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ZNIEFF 930012669
MONT SAINT-HONORAT - AIGUILLES DE PÉLENS - TÊTE DE L'ENCOMBRETTE

(n° régional : 06100143)

Commentaires généraux

Description de la zone

Ce territoire de moyenne et de haute montagne est situé au carrefour des domaines biogéographiques alpin et méditerranéen, des étages montagnards et méditerranéens, des secteurs provençal et préligure.

Flore et habitats naturels

Cette zone offre une grande diversité de biotopes. Les formations forestières sont relativement bien représentées. Le secteur de Voya et de Pelens présente de belles forêts collinéennes, montagnardes et subalpines, des pelouses et des landes subalpines et des habitats de rochers et d’éboulis.

Une des grandes originalités de cette znieff est la présence, en limite extrême sud de répartition, de la formation des bas marais arctico alpins du Caricion incurvae (Carex bicolor, Juncus arcticus, Trichophorum pumilum). Notons aussi la présence, quasiment unique dans l'arc alpin (quelques localités proches dans les Alpes de Haute Provence), de l'espèce pyrénéo cantabrique Adonis des pyrénées (Adonis pyrenaica), qui orne les éboulis des environs du Col des Champs, ainsi que la présence des seules populations des Alpes-Maritimes de la rare hépatique Riccia breidleri.

Faune

Ce secteur abrite un cortège faunistique d’un intérêt patrimonial très élevé avec 76 espèces animales patrimoniales présentes. Parmi elles figurent 23 espèces déterminantes.

Au niveau de l’avifaune nicheuse et estivante, on rencontre un cortège riche et diversifié: Aigle royal (Aquila chrysaetos), prestigieux rapace diurne remarquable, actuellement en légère augmentation après avoir fortement régressé, occupant préférentiellement les régions accidentées avec zones rocheuses et étendues forestières, Circaète Jean le blanc (Circaetus gallicus), rapace remarquable d’affinité méridionale, au régime alimentaire ophiophage, Caille des blés (Coturnix coturnix), espèce remarquable des milieux dégagés à végétation herbeuse haute (prairies et cultures notamment), jusqu’à 2 200 m. d’altitude, Lagopède alpin (Lagopus mutus helveticus), espèce avienne remarquable, menacée et en régression, d’origine arctique, relique de l’époque glaciaire dans les Alpes, où elle occupe les reliefs de croupes et de crêtes, fréquemment enneigées et balayées par le vent entre 1 800 et 3 700 m. d’altitude, Tétras lyre (Tetrao tetrix), espèce remarquable assez rare et en léger déclin, d’affinité montagnarde, typique des écotones entre forêts (lisières), prairies, pelouses et landes, entre 1 100 et 2 500 m. d’altitude, Perdrix bartavelle (Alectoris graeca), espèce avienne méridionale de montagne recherchant les versants montagneux ouverts et ensoleillés avec des barres rocheuses entre 1 100 et 2 900 m. d’altitude, semble t il en régression, Grand duc d’Europe (Bubo bubo), espèce remarquable rupicole, qui se nourrit préférentiellement dans les terrains dégagés proches des falaises et autres escarpements rocheux où il niche généralement, jusqu’à 2 600 m. d’altitude, Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), espèce boréo alpine forestière et déterminante, des hêtraies, pessières, cembraies et mélézins, plutôt âgés, jusqu’à 2 300 m. d’altitude, Huppe fasciée (Upupa epops), espèce remarquable de milieux semi ouverts, d’affinité méridionale, en diminution aujourd’hui, Monticole de roche, espèce rupicole remarquable, des terrains accidentés secs, rocailleux et ensoleillés à végétation rase, jusqu’à 2 700 m. d’altitude, Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), espèce remarquable typiquement rupicole et d’affinité montagnarde, peu abondante, liée aux falaises, canyons, gorges et parois rocheuses abruptes, entre 400 et 2900 m. d’altitude, Cincle plongeur (Cinclus cinclus), espèce remarquable, liée aux cours d’eau froids, propres et bien oxygénés, à courant plutôt vif, entre 100 et 2 400 m. d’altitude, Venturon montagnard (Carduelis citrinella), espèce paléomontagnarde remarquable, typique des boisements de conifères semi ouverts (sapinières, pessières, pinèdes et mélézins), proches de prairies, pelouses et pâturages ensoleillés, entre 1 000 et 2 200 m. d’altitude.

