ZNIEFF 930012731
MASSIF DE LA MONTAGNE DE LA BLANCHE - VALLON DE LA BLANCHE DE LAVERQ - TÊTE DE L'ESTROP - MONTAGNE DE L'UBAC - HAUTE VALLÉE DE LA BLÉONE

(n° régional : 04115100)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans la partie est du département des Hautes Alpes, en limite frontalière avec l'Italie, entre le Briançonnais au nord, la vallée de l'Ubaye au sud et la vallée de la Durance à l'ouest, ce vaste site montagneux correspond à l’essentiel du Parc Naturel Régional du Queyras.

Sa partie occidentale est principalement calcaire avec localement des affleurements de quartzites, alors que la partie orientale du massif est composée des schistes lustrés de la zone piémontaise associés à des affleurements de roches vertes, gabbros, ophiolites, ... Le seul glacier persistant actuellement dans le Queyras est celui d'Asti.

Localisé dans la zone biogéographique intra alpine du Briançonnais Queyras, le site est soumis sur sa majeure partie à un climat montagnard de type continental sec marqué d’influences méditerranéennes. En revanche, sa partie est frontalière avec l’Italie, est fortement soumise aux influences climatiques de la plaine du Pô qui apportent de l’humidité, en particulier dans les secteurs du Haut Guil et de Valpréveyre.

Débutant à l’étage de végétation montagnard à environ 900 m d'altitude, ce très beau site ordonné autour de la vallée du Guil, culmine à 3 387 m au Pics de la Font Sancte. Il s’inscrit dans les étages de végétation montagnard, subalpin et alpin.

Le climat et la géologie du Queyras ont engendré une végétation caractéristique, marquée notamment par :

· l'important développement de formations steppiques en fond de vallée ;

· la remontée en altitude des étages forestiers sur de vastes surfaces (pinèdes thermo xérophiles, mélézeins/cembraies) ;

· d'immenses étendues herbeuses alpines, offrant aux troupeaux des pâturages de très bonne qualité et parsemés de nombreux lacs et bas marais ;

· de nombreux éboulis, d'imposantes crêtes ébouleuses et des falaises abruptes.

La présence de plusieurs lacs d'altitude, des paysages remarquables marqués par le pastoralisme, une opulente richesse écologique et biologique font de ce territoire l'un des joyaux naturalistes des Alpes françaises.

Milieux remarquables

Les dix habitats déterminants que compte le site sont : les forêts fraîches d’ubac sur calcaire à Pin à crochets (Pinus uncinata) ou à Pin sylvestre (Pinus sylvestris) [all. phyto. Erico carneae Pinion sylvestris (42.4212)], les bas marais cryophiles d’altitude des bords de sources et suintements à Laîche des frimas (Carex frigida) [assoc. phyto. Caricetum frigidae (54.28)], les bas marais pionniers arctico alpins à Laîche bicolore (Carex bicolor) [all. phyto. Caricion incurvae (54.3)] habitats d'une très grande valeur patrimoniale, qui apparaissent ponctuellement dans de nombreux secteurs du site où ils possèdent une composition floristique tout à fait caractéristique, les ceintures péri-lacustres des lacs froids et mares d’altitude à Linaigrette de Scheuchzer (Eriophorum scheuchzeri) [assoc. phyto. Eriophoretum scheuchzeri (54.41)], les tourbières de transition [all. phyto. Caricion lasiocarpae (54.5)], habitat particulièrement rare et localisé en région Provence Alpes Côte d’Azur, les cariçaies palustres à Laîche renflée (Carex rostrata) (54.2C) et les éboulis calcaires fins, représentés notamment par des formations à Liondent des montagnes (Leontodon montanus) et à Bérardie laineuse (Berardia subacaulis) [assoc. phyto. Leontodontetum montani (61.2321) et Berardietum lanuginosi (61.2322)].

Les formations végétales d’affinités steppiques constituent également les types d’habitats déterminants, parmi les plus typiques et caractéristiques du site et au plan national. Elles y occupent des surfaces importantes, en fond de vallées. Elles comprennent les pelouses steppiques sub continentales [all. phyto. Stipo capillatae Poion carniolicae (34.31)] constituées de manière très caractéristique, avec l’ensemble de leur cortège floristique enrichi d'espèces végétales d'origine orientale et les mattorals arborescent à Genévrier thurifère (Juniperus thurifera) et à Amelanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis) [assoc. phyto. Amelancherio ovalis Juniperetum thuriferae (32.136)].

Quinze autres habitats remarquables sont présents : les saulaies arctico alpines des bas marais et bords de ruisseaux à Saule arbrisseau (Salix foetida) [all. phyto. Salicion lapponi glaucosericeae (31.6212)], les saulaies arctico alpines des pentes rocheuses froides et humides à Saule soyeux (Salix glaucosericea) [all. phyto. Salicion helveticae (31.6211)], les landes épineuses oro méditerranéennes à Astragale toujours verte (Astragalus sempervirens) [all. phyto. Ononidion cenisiae (31.7E)], les pelouses calcicoles alpines et subalpines à Séslérie bleutée (Sesleria caerulea) et Laîche toujours verte (Carex sempervirens) [all. phyto. Seslerion caeruleae (36.43)], dont certaines sont caractérisées par l’Avoine de Parlatore (Helictotrichon parlatorei) ou l’Avoine des montagnes (Helictotrichon sedenense), les mégaphorbiaies montagnardes et subalpines, formations opulentes de hautes herbes des combes humides et fraîches [all. phyto. Adenostylion alliariae et Calamagrostion villosae (37.8)], les prairies de fauche d’altitude [all. phyto. Triseto flavescentis Polygonion bistortae (38.3)], les mélèzins cembraies ou forêts de Mélèze (Larix decidua) et de Pin cembrot (Pinus cembra) (42.3), les pinèdes intra alpines de Pin sylvestre (Pinus sylvestris) [all. phyto. Ononido rotundifolii Pinion sylvestris (42.53) et Deschampsio flexuosae Pinion sylvestris (42.55)], les sapinières intra alpines [sous all. phyto. Rhododendro ferruginei Abietenion albae (42.133)], les bas marais alcalins à Laîche de Davall (Carex davalliana) [all. phyto. Caricion davallianae (54.23)], les bas marais acides [all. phyto. Caricion fuscae (54.4)], les éboulis siliceux alpins [all. phyto. Androsacion alpinae et Dryopteridion abbreviatae (61.1)], les éboulis calcaires alpins [all. phyto. Thlaspion rotundifolii (61.2)] et les formations végétales des rochers et falaises calcaires [all. phyto. Potentillion caulescentis et Violo biflorae Cystopteridion fragilis (62.15)] et siliceux [all. phyto. Androsacion vandellii et Asplenion septentrionalis (62.2)].

Cinq autres habitats originaux sont à remarquer : les glaciers rocheux (63.2), où la glace, non visible en surface occupe les interstices entre les blocs rocheux qui composent l’essentiel du glacier, les fourrés d'Aulne vert (Alnus alnobetula) (31.61)] rares et localisés dans le Queyras et qui témoignent de situations particulièrement fraîches dans les sites soumis régulièrement aux avalanches, et les landines riches en lichens à Airelle bleue (Vaccinium uliginosum) et Azalée naine (Loiseleuria procumbens) [all. phyto. Loiseleurio procumbentis Vaccinion microphylli (31.41)], établies au niveau des crêtes ventées et froides, qui rappellent les origines artico alpines d’une partie de la végétation des Alpes et les prairies sèches méso xérophiles à Brome dressé (Bromus erectus) [all. phyto. Mesobromion erecti (34.3265)] et les landes sèches d’adret à Genévrier sabine (Juniperus sabina) [sous all. phyto. Berberido vulgaris Juniperenion sabinae (31.43)], éléments de dynamique succédant aux pelouses sèches.

