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ZNIEFF 930012734
LAC-TOURBIÈRE DE SAINT-LÉGER

(n° régional : 04100123)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans la partie centre-nord du département des Alpes-de-Haute-Provence, sur la commune de Monclar, ce site se localise à quelques kilomètres au sud du lac de retenue de Serre-Ponçon.

Il correspond au lac-tourbière de Saint-Léger, installé dans une petite dépression, un peu au nord-ouest du col Saint-Jean.

Le substrat géologique est constitué d’une accumulation de tourbe, qui repose sur des terrains glaciaires récents d’âge Quaternaire.

Positionné dans la zone biogéographique des Alpes intermédiaires des Alpes-de-Haute-Provence, le site est soumis à un climat de moyenne montagne de type continental, teinté d’influences supra-méditerranéennes.

Réparti entre 1 300 m et 1 350 m, le site est inclus dans l’étage de végétation montagnard.

Sa végétation est constituée d’un complexe de communautés végétales hygrophiles et de milieux humides disposés en ceinture autour du lac de Saint-Léger et particulièrement original pour la région.

Milieux naturels

La végétation du site, renommée pour son lac-tourbière, comprend quatre habitats déterminants liés aux milieux humides, palustres et tourbeux, d’une grande rareté dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce sont : les cariçaies palustres à Laîche renflée (Carex rostrata) (54.2C), les tourbières de transition à Laîche à fruits velus (Carex lasiocarpa) [all. phyto. Caricion lasiocarpae (54.5)], les cuvettes à Laîche des bourbiers (Carex limosa) (51.121) et les herbiers aquatiques à feuilles flottantes de Nénuphar blanc (Nymphaea alba) [all. phyto. Nymphaeion albae (22.431)], dont il s’agit ici de la seule localité du département des Alpes-de-Haute-Provence et l’une des rares de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un autre habitat remarquable est présent avec les bas-marais alcalins à Laîche de Davall (Carex davalliana) [all. phyto. Caricion davallianae (54.23)].

Le site compte en outre, un autre habitat d’intérêt patrimonial marqué, constitué par les prairies humides oligotrophes à Molinie bleutée (Molinia caerulea) [all. phyto. Molinion caeruleae (37.3)].

Flore

La flore du site, d’une grande originalité pour la région Provence Alpes Côte d’Azur, comprend sept espèces végétales déterminantes, toutes liées aux milieux humides. Deux d’entre elles sont protégées au niveau national : la Laîche des tourbières (Carex limosa), rare cypéracée caractéristique des tourbières et bas-marais tremblants et Choin ferrugineux (Schoenus ferrugineus), et trois sont protégées en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur : la Pédiculaire des marais (Pedicularis palustris), la Laîche à deux étamines (Carex diandra), rare cypéracée caractéristique des tourbières et bas-marais tremblants, et la Laîche à fruits velus (Carex lasiocarpa), rare cypéracée caractéristique des tourbières et bas-marais tremblants. La Gentiane des marais (Gentiana pneumonanthe) et l'Utriculaire citrine (Utricularia australis) constituent les deux autres espèces déterminantes du site.

Faune

En l’état actuel des connaissances, treize espèces patrimoniales animales sont signalées du périmètre, dont une seule espèce déterminante.

Les peuplements d’insectes sont très intéressants car ils abritent une espèce emblématique des zones humides, l'Azuré de la sanguisorbe (Maculinea teleius), espèce déterminante de lépidoptère, rare et en régression, protégée au niveau européen, strictement inféodée aux prairies humides et bordures marécageuses peuplées par sa plante hôte la Sanguisorbe officinale et ses fourmis hôtes du genre Myrmica (notamment Myrmica scabrinodis). D’autres espèces remarquables de lépidoptères sont signalées, l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon rebeli), espèce protégée en France, liée aux pelouses et prairies des étages montagnards et subalpins où croît sa plante hôte la Gentiane croisette (Gentiana cruciata) et vit sa fourmi hôte (surtout Myrmica schencki) et l’Hespérie des cirses (Pyrgus cirsii), espèce d’Hespéridés en régression, inféodée aux milieux ouverts et secs.

Les coléoptères patrimoniaux sont représentés par le Géotrupe (Trypocopris vernalis), espèce remarquable des pelouses et prairies pâturées, localement commune dans les Alpes mais sensible aux traitements chimiques antiparasitaires des troupeaux. Dans la ceinture marécageuse du Lac, se trouve une espèce remarquable d’orthoptère, le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), espèce remarquable d'affinité eurosibérienne, en forte régression en dehors des Alpes, strictement liée aux prairies très humides et surfaces marécageuses.

Le cortège d’odonates est diversifié et comporte un intérêt particulier de part la présence de quatre espèces remarquables, soit l'Agrion joli (Coenagrion pulchellum), odonate Zygoptères (Demoiselles) inféodé à divers milieux stagnants mais en forte régression et le Leste des bois (Lestes dryas), odonate Zygoptères (Demoiselles) en limite d'aire méridionale dans les Alpes du sud, localisé et inféodé aux pièces d'eau temporaires, la Cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata), espèce rare et en limite d'aire méridionale dans les Alpes du sud et le Sympétrum vulgaire (Sympetrum vulgatum), espèce rare et en régression en région PACA, où elle se trouve en limite méridionale de son aire de répartition.

Concernant les oiseaux notons la reproduction du Fuligule morillon (Aythya fuligula), anatidé remarquable, nicheur rare et localisé en PACA sur quelques petits plans d’eau des Alpes du Sud, La Pie-grièche écorcheur (Lanius colurio), également remarquable, est nicheuse dans les fourrés entourant la zone humide.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 n’est pas incluse dans une ZNIEFF de type 2.

Cette zone humide entretient des relations et des échanges avec les autres zones humides proches ou plus éloignées. C’est en particulier une halte appréciée pour les oiseaux migrateurs inféodés à ce type de milieux.

Ce complexe très original de milieux humides entretient des relations étroites avec le bassin versant. Une tendance à l’eutrophisation est actuellement constatée. Il convient donc de veiller à maintenir un mode d’exploitation limitant les apports d’azote sur le bassin versant proche de la tourbière et de ne pas modifier le régime hydrique du bassin versant.

De plus les radeaux flottants péri-lacustres sont fragiles et peuvent souffrir du piétinement et de la fréquentation. Celle-ci doit donc être maîtrisée.

Commentaires sur la délimitation

Ce petit site englobe un petit lac-tourbière et ses bordures palustres. Ses limites comprennent sa bordure périphérique immédiate et incluent le fond de la cuvette, où est établie cette zone humide. Elles se calent sur les dessertes locales, qui bordent au sud et à l’est le site et sur les éléments topographiques les plus remarquables.