Le peuplement mammalogique local est riche, diversifié et essentiellement caractérisé par la présence des espèces intéressantes suivantes: le Bouquetin des Alpes (Capra ibex), espèce déterminante alpine de ruminant, d’intérêt communautaire, très localisée en France où les effectifs de ses populations sont encore assez faibles, affectionnant les zones montagneuses avec éboulis, parois rocheuses, pelouses et arbres épars, entre 2 000 et 3 500 m. d’altitude, le Cerf élaphe (Cervus elaphus), grand ruminant remarquable, aujourd’hui plutôt forestier, en expansion géographique et numérique en France et en région P.A.C.A., présent jusqu’à 2 500 m. d’altitude, le Lièvre variable (Lepus timidus), espèce en régression, relicte de l’époque glaciaire, fréquentant des milieux assez variés (alpages, éboulis, landes, forêts, pelouses, champs, cultures, friches) entre 1 200 à 3 100 m. d’altitude, le Grand Rhinolophe Rhinolophus ferrumequinum, espèce déterminante et menacée, en diminution partout en France, plutôt thermophile mais présent jusqu’à au moins 2 200 m. d’altitude, chassant dans les bocages et les paysages karstiques riches en broussailles, pelouses, pâtures et prairies, souvent proches de l’eau courante ou stagnante, de grottes et d’habitations, le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), espèce remarquable en régression marquée, plutôt thermophile et anthropophile, préférant les milieux boisés clairs sur substrat calcaire qui alternent avec des espaces dégagés, assez rare en montagne mais présent jusqu’à 2 000 m. d’altitude, le Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), espèce cavernicole déterminante, commensale des rhinolophes, localisée et peu fréquente, thermophile et d’affinité méridionale, en régression en France, affectionnant les milieux boisés et buissonnants proches de cavités rocheuses, jusqu’à au moins 1 500 m. d’altitude, la Noctule commune, espèce arboricole et sylvicole remarquable, vulnérable et en voie de raréfaction actuellement, d’affinité médioeuropéenne, plutôt rare dans le tiers méridional de la France, affectionnant les forêts claires et les parcs riches en vieux arbres, présente jusqu’à 2 100 m. d’altitude, la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), espèce remarquable arboricole et forestière, relativement fréquente, présente jusqu’à 2 200 m. d’altitude, plus méridionale et moins rare que la précédente, la Sérotine de Nilsson (Eptesicus nilssoni), espèce nordique déterminante, correspondant à la plus septentrionale des chauves souris, rare et localisée en France et en région P.A.C.A. où elle se trouve en limite d’aire sud occidentale de son aire de répartition, à effectifs faibles et en danger latent, vestige de la faune « froide » et relicte glaciaire, présente jusqu’à 2 300 m d’altitude en montagne (c’est la chauve souris qui monte le plus haut en altitude), notamment dans les bois clairs riches en broussailles, le Vespère de Savi (Hypsugo savii), espèce remarquable rupicole et montagnarde d’affinité méridionale, qui exploite d’une part les milieux forestiers (surtout ceux riverains de l’eau) pour la chasse et d’autre part les milieux rocheux (falaises) pour les gîtes, jusqu’à 2 400 m. d’altitude, le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), espèce rupicole remarquable, rare, à effectifs faibles et donc vulnérable et en danger, thermophile d’affinité méditerranéenne, affectionnant les zones de collines et de montagnes avec falaises, ravins, grottes, constructions, ruines et murailles, jusqu’à 2 500 m. d’altitude. Les amphibiens et les reptiles comprennent notamment le Spélerpès de Strinatii (Speleomantes strinatii), également appelé Hydromante, espèce remarquable peu abondante à répartition très localisée en région P.A.C.A., correspondant à un endémique franco italien présent en France uniquement dans deux départements (Alpes Maritimes essentiellement et Alpes de Haute Provence), recherchant les milieux humides, frais et ombragés (forêts, grottes, cavernes, éboulis) de 0 à 2 400 m. d’altitude et le Lézard ocellé (Timon lepidus), espèce déterminante, présente au sein des versants bénéficiant d’une bonne exposition et à végétation basse jusqu’à 1200 mètres d’altitude.

