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ZNIEFF 930012758
FORÊT DE MARASSAN - BOIS DE JASSAYGUE ET BOISEMENTS À L'UBAC D'ABRIÈS

(n° régional : 05108130)

Commentaires généraux

Description

Localisé dans la partie est du département des Hautes-Alpes, en rive gauche du Guil, le site est établi sur le secteur est du Parc Naturel Régional du Queyras,.

Il se situe dans la partie orientale principalement schisteuse (schistes lustrés de la zone piémontaise) du massif.

Localisé dans la zone biogéographique intra-alpine du Briançonnais-Queyras, il est soumis à un climat montagnard de type continental sec. Toutefois les influences climatiques de la Plaine du Pô apportent une certaine humidité, en particulier pendant la période estivale.

Débutant à l’étage de végétation montagnard supérieur à environ 1500 m d'altitude, le site qui culmine à 2868 m sur les crêtes de la Lauze, est représenté essentiellement par les étages de végétation subalpin et alpin.

Dominée par une crête ébouleuse, il est caractérisé par une vaste forêt de mélèzes et l'une des plus belles cembraies des Alpes françaises. La forêt frôle ici les cimes, en atteignant environ 2550 m d'altitude, record partagé avec quelques autres massifs forestiers dans les régions voisines du Queyras.

Milieux remarquables

Six habitats remarquables sont présents : les saulaies arctico-alpines des bas-marais et bords de ruisseaux à Saule arbrisseau (Salix foetida) [all. phyto. Salicion lapponi-glaucosericeae (31.6212)] et des saulaies arctico-alpines des pentes rocheuses froides et humides à Saule soyeux (Salix glaucosericea) [all. phyto. Salicion helveticae (31.6211)], les mégaphorbiaies montagnardes et subalpines, formations opulentes de hautes herbes des combes humides et fraîches [all. phyto. Adenostylion alliariae et Calamagrostion villosae (37.8)], les prairies de fauche d’altitude [all. phyto. Triseto flavescentis-Polygonion bistortae (38.3)], les mélèzins-cembraies ou forêts de Mélèze (Larix decidua) et de Pin cembrot (Pinus cembra) (42.3), qui comportent des arbres très âgés (plus de 600 ans) et connaissent une forte régénération naturelle malgré l'altitude, les éboulis siliceux alpins [all. phyto. Androsacion alpinae et Dryopteridion abbreviatae (61.1)] et les formations végétales des rochers et falaises calcaires [all. phyto. Potentillion caulescentis et Violo biflorae-Cystopteridion fragilis (62.15)].

Deux autres habitats originaux méritent d’être signalés : des îlots de fourrés d’Aulne vert (Alnus alnobetula) [all. phyto. Alnion viridis (31.611)], témoignant de situations particulièrement fraîches grace aux influences climatiques padanes et soumises régulièrement à un rajeunissement par les avalanches et coulées de neige, répartis dans la partie est du mélézein (habitat anciennement cité, mais non revu récemment) et des lentilles de Sapinières intra-alpines [sous-all. phyto. Rhododendro ferruginei-Abietenion albae (42.133)] réparties dans la partie nord du mélézein.

Flore

La flore du site est d’une grande valeur patrimoniale et recèle de nombreuses espèces végétales. Sept espèces végétales déterminantes sont présentes, dont deux sont protégées au niveau national : l'Astragale queue de renard des Alpes (Astragalus alopecurus), fabacée atteignant 1 m de hauteur, à floraison spectaculaire, affectionnant les pelouses et landes d’affinités steppiques et la Laîche bicolore (Carex bicolor), rare cypéracée des marécages arctico-alpins froids d’altitude. Une espèce déterminante est protégée en Provence-Alpes-Côte-d’Azur : l'Androsace septentrionalis (Androsace septentrionalis). Les autres espèces déterminantes du site sont : le Buplèvre des Alpes (Bupleurum alpigenum), grand buplèvre localisé en France à la haute-vallée de la Durance et au Queyras, où il occupe les prairies de fauche, mégaphorbiaies et lisières forestières fraîches, le Sainfoin de Briançon (Hedysarum brigantiacum), légumineuse récemment décrite, la Calamagrostide velue (Calamagrostis villosa), graminée associée aux mégaphorbiaies et forêts subalpines de conifères en situations fraîches, sur substrats acides et le Pied-d'alouette douteux (Delphinium dubium), spectaculaire renonculacée des mégaphorbiaies subalpines, des aulnaies vertes et des prairies fraiches.