Flore

La flore du site est d’une très grande valeur patrimoniale et recèle de nombreuses espèces rares, protégées ou remarquables. Il abrite 84 espèces déterminantes, dont 29 sont protégées au niveau national : l'Ail dressé (Allium lineare), le Cystoptéris des montagnes (Cystopteris montana), fougère plus fréquente dans les Alpes du Nord, n’occupant que de rares stations dans les Alpes du Sud où elle affectionne les chaos de blocs, la Tofieldie boréale (Tofieldia pusilla), le Panicaut des Alpes (Eryngium alpinum), l'Orchis de Spitzel (Orchis spitzelii), le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), orchidée typique des hêtraies sèches et hêtraies pinèdes sylvestres, l'Epipogon sans feuilles (Epipogium aphyllum), rare orchidée forestière des boisements montagnards denses et ombragés, l'Inule variable (Inula bifrons), composée à fleurs jaunes des lisières et broussailles sèches, le Cirse d'Allioni (Cirsium alsophilum), chardon dont il s’agit ici de l’une des rares stations départementales, l'Aster amelle (Aster amellus), astéracée à floraison automnale affectionnant les pelouses sèches et les lisières forestières se trouvant en voie de raréfaction généralisée en France, la Nonnée brune (Nonea erecta), le Pastel des Alpes (Isatis alpina), crucifère des éboulis à endémisme très restreint, localisée au pourtour du Mont Viso, la Primevère de Haller (Primula halleri), l'Androsace des Alpes (Androsace alpina), l'Androsace de Suisse (Androsace helvetica), l'Androsace pubescente (Androsace pubescens), l'Androsace de Vandelli (Androsace vandellii), (Astragalus alopecurus, (Dracocephalum austriacum), lamiacée inféodée aux rocailles et pelouses steppiques, rarissime en France, le Saule à feuilles de myrte (Salix breviserrata), le Saule de Suisse (Salix helvetica), la Violette à feuilles pennées (Viola pinnata), le Choin ferrugineux (Schoenus ferrugineus), la Laîche faux Pied d'oiseau (Carex ornithopoda subsp. ornithopodioides), la Laîche brun noirâtre (Carex atrofusca), la Laîche bicolore (Carex bicolor), la Laîche à petite arête (Carex microglochin), toutes trois rares cypéracées des marécages arctico alpins froids d’altitude, l'Avoine odorante (Hierochloe odorata), et le Saxifrage du Pays de Vaud (Saxifraga valdensis). Vingt-cinq autres espèces déterminantes sont protégées en Provence Alpes Côte d’Azur : la Renoncule à feuilles de parnassie (Ranunculus parnassifolius subsp. heterocarpus), la Gymnadenie odorante (Gymnadenia odoratissima), la Listère en forme de cœur (Neottia cordata), orchidée forestière de montagne, le Dactylorhize couleur de sang (Dactylorhiza incarnata subsp. cruenta), l'Orchis nain des Alpes (Chamorchis alpina), l'Orchis de Traunsteiner (Dactylorhiza traunsteineri), la Saussurée discolore (Saussurea discolor), la Bardanette réfléchie (Hackelia deflexa), la Cardamine de Plumier (Cardamine plumieri), la Drave des bois (Draba nemorosa), la Sabline de Clemente (Minuartia rupestris subsp. clementei), la Pyrole moyenne (Pyrola media), l'Azalée naine (Kalmia procumbens), l'Androsace septentrionalis (Androsace septentrionalis), la Violette des collines (Viola collina), la Laîche à deux étamines (Carex diandra), la Laîche fimbriée (Carex fimbriata), le Jonc arctique (Juncus arcticus), le Pâturin vert glauque (Poa glauca), le Pâturin hybride (Poa hybrida), le Trisète en épi à panicule ovale (Trisetum spicatum subsp. ovatipaniculatum), la Potentille des marais (Comarum palustris), la Fraxinelle blanche (Dictamnus albus), le Saxifrage à deux fleurs (Saxifraga biflora) et le Saxifrage fausse diapensie (Saxifraga diapensioides). Les trente autres espèces déterminantes de ce site sont : l'Aster linosyris (Galatella linosyris var. linosyris), l'Orcanette vaudoise (Onosma helvetica), le Buplèvre des Alpes (Bupleurum alpigenum), l'Orchis musc (Herminium monorchis), l'Armoise noirâtre (Artemisia atrata), le Chardon bardane (Carduus personata), le Cirse faux hélénium (Cirsium heterophyllum), la Campanule de Bologne (Campanula bononiensis), la Campanule en thyrse (Campanula thyrsoides), la Passerage de Villars (Lepidium villarsii), le Silène de nuit (Silene noctiflora), le Raisin d'ours des Alpes (Arctostaphylos alpinus), le Sainfoin de Briançon (Hedysarum brigantiacum), l'Astragale d'Autriche (Astragalus austriacus) , la Gentiane asclépiade (Gentiana asclepiadea), le Gaillet grêle (Galium aparine subsp. tenerum), le Streptope à feuilles embrassantes (Streptopus amplexifolius), le Saule à feuilles étroites (Salix repens), dont la présence sur le site serait à confirmer, le Scirpe de Hudson (Trichophorum alpinum), la Laîche très noire (Carex atrata var. aterrima), la Luzule du Piémont (Luzula pedemontana), l'Oréochlora fausse seslérie (Oreochloa seslerioides), la Calamagrostide velue (Calamagrostis villosa), la Pulsatille des montagnes (Anemone montana), la Renoncule à feuilles de Rue (Callianthemum coriandrifolium), le Pied d'alouette douteux (Delphinium dubium), la Potentille inclinée (Potentilla inclinata), le Cotonéaster de l'Atlas (Cotoneaster nebrodensis), le Cotonéaster intermédiaire (Cotoneaster x intermedius) et le Saxifrage à tige dressée (Saxifraga adscendens).