Quant aux insectes patrimoniaux, citons parmi les espèces les plus intéressantes le Dolichopode dauphinois (Dolichopoda azami), espèce cavernicole remarquable, endémique franco-italienne du sud-ouest des Alpes, assez répandue, troglophile, hygrophile et lucifuge, liée aux grottes, fentes des rochers et autres recoins obscurs et humides, le Gomphocère des moraines (Aeropedellus variegatus), espèce remarquable de criquet d’affinités arctico-alpine et euro-sibérienne, très thermophobe, localisée en France aux Alpes internes (Savoie et Alpes du sud) , où ses populations ne se rencontrent que dans quelques stations relictuelles et isolées de pelouses, cariçaies et éboulis de l’étage subnival, généralement au dessus de 2300 m d’altitude, le Criquet de la Bastide (Chorthippus binotatus daimei), sous-espèce déterminante et endémique de Haute-Provence et des Alpes du sud, peuplant les landes et pelouses des versants montagneux, le bourdon Bombus brodmannicus delmasi dont la sous espèce delmasi est déterminante et endémique des Alpes du sud où il recherche les pentes ensoleillées riches en Cerinthe glabra et C. minor dont il butine les fleurs, et dont la sous espèce nominale ne se trouve qu’au Caucase, le Carabique Laemostenus angustatus, espèce déterminante de coléoptère, troglophile et guanobie, endémique des Alpes franco-italiennes où elle se rencontre presque toujours à haute altitude dans les terriers de mammifères (marmottes notamment), les bergeries obscures, les anfractuosités profondes des rochers, parfois sous les pierres, le Carabique Pterostichus devillei, espèce déterminante de coléoptère de haute altitude, endémique des Alpes-Maritimes et des Alpes de Haute-Provence, et le Carabe de Solier (Carabus solieri), espèce déterminante de coléoptère, protégée en France, endémique des Alpes occidentales et de Ligurie, des pelouses subalpines et lisières forestières aux étages montagnards et subalpins

Les peuplements de lépidoptères diurnes sont diversifiés et très intéressants, citons la Zygène des bugranes (Zygaena hilaris), espèce remarquable d'affinité ibéro-provençale, liée aux pelouses et friches sèches où croît sa plante hôte (Bugrane jaune Ononis natrix), le Semi-apollon (Parnassius mnemosyne), espèce déterminante et protégée au niveau européen, d'affinité montagnarde, liée à la présence de corydales, qui fréquente les pelouses et les lisières forestières, surtout entre 1000 et 2000 mètres d’altitude l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude, le Petit Apollon (Parnassius corybas sacerdos), espèce remarquable et protégée en France, des bords des torrents et autres zones humides des étages subalpin et alpin, dont la chenille est inféodée au Saxifrage faux-aïzoon (Saxifraga aizoides), l’Hespérie du pas-d’âne (Pyrgus cacaliae), espèce remarquable dont la répartition est limitée aux Alpes avec deux isolats en Bulgarie et Roumanie, liée à des potentilles dans les pelouses subalpines, surtout en bordure de zones humides, l’Hespérie des cirses ou de la parcinière (Pyrgus cirsii), espèce remarquable en régression, inféodée aux milieux ouverts et secs, la Piéride de la roquette (Euchloe simplonia), espèce remarquable à aire disjointe des Alpes occidentales, Pyrénées et monts Cantabriques, inféodée aux pelouses subalpines où croissent ses plantes hôtes des Brassicacées, l'Azuré des orpins (Scolitantides orion), espèce remarquable à aire de distribution morcelée, inféodée aux milieux rocheux où croissent les plantes nourricières de sa chenille, des orpins (Sedum), l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion), espèce remarquable et protégée au niveau européen, inféodée aux bois clairs et ensoleillés, pelouses et friches sèches avec présence de ses plantes hôtes, des serpolets et de sa principale fourmi hôte, Myrmica sabuleti, jusqu’à 2400 m d’altitude, l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon rebeli), espèce remarquable et protégée en France, liée aux pelouses et prairies des étages montagnards et subalpins où croît sa plante hôte (Gentiane croisette Gentiana cruciata) et vit sa fourmi hôte (surtout Myrmica schencki), le Moiré piémontais (Erebia aethiopellus), espèce déterminante endémique franco-italienne cantonnée aux Alpes occidentales, inféodée aux pelouses alpines sèches à Fétuque paniculée (Festuca paniculata), le Moiré des pâturins (Erebia melampus), espèce remarquable endémique du massif alpin, rare et localisée au niveau régional, et le Céphalion (Coenonympha gardetta macromma), sous-espèce remarquable de la sous-famille des Satyrinés, endémique du centre et de l’ouest des Alpes, à aire de répartition disjointe, inféodée aux pelouses et fourrés de l’étage subalpin.

Commentaires sur la délimitation

Localisée au Nord-Ouest du département, la znieff est constituée des reliefs limitrophes au département des Alpes de Haute Provence et elle est limitée à l’est par la haute vallée du Var.