ZNIEFF 930012568
PLANS DE CANJUERS

(n° régional : 83100104)

Commentaires généraux

Commentaire général

Grand plan calcaire avec grottes, fissures, dolines et avens qui par le passé pressentait un aspect caractéristique d’agro système de type caussenard. Bonne qualité générale des écosystèmes, relativement peu perturbés par les activités militaires.

Flore et habitats naturels

Ensemble remarquable d’espèces de pelouses bien développées notamment au niveau des dolines.

Nombreuses espèces rares et localisées comme la Pivoine (Paeonia officinalis), la Violette de Jordan ou le Cerfeuil noueux (Viola jordanii, Myrrhoides nodosa) à Lagnes, la Fraxinelle (Dictamnus albus) au Petit Plan et, dans les prés mésophiles, des orchidées nombreuses et diversifiées (Ophrys aurelia …), l’Holostée hérissée (Holosteum umbellatum L. subsp. hirsutum) etc. Quelques pelouses à inondation hivernale permettent notamment le développement de l’Orpin de la Sierra Névada, espèce exceptionnelle et localisée en France à trois secteurs tous inclus dans le Camps de Canjuers.

Faune

Le Plan de Canjuers est une zone dotée d’un grand intérêt faunistique. En effet, il abrite 52 espèces animales patrimoniales dont 22 espèces déterminantes.

Le Loup et le Lynx, carnivores forestiers déterminants à effectifs limités mais aujourd’hui en légère expansion, sont présents dans cette zone. Les autres Mammifères correspondent à des chauves-souris comme le Grand Rhinolophe, le Petit Rhinolophe, la Noctule de Leisler, le Petit Murin, le Vespère de Savi. Les Oiseaux nicheurs se rangent dans un cortège extrêmement riche, intéressant et diversifié, dominé par les espèces de milieux ouverts.

Ces espèces sont : Circaète Jean-le-blanc, Busard cendré, Faucon Hobereau, Caille des blés, Outarde canepetière (principale population reproductrice varoise), Oedicnème criard, Huppe fasciée, Alouette calandre, Alouette calandrelle, Pie grièche à tête rousse, Traquet oreillard, Monticole de roche, Pie grièche écorcheur, Pie grièche méridionale, Pipit rousseline, Bruant proyer, Bruant ortolan). Le Petit duc scops, la Fauvette grisette et la Fauvette orphée nichent aussi ici tout comme des espèces typiquement forestières : Bondrée apivore, Bécasse des bois, Torcol fourmilier.

Le Pélodyte ponctué fréquente les zones humides de ce secteur.

L’entomofaune des Plans de Canjuers confère à ce secteur un intérêt patrimonial de premier ordre, ceci en relation avec la grande diversité des peuplements et la présence d’un grand nombre d’espèces rares qui trouvent ici un refuge à l’abris des pressions exercées par l’activité humaine continue, par exemple la diffusion de pesticides ou la pollution lumineuse. Les cortèges associés aux milieux ouverts sont exceptionnels ; il s’y développe notamment des orthoptères tels que le rare Criquet hérisson (Prionotropis hystrix azami), espèce déterminante, endémique de quelques pelouses, steppes et rocailles xérothermiques de Provence, l’Oedipode occitane (Oedipoda charpentieri), criquet d'affinité ouest-méditerranéenne et steppique dont la Crau (Bouches-du-Rhône) représente un bastion français pour l'espèce et dont le plateau de Canjuers abrite la seule population viable du Var, l'Arcyptère provençale (Arcyptera kheili) grosse espèce à mobilité réduite et endémique de Provence, et le Criquet des Ajoncs (Chorthippus binotatus daimei), sous espèce remarquable propre aux Alpes méridionales et répandu au sud jusqu’au Haut Var, donc en limite d’aire dans notre zone, liée aux landes claires, ainsi que des lépidoptères rhopalocères (papillons de jour), comme le Sablé de la luzerne (Agrodiaetus dolus dolus), espèce déterminante dont la sous-espèce dolus est endémique de Provence et peuple les chênaie claires, lisières et pelouses où croissent ses plante hôtes (des sainfoins, Onobrychis ssp), le Semi Apollon (Parnassius mnemosyne), espèce déterminante et protégée au niveau européen, d'affinité montagnarde et liée à la présence de corydales (Corydalis), qui fréquente les pelouses et les lisières forestières, surtout entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable relicte de l’ère tertiaire, protégée au niveau européen, habitant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude, l'Hespérie de la balotte (Carcharodus baeticus), espèce déterminante d'affinité ouest-méditerranéenne, en régression et affectionnant les pelouses sèches et surfaces pâturées où croissent ses plantes hôtes, en particulier le Marrube commun (Marrubium vulgare), le Moiré provençal (Erebia epistygne), espèce déterminante méditerranéo-montagnarde dont l’aire de répartition ibéro-provençale est morcelée et restreinte, inféodée aux pelouses sèches à fétuques (surtout Festuca cinerea), l’Hermite (Chazara briseis), espèce en forte régression, liée aux milieux très ouverts et secs où croissent ses plantes-hôtes, plusieurs graminées (fétuques et brachypodes), le Louvet (Hyponephele lupina), d’affinité méditerranéo-steppique très localisé et globalement rare et en régression. Citons également un papillon de nuit (hétérocère), la Laineuse du prunellier (Eriogaster catax), espèce européenne remarquable, de la famille des bombyx (Lasiocampidés), protégée au niveau européen, globalement rare, sensible aux pesticides, inféodée à divers habitats pré-forestiers tels que les lisières forestières, bocages et friches. Les espèces patrimoniales de coléoptères peuplent des habitats plus variés, avec le Charançon Pleurodirus aequisextanus, espèce déterminante rare et localisée de Curculionidés, endémique du Bas Languedoc, des Bouches du Rhône, du Var et du Vaucluse, le staphylin Paramaurops varensis, espèce déterminante qui peuple le sol (dite endogée), d’affinité méditerranéenne et endémique des départements du Var et des Alpes Maritimes où elle est bien répandue, le Ropalope lombard (Ropalopus insubricus), espèce déterminante de la famille des longicornes (Cérambycidés), rare, inféodée aux érables, plus rarement aux aulnes et aux frênes, dont sa larve se nourrit du bois, le Purpuricène globuleux (Purpuricenus globulicollis), coléoptère remarquable dont la larve affectionne le bois des branches terminales de feuillus, surtout des érables, et l’Agapanthe de Kirby ou de la molène (Agapanthia kirbyi), espèce remarquable et rare de Cérambycidés d’affinité méditerranéo-montagnarde, dont les larves se développent dans les hampes de Molènes (Verbascum sp.), dans les friches et les pelouses sèches.

Commentaires sur la délimitation

Zone correspondant aux Grand et petit Plans de Canjuers, auquel a été adjoint le Plan de Lagnes, pour des raisons de cohérence des cortèges d’espèces.