Il abrite également 17 espèces remarquables dont sept sont protégées au niveau national, parmis elles : la Bérardie laineuse (Berardia subacaulis), la Primevère marginée (Primula marginata), ou encore la Gagée jaune (Gagea lutea).

Faune

Ce site présente un intérêt faunistique exceptionnel avec la présence de plus de 90 espèces animales patrimoniales, dont 38 déterminantes.

Le cortège avien nicheur comprend des espèces telles que l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), ainsi que deux rapaces charognards déterminants qui fréquentent le Queyras pour leur alimentation, le Vautour fauve (Gyps fulvus), et le Gypaète barbus (Gypaetus barbatus) qui vient lui en voisin puisqu’il niche dans la vallée de l’Ubaye où il a été réintroduit avec succès. Notons également le Tétras lyre (Tetrao tetrix), le Lagopède alpin (Lagopus muta), la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) et la Chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum). On peut noter la présence d’autres espèces remarquables comme le Monticole de roche (Monticola saxatilis), le Grand-duc d’Europe (Bubo bubo), la Fauvette orphée (Sylvia hortensis), ou encore la Niverolle alpine (Montifringilla nivalis).

Chez les mammifères d’intérêt patrimonial, mentionnons la présence du Petit Murin (Myotis blythii) espèce déterminante thermophile occupant des cavités souterraines ou bâtis en reproduction et chassant en milieux ouverts, de l'Oreillard montagnard (Plecotus macrobullaris), de la Sérotine de Nilsson (Eptesicus nilssonii), espèce rare et déterminante, très localisée dans le nord de la région où elle est contactée au-dessus de 1 400 m d'altitude, du Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), du Vespère de Savi (Hypsugo savii), la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), du Loup (Canis lupus), du Bouquetin des Alpes (Capra ibex), déterminant d’affinité montagnarde et d’intérêt communautaire, du Cerf élaphe (Cervus elaphus), du Lièvre variable (Lepus timidus), et de la Crossope de Miller (Neomys anomalus), espèce déterminante de musaraigne, à aire de distribution disjointe limitée à certains massifs montagneux d’Europe, plutôt liée aux zones humides d’altitude.

Les amphibiens sont représentés par la Salamandre de Lanza (Salamandra lanzai), espèce déterminante et rare, endémique du sud-ouest de l’arc alpin, habitant les pelouses alpines humides proches de ruisseaux ainsi que les talus et pentes caillouteuses et herbeuses.

