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ZNIEFF 930012719
VALLÉE DU RIOU ENTRE LA BATIE ET THORAME-HAUTE - PLAINE DE THORAME

(n° régional : 04127100)

Commentaires généraux

Description

Localisé dans la partie centre est du département des Alpes de Haute Provence, ce site se trouve réparti sur deux communes : Thorame Basse et Thorame Haute. Il occupe la majeure partie du fond de vallée entre les deux chefs lieux.

Sur le plan géologique, le site est constitué pour l’essentiel de marnes noires du Gargasien (Secondaire), dont la plupart se trouve sous forme d’éluvions. Les parties hautes des versants, qui bordent le site au sud, sont constituées d’éboulis actifs. Des alluvions fluviatiles récentes en occupent la partie ouest.

Le site est soumis à un climat de moyenne montagne dans une zone de transition entre les affinités provençales plus sèches et ensoleillées à l'ouest et celles des Alpes Maritimes plus humides et avec nébulosité plus abondante, à l'est.

Le site a son point culminant à 1310 m. Débutant à environ 1050 m d'altitude, il s'inscrit en totalité dans l'étage de végétation montagnard.

Le site se caractérise par des composantes semi bocagères associant des boisements de Pin sylvestre (Pinus sylvestris) et de Chêne pubescent (Quercus humilis), des formations en galerie du bord des eaux à Aulne blanc (Alnus incana) et saules, des landes, des garrigues, des prairies et des cultures.

 

Milieux remarquables

Le site possède deux habitats remarquables : les boisements riverains en galeries d’Aulne blanc (Alnus incana) des rivières montagnardes et submontagnardes des Alpes [all. phyto. Alnion incanae (44.21)] et les prairies mésophiles de fauche, de plaine et de moyenne altitude, à Fromental (Arrhenatherum elatius) [all. phyto. Arrhenatherion elatioris (38.22)].

Il compte également trois autres habitats d’intérêt patrimonial, typiques ou représentatifs avec les prairies sèches méso xérophiles à Brome dressé (Bromus erectus) [all. phyto. Mesobromion erecti (34.3265)], les éboulis thermophiles à Calamagrostis argenté (Achnatherum calamagrostis) [all. phyto. Stipion calamagrostis (61.3)] et les pelouses pionnières calcicoles écorchées sur dalles rocheuses calcaires à Orpins (Sedum pl. sp.) et Joubarbes (Sempervivum pl. sp.) [all. phyto. Alysso alyssoidis Sedion albi (34.1)].

 

Flore

Le site comprend six espèces végétales déterminantes dont deux sont protégées au niveau national : l'Orchis de Spitzel (Orchis spitzelii) et l'Ancolie de Bertoloni (Aquilegia reuteri), superbe renonculacée endémique des Alpes du Sud-Ouest, et une protégée en région Provence Alpes Côte d’Azur : l'Ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum). La Gentiane des marais (Gentiana pneumonanthe), le Cotonéaster de l'Atlas (Cotoneaster nebrodensis) et le Cotonéaster intermédiaire (Cotoneaster x intermedius) sont les trois autres espèces déterminantes connues de ce site.

Par ailleurs, il abrite une espèce remarquable de protection nationale : la Gagée des champs (Gagea villosa).

 

Faune

Quatorze espèces animales patrimoniales, dont cinq sont déterminantes, ont été inventoriées sur ce site.

Au sein de l’avifaune nicheuse locale, citons le Busard cendré (Circus pygargus), rapace remarquable d’affinité steppique méditerranéenne, des milieux ouverts à végétation herbacée plutôt dense et recouvrante.

Chez les mammifères, le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), espèce remarquable en régression marquée, plutôt thermophile et anthropophile et assez rare en montagne, a pu être observée.

Le peuplement entomologique local se distingue par la présence de trois espèces déterminantes, l’Otiorrhynque (Otiorhynchus stomachosus), espèce peu répandue de Coléoptères Curculionidés, endémique des pierriers de l’étage alpin des trois départements sud alpins français, le bourdon Bombus brodmannicus delmasi, dont cette sous-espèce d’Hyménoptères Apidés est endémique des Alpes du sud où elle est liée aux pentes fleuries ensoleillées, riches en Mélinets (Cerinthe glabra et C. minor) dont il butine les fleurs et dont la sous espèce nominale ne se trouve qu’au Caucase, et l'Azuré de la sanguisorbe (Maculinea teleius), espèce  rare et en régression de lépidoptère Lycaenidés, protégée au niveau européen, strictement inféodée aux prairies humides et bordures marécageuses peuplées par la Sanguisorbe officinale et certaines fourmis appartenant au genre Myrmica, notamment Myrmica scabrinodis. 

Quatre autres espèces remarquables de lépidoptères se rencontrent sur le périmètre, l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion), espèce protégée au niveau européen, inféodée aux bois clairs et ensoleillés, pelouses et friches sèches jusqu’à 2400 m d’altitude, avec présence de ses plantes hôtes (des serpolets) et de sa principale fourmi hôte (Myrmica sabuleti), l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon rebeli), espèce protégée en France, liée aux pelouses et prairies des étages montagnards et subalpins où croît sa plante hôte la Gentiane croisette (Gentiana cruciata) et vit sa fourmi hôte (surtout Myrmica schencki), la Thécla du coudrier ou du prunier (Satyrium pruni), espèce d'affinité eurasiatique tempérée, rare et discrète, inféodée par sa chenille au prunellier (Prunus spinosa) et le Grand sylvain (Limenitis populi), Nymphalidé typique des lisières et clairières à Trembles.

Les mollusques sont représentés par Pupilla alpicola, espèce remarquable distribuée dans les Alpes, les Carpates et l’Altaï, relique glaciaire et vivant dans les zones humides calcaires d'altitude et de Columella edentula, espèce de Truncatillinidés peu commune, habitant les habitats humides à très humides.

 

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 2 n'englobe pas de ZNIEFF de type 1.

Commentaires sur la délimitation

Le site intéresse le fond de vallée au sud des villages de Thorame-Haute et Thorame-Basse. Il englobe un complexe de milieux prairiaux, de pelouses sèches, de zones bocagères et de corridors forestiers, comprenant des populations d’espèces à valeur patrimoniale. Les motivations pour la délimitation du site sont d’ordre fonctionnel, de façon à inclure les éléments patrimoniaux. Les limites sont cependant établies au mieux, à partir des repères géographiques ou paysagers les plus marqués, comme le réseau routier et de dessertes, les lisières, talwegs et ruptures de pente, etc.