiagne, Puget et St-Cyr. Cette association reçoit des précipitations abondantes et supporte de fortes variations de température.

De récentes découvertes floristiques dans ces massifs, pourtant proches de l’agglomération marseillaise, témoignent de la difficulté de prospection de ces secteurs souvent escarpés. Autour de la faculté de Luminy, deux stations d’Anemone palmata ont été découvertes récemment. Sur les falaises littorales, des varappeurs ont découvert l’euphorbe arborescente (E. dendroides) et une station d’Asplenium marinum.

Faune

Ce site renferme trente deux espèces d’intérêt patrimonial dont onze sont déterminantes. Le Massif des Calanques abrite un cortège faunistique de grande qualité, riche en espèces peu fréquentes et localisées dans les Bouches du Rhône. C’est le cas par exemple de l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) dont un couple se reproduit ici et du Faucon pèlerin (Falco peregrinus) (2 couples nicheurs). Parmi les autres espèces présentes on notera en particulier le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), le Grand Duc d’Europe Bubo bubo (2 couples nicheurs), le Martinet pâle (Apus pallidus), le Coucou geai (Clamator glandarius), le Traquet oreillard (Oenanthe hispanica), la Huppe fasciée (Hupupa epops), le Monticole de roche (Monticola saxatilus), la Fauvette orphée (Sylvia hortensis), le Lézard ocellé (Timon lepidus) et le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus). Quant aux insectes, remarquons la présence ancienne (à actualiser) de trois espèces déterminantes, la punaise Phyllophya laciniata, l’abeille Megachile opacifrons et le Marbré de Lusitanie (Iberochloe tagis bellezina), papillon de jour inféodé aux Iberis à floraison printanière dont sa chenille se nourrit. Elles sont accompagnées par trois espèces remarquables, le Scorpion languedocien (Buthus occitanus) sur les surfaces sablonneuses, la Proserpine (Zerynthia rumina), lépidoptère ouest méditerranéen inféodé à l’Aristoloche pistoloche dans les garrigues ou éboulis et l’Ephippigère provençale (Ephippiger provincialis), grosse sauterelle endémique de Provence rencontrée dans des friches ou en lisière de garrigue.

Commentaires sur la délimitation

·la répartition des populations d’espèces de faune : des aigles de Bonelli nicheurs chassent sur l’ensemble du massif des Calanques. Cette aire de chasse s’étend bien sûr au-delà des limites proposées, mais d’autres critères justifient ces dernières.

·le degré d’artificialisation justifie les limites au nord et au nord-est de la Z.N.I.E.F.F. au niveau des agglomérations de Marseille et de Cassis.

·Certaines formations végétales qui sont absentes (Carici-Crepidetum suffrenianae) ou fragmentaires (Sileno saxifragae-Asplenietum fontani, Genistetum lobelii) sur la Montagne de Marseilleveyre sont bien développées sur les sommets des monts Puget, Carpiagne ou St-Cyr. Il existe donc des influences plus « montagnardes » sur ce massif que sur Marseilleveyre. A l’inverse, la formation à Astragale de Marseille, caractéristique du littoral de Marseilleveyre, est ici absente.