ZNIEFF 930012591
MASSIF DE BIOT

(n° régional : 06100115)

Commentaires généraux

Description de la zone
Le Massif de Biot, dont le point culminant se situe au Terme Blanc (193 m), représente la partie actuellement émergée d'un ancien volcan du tertiaire. Il est formé de strates de cinérites, de tufs et de conglomérats andésitiques. Ces roches, différentes de celles de l’Esterel, constituent un premier point d’originalité.

Flore et habitats naturels
Le massif est occupé par une belle lande acidophile où le Ciste de Montpellier et la Bruyère arborescente dominent. Le paysage est parsemé de bosquets de Pins d’Alep et de Chênes verts isolés. Au sein de cette lande s’est constitué un groupement de pelouses humides exceptionnelles, formant le plus vaste Isoetion de France (5 km²). En effet, les cuvettes temporairement inondées sont propices au développement de l'Isoète de Durieu (Isoëtes duriaei) et de tout le cortège végétal associé à ce groupement. Ainsi l’Isoetion de Biot est internationalement célèbre en raison de la concentration, sur une faible surface, d’une telle quantité d’espèces végétales rares : la Romulée de Colonna (Romulea columnae), l'Ophioglosse du Portugal (Ophioglossum lusitanicum), la Canche naine (Molineriella minuta), la Crassulée de Vaillant (Crassula vaillantii). Anciennement présente mais disparue à la suite du comblement de la mare du Terme Blanc où elle se développait, la très rare Pilulaire (P. minuta) n'a pas été revue récemment.

Faune
Dans le massif de Biot, ont été recensées 26 espèces animales d’intérêt patrimonial dont 12 figurent sur la liste des espèces déterminantes.
Le peuplement avien nicheur, ou probablement nicheur, est constitué d’espèces remarquables telles que la Bondrée (apivore Pernis apivorus), d’affinité médioeuropéenne, recherchant les forêts claires de feuillus et les mosaïques de milieux boisés et de milieux ouverts, l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), d’affinité médioeuropéenne, affectionnant les grands massifs forestiers avec des clairières jusqu’à 2 000 m d’altitude, le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), d’affinité méridionale, au régime alimentaire ophiophage, la Chevêche d’Athéna (Athene noctua), espèce de milieux semi ouverts, d’affinité méridionale, en déclin général, la Pie grièche écorcheur (Lanius collurio), le Monticole bleu (Monticola solitarius), le Torcol fourmilier (Jynx torquilla) et la Huppe fasciée (Upupa epops).
Les reptiles et les amphibiens sont représentés par deux espèces déterminantes, le Lézard ocellé (Timon lepidus), espèce des écosystèmes ouverts et semi-ouverts à affinité méditerranéenne et la Tortue d'Hermann (Testudo hermanni), espèce de distribution circumméditerranéenne rare et très localisée en France et deux espèces remarquables le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) et la Grenouille agile (Rana dalmatina). Cette dernière espèce est très localisée dans les Alpes Maritimes. Sa présence sur ce site constitue un enjeu de conservation majeur.
Les chiroptères sont représentés par deux espèces déterminantes : le Minioptère de Schreiber (Miniopterus schreibersii) et le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum).
Les arthropodes d’intérêt patrimoniaux sont représentés par plusieurs cortèges.
Citons la présence du Gloméris à taches fauve (Glomeris guttata), espèce déterminante de "myriapodes" endémique du bassin versant du Var (Alpes Maritimes).
Du côté des coléoptères, deux Curculionidae déterminants ont été observés : Cycloderes artemisiae et Simmeiropsis schoenherri, espèce endémique du littoral varois et des Alpes Maritimes, où elle est rencontrée notamment sur divers lotiers (Lotus sp.) et trèfles (Trifolium sp.), ainsi que la Chrysomèle russe (Chrysolina rossia), espèce remarquable de Chrysomelidae peu répandue en France et se trouvant surtout sur Linaria genistifolia.
Les lépidoptères sont représentés par trois espèces déterminantes : la Nigériane (Araeopteron ecphaea), Erebidae cité pour la première fois en France en 2003, de répartition afrotropicale et méditerranéenne et présente uniquement en Corse et sur le littoral en PACA, la Noctuelle des peucédans (Gortyna borelii), Noctuidae dont la sous-espèce lunata n'est présente en France que dans les pelouses xérophiles calcaricoles des Alpes-Maritimes, du Var et de la Corse, et la Thécla de l'arbousier (Callophrys avis), espèce d'affinité ouest méditérranéenne, liée aux maquis à Arbousier, son unique plante hôte, accompagnées de la Pistachière (Ophiusa tirhaca), autre Erebidae remarquable surtout présente sur le littoral méditerranéen.
A signaler également la présence de l’Ascalaphon du midi (Deleproctophylla dusmeti), espèce déterminante de neuroptères (fourmilions et ascalaphes) qui chasse ses proies en vol au-dessus de milieux arides et très ouverts, du Grand fourmilion (Palpares libelluloides), espèce remarquable de neuroptères, assez commune mais toujours localisée aux steppes et autres formations herbacées maigres et sèches, de la Mante terrestre (Geomantis larvoides), espèce remarquable et peu commune d'affinité ouest méditerranéenne, qui chasse au sol dans les milieux arides, très ouverts et ras, et le Grillon testacé (Eugryllodes pipiens), espèce remarquable ouest méditerranéenne dont la sous espèce provincialis est endémique du sud de la France, qui peuple les pentes rocailleuses et pelouses sèches sur les reliefs exposés.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFF se scinde en trois unités distinctes. La délimitation de la partie de Terme Blanc, les Aspres a été essentiellement dictée par la présence d’habitations. Le zonage vise ainsi à exclure les secteurs urbanisés tels que les Hauts de Vaugrenier ou l'agglomération de Biot.

La délimitation du Cloteirol et de la Serre Vieille a été guidée par la topographie de ces petits massifs.