Il abrite également trois espèces remarquables dont une est protégée au niveau national : la Primevère marginée (Primula marginata), spectaculaire plante des parois calcaires. Une autre protégée en provence-Alpes-Côte-d’Azur : la Minuartie des rochers (Minuartia rupestris subsp. rupestris). Le Genépi noir (Artemisia genipi) est la dernière espèce remarquable de ce site.

Faune

Le site héberge un patrimoine faunistique d’un intérêt patrimonial relativement élevé. Il compte pas moins de treize espèces animales patrimoniales, dont deux espèces déterminantes.

Chez les mammifères notons le Lièvre variable (Lepus timidus), espèce discrète et parfaitement adaptée à la montagne.

Les Oiseaux nicheurs comprennent plusieurs espèces d’intérêt patrimonial : Aigle royal (Aquila chrysaetos), Autour des palombes (Accipiter gentilis), Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus), Tétras lyre (Tetrao tetrix), espèce remarquable fragile, emblématique des Alpes, Lagopède alpin (Lagopus mutus), espèce remarquable menacée et en régression, d’origine arctique, relique de l’époque glaciaire dans les Alpes, où elle occupe les reliefs de croupes et de crêtes, fréquemment enneigées et balayées par le vent, Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), espèce boréo-alpine forestière et déterminante, des hêtraies, pessières, cembraies et mélézins, Chevêchette d’Europe (Glaucidium passerinum), espèce euro-sibérienne déterminante et rare de la taïga et des forêts claires de résineux dans les Alpes (mélézins, sapinières, pessières, cembraies), Grand-duc d’Europe (Bubo bubo), Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), nicheur remarquable peu fréquent, inféodé aux alpages où il vient s’alimenter situés à proximité de falaises où il niche, Venturon montagnard (Serinus citrinella), espèce paléomontagnarde remarquable, typique des boisements de conifères semi-ouverts, Niverolle alpine (Montifringilla nivalis), espèce paléomontagnarde remarquable, caractéristique des pelouses avec escarpements rocheux des étages alpin et subnival des massifs montagneux les plus élevés.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_108_100 - Vallées et Parc Naturel Régional du Queyras - val d'Escreins».

Sa position à flanc de versant et à la confluence géographique de plusieurs vallées (le Roux d'Abriès, le Haut-Guil, la partie médiane de la vallée du Guil, les vallons de Peynin et de Ségure) lui confère de nombreuses relations fonctionnelles avec les vallons voisins et leurs écosystèmes.

Il s’inscrit, par ailleurs, dans le système forestier fonctionnel comprenant les vastes étendues boisées qui bordent le versant ubac de la vallée du Guil.

La station de ski d'Aiguilles s'étend jusque dans la partie amont du site et des projets d'extension envisagent une liaison avec le village d'Abriès au travers de la forêt de Marassan. La partie sud du col de la Lauze connaît une artificialisation de la végétation et du paysage par un remodelage localisé de l'alpage et une pollution ponctuelle par des hydrocarbures (remontées mécaniques, engins).

Signalons l'attrait du Genépi noir (Artemisia genipi) et du Genépi des glaciers (Artemisia glacialis) sur les éboulis de calcschistes à des fins de récoltes privées. Cela peut aboutir ponctuellement à des arrachages excessifs de ces plantes et à une érosion accélérée du sol par les déplacements répétitifs des cueilleurs.

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site englobent un système forestier de haute valeur patrimoniale établi sur un versant d’ubac. Le périmètre suit des éléments majeurs de la topographie composés de crêtes et talwegs ainsi que des repères géographiques importants.