Du côté des reptiles notons la présence du Lézard des souches (Lacerta agilis), espèce remarquable, présent essentiellement en alpages dans la région, le Lézard vivipare (Zootoca vivipara), autre espèce remarquable de répartition plutôt septentrionale et qui ne se rencontre qu’en altitude dans la région ou encore la Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus).

Le cortège entomologique est particulièrement riche et diversifié.

Les lépidoptères sont représentés par huit espèces déterminantes : l’Hespérie rhétique (Pyrgus warrenensis), espèce très rare, endémique des Alpes, occupant certaines pelouses subalpines et alpines, le Solitaire (Colias palaeno europomene), espèce protégée en France, dont cette sous espèce est endémique des Alpes internes, inféodée aux landes à Ericacées et biotopes marécageux, l’Alexanor (Papilio alexanor), espèce protégée au niveau européen, rare et peu abondante, d’affinité méditerranéomontagnarde et propre aux régions accidentées et ensoleillées jusqu’à 1 700 m d’altitude, le Semi apollon (Parnassius mnemosyne), espèce protégée liée à la présence de corydales, qui fréquente les pelouses et les lisières forestières, le Moiré piémontais (Erebia aethiopellus), endémique franco-italien cantonné aux Alpes occidentales, inféodé aux pelouses alpines sèches à Fétuque paniculée (Festuca paniculata), le Moiré provençal (Erebia epistygne), espèce méditerranéo montagnarde, inféodée aux pelouses sèches à Fétuque cendrée Festuca cinerea, l’Isabelle (Actias isabellae), espèce emblématique des Alpes du sud, protégée au niveau européen, de répartition ouest méditerranéenne morcelée, principalement inféodée aux peuplements de Pin sylvestre des versants abrités entre 600 et 1 800 mètres d’altitude, le Sphinx de l’Argousier (Hyles hippophaes), espèce crépusculaire et nocturne de Sphingidés, extrêmement localisée et protégée au niveau européen, strictement inféodée aux régions caillouteuses, bords des torrents et des rivières où pousse l’Argousier. Elles sont accompagnées d’un grand nombre d’espèces remarquables dont la Piéride de la roquette (Euchloe simplonia), l'Hespérie des frimas (Pyrgus andromedae), ou encore l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion).

Du côté des orthoptères, une espèce déterminante est présente, l'Analote du Queyras (Anonconotus baracunensis), sauterelle aux ailes atrophiées endémique des pelouses alpines du Queyras et plusieurs espèces remarquables comme le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), le Sténobothre alpin (Stenobothrus rubicundulus), ou la Miramelle piémontaise (Epipodisma pedemontana).

Un hyménoptère déterminant est également présent dans la zone, le Bourdon Bombus brodmannicus delmasi, dont cette sous espèce est endémique des Alpes du sud où il fréquente les pentes fleuries ensoleillées, riches en Cerinthe glabra et C. minor dont il butine les fleurs.

Les coléoptères sont représentés par le Cardinal triste (Pytho depressus), espèce déterminante ouest-paléarctique, prédatrice sous-corticale dans les conifères morts des forêts de haute montagne en France, où elle est rare et cantonnée aux vieux boisements, le Salpingidae Sphaeriestes bimaculatus, espèce déterminante boréo-alpine cantonnée en France aux forêts de pins de l'étage subalpin où elle est très rare et localisée, le longicorne Cornumutila lineata, espèce déterminante liée au bois mort des blessures du tronc et des branches sommitales dans les forêts de conifères des montagnes européennes, extrêmement rare en France où elle est connue uniquement dans le Queyras, l'Acméops marginé (Acmaeops marginatus), espèce déterminante de Cerambycidae eurasiatique liée en France aux conifères blessés des forêts de montagne, très localisée et jamais abondante, l'Acanthocine réticuleux (Acanthocinus reticulatus), espèce déterminante rare de Cerambycidae à répartition européenne où elle colonise les sapinières matures froides et humides, sa larve se développant dans les troncs de gros diamètre, le Charançon Dichotrachelus alpestris, Curculionidé déterminant, endémique des trois départements alpins de la région, où, on le rencontre entre 2 000 et 3 000 m d’altitude. Un riche cortège d’espèces remarquable est présent abritant : l'Acméops septentrional (Acmaeops septentrionis), la Callidie bronzée (Callidium aeneum), la Callidie violacée (Callidium violaceum), le Salpingidae Colposis mutilatus, l'Eucnemidae Epiphanis cornutus, le longicorne Etorufus pubescens, le longicorne Evodinus clathratus le longicorne Glaphyra marmottani, le longicorne Judolia sexmaculata, le longicorne Tetropium fuscum.

Du côté des hémiptères citons la présence de deux espèces déterminantes la Punaise Myrmedobia exilis, gravement menacée d’extinction, correspondant à une espèce boréo alpine, localisée dans la région aux Hautes-Alpes et aux Alpes de Haute Provence, qui se rencontre dans les touffes de mousses des bois de conifères) et la Punaise du Pin cembro (Pachypterna fieberi), rare et localisée, signalée en France uniquement dans le département des Hautes-Alpes.

Les mollusques Gastéropodes sont quant à eux représentés par le Maillot des hêtraies (Pagodulina subdola), escargot déterminant, distribué sur la bordure sud des Alpes centrales, présent en France seulement dans les départements alpins de la région PACA, l’Hélice du Queyras (Arianta arbustorum repellini), espèce déterminante et subendémique, la Clausilie Charpentieria thomasiana emeria, l'Hélicon des granites (Chilostoma zonatum), gastéropode d'altitude déterminant et subendémique alpin, qui se trouve sur substrat acide en montagne, du Mercantour jusqu'en Vanoise, ou encore des espèces remarquables comme le Maillot des rochers (Pupilla sterrii), la Limace Phenacolimax stabilei et l’Ambrette des sables (Quickella arenaria).

Enfin, un crustacé peut être cité, le Cloporte remarquable Tiroloscia exigua, représentant des Isopodes.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette très vaste ZNIEFF de type 2 englobe 17 ZNIEFF de type 1 : « Versant ubac du Riou Vert », « Montagne de Furfande – vallon de Clapouse – bois du Devez », « Forêt de Marassan – Bois de Jassaygue et boisements à l’ubac d’Abriès », « Bas du versant adret et milieux steppiques de Château-Queyras à Abriès », « Versant de Saint-Véran – crêtes du pic Caramantran et de la Tête des Toillies – Tête de Longet », « Bois des Eysselières – bois de Jalavez », « Versants adrets du col d’Izoard et du pic de Rochebrune – Vallon de Clapeyto – Lacs du col de Néal », « Lac-tourbière de Roue », « Vallon et réserve communale du Val d’Escreins », « Vallée du haut Guil – Mont Viso – lacs Foréant, Baricle et Egorgéou », «Vallon et montagne du Malrif   lacs du Malrif» ; «Tête du Pelvas   Valpreveyre   crête des Gardioles   bois de Mamozel, de la Brune, Noir et de l'Issartin» ; «Bas du versant adret et coteaux steppiques d'Abriès à la Monta», « Gorges du Guil – combe du Queyras et milieux steppiques de Mont-Dauphin à Château-Queyras », « Vallon du col Agnel – Adret du grand Queyras et ubac du pic Caramantran », « Cirque et lac Sainte-Anne – Lacs des Rouites », « Versant adret du sommet d’Assan ou pic de Guillestre, des gorges du Guil à Ceillac ».

Commentaires sur la délimitation

Le site intéresse un important complexe montagneux centré autour de la vallée de la Blanche de Lavercq. Si les motivations de la délimitation de cette ZNIEFF sont avant tout d’ordre fonctionnel, de façon à inclure des habitats et populations d’espèces à forte valeur patrimoniale, le positionnement de ses limites est établi au mieux sur des repères visuels marqués et sur des éléments topographiques ou géographiques importants : ruptures de pentes, talwegs, crêtes secondaires, réseau routier local, dessertes, lisières, etc.