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ZNIEFF 930020100
MARAIS DE PENTE ET ZONES HUMIDES DU VALLON DU GÂ - PLAQUEJOUE - LES COMBETTES - LES VOURZILLAS

(n° régional : 05101101)

Commentaires généraux

Description

Localisé dans le nord du département des Hautes-Alpes, sur le bassin de la haute vallée de la Romanche, le site est établi dans le vallon du Gâ, en amont du village du Chazelet, sur la commune de La Grave, entre 1820 et 2170 m d’altitude.

Le vallon du Gâ est composé pour l’essentiel de roches sédimentaires (calcaires du Jurassique moyen et schistes marno-calcaires du Lias) facilement remodelées par l’érosion sous formes de reliefs adoucis aux pentes molles ou parfois d’arrachements soumis à des processus de ravinement important. Les ruissellements de surface sont donc fortement à assez fortement minéralisés et ont créé une succession de complexes marécageux sur les replats et au niveau des dépressions plus ou moins imperméabilisées par des dépôts argileux glaciaires post récents du Würm.

Situé en limite biogéographique, sur la bordure ouest de la zone intra-alpine et à la transition entre Alpes du Nord et Alpes du Sud, le site est inclus dans l’étage de végétation subalpin.

Etabli au sein d’un écocomplexe agro-pastoral à floraison exceptionnelle comprenant pâturages et prairies subalpines, dont certaines encore fauchées, le site comprend un système en mosaïque de prairies humides, bas-marais de pentes, cariçaies, prairies méso-hygrophiles et fourrés arbustifs de saules installés sur des replats et pentes douces parcourues de ruisselets, sources et petites résurgences.

Milieux remarquables

Le site compte deux habitats déterminants : les bas-marais cryophiles d’altitude des bords de sources et suintements à Laîche des frimas (Carex frigida) [assoc. phyto. Caricetum frigidae (54.28)] et les bas-marais pionniers arctico-alpins à Laîