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ZNIEFF 930012552
ROCHER DE ROQUEBRUNE - LES PÉTIGNONS

(n° régional : 83105100)

Commentaires généraux

Commentaire général

La masse imposante de la montagne de Roquebrune, aux rochers rouge brun, derniers contreforts orientaux du massif des Maures domine la plaine de l’Argens.

La grande diversité des milieux offerts sur une petite superficie (parois rocheuses, maquis, gorges, ripisylves et prairies humides) explique la grande richesse biologique rencontrée.

Flore et habitats naturels

Beaux peuplements de Chêne liège avec Myrte et Lentisque aux adrets au bas des pentes. Bois de chênes verts en crêtes et ubacs à Asplenium onopteris et en fonds de vallons à Arisarum. Chênaies liège à papilionacées arbustives en ubac. Ripisylves et prairies au nord du massif. Grand développement des formations hivernales et printanières suintantes de l’Isoetion sur les dalles rocheuses, avec de nombreuses espèces rares comme l’Isoètes de Durieu, la Romulée à petite fleurs, l’Ophioglosse du Portugal, l’Ail petit Moly, la Gagée des rochers. Localement de petites mares cupulaires sont occupées par la Crassule de Vaillant ou l’Elatine (E. macropoda). Ces mêmes rochers, en ambiances plus sèches, portent des groupements thermophiles originaux à Andopogonées (Andopogon distachyos, Heteropogon contortus, Diplachne serotina) et fougères (Cheilanthes spp., Notholaena marantae, Asplenium spp.) avec la petite Violette de Roquebrune, endémique varoise décrite d’ici (Viola roccabrunensis) et souvent des cactus raquettes naturalisés (Opuntia stricta et O. humifusa surtout). Le pied des collines est occupé par des prairies et friches riches en orchidées (Orchis spp., Ophrys spp., Serapias spp.) et des éléments de ripisylve.

Faune

Le Rocher de Roquebrune possède un intérêt faunistique fort, caractérisé par la présence de 39 espèces animales patrimoniales. Parmi elles, 13 espèces sont déterminantes.

L’avifaune nicheuse est tout particulièrement intéressante : huit couples d’Hirondelle rousseline nichent dans cette zone ou à proximité immédiate et venant y chasser ; les falaises d’arkose abritent peut-être un couple nicheur de Faucon pèlerin ; le reste du cortège local comporte ainsi des espèces telles que l’Autour des palombes (1 couple nicheur), le Circaète Jean-le-blanc (1 couple reproducteur), le Faucon hobereau (1 couple nicheur), le Grand-duc d’Europe (1 couple nicheur également), la Chouette chevêche, le Petit-duc scops, le Guêpier d’Europe, le Rollier d'Europe, le Martinet pâle, la bondrée apivore, la Huppe fasciée, le Torcol fourmilier, le Pic épeichette, le Bruant ortolan, le Bruant proyer, le Gobemouche gris, le Monticole bleu. L’herpétofaune est elle représentée par la Cistude d’Europe, abondante et bien répandue dans les oueds et retenues au sud du rocher, la Tortue d’Hermann, avec quelques belles populations, le Lézard ocellé, relativement fréquent localement et le Pélodyte ponctué. Avec la convergence de milieux rupestres, cavernicoles, agricoles et forestiers, ce site présente une très bonne diversité en chiroptères : il s’agit principalement des petits et grand Rhinolophes, du Petit Murin, du Murin de Capaccini, du Murin à oreilles échancrées, de la Barbastelle, du Vespère de Savii, du Molosse de Cestoni, de la Noctule de Leisler, de la pipistrelle de Nathusius et du Minioptère de Schreibers.

L’entomofaune comprend diverses espèces patrimoniales de Neuroptères telles que le Fourmilion géant (Palpares libelluloides), espèce méditerranéenne remarquable, assez commune mais localisée aux steppes et autres formations herbacées maigres et sèches.et l’Ascalaphe loriot (Ascalaphus ictericus), espèce remarquable d’Ascalaphidés, d’affinité ouest-méditerranéenne inféodée aux surfaces avec une strate herbacée haute, des lépidoptères comme le Procris de la vigne (Theresimima ampellophaga), espèce remarquable de lépidoptère zygène, d’affinité méditerranéenne, devenu rare suite à sa forte régression probablement due à l’utilisation de pesticides sur sa plante hôte la vigne (Vitis vinifera), la Thécla de l’arbousier (Callophrys avis), espèce déterminante, rare et localisée, de répartition ouest méditerranéenne, fréquentant les maquis et broussailles où pousse sa plante hôte, et la Diane (Zerynthia polyxena), espèce remarquable et protégée au niveau européen, en régression sur le littoral, localement inféodée aux bordures de cours d’eau et autres zones humides où croît sa plante hôte préférentielle l’Aristoloche à feuilles rondes Aristolochia rotunda. Citons enfin la présence parmi les Araignées de Cyrtarachne ixoides, espèce remarquable en limite d’aire d’Aranéidés, et de Mimetus laevigatus, espèce remarquable en limite d’aire de Mimétidés.

Commentaires sur la délimitation

Logique de massif, de géologie et d’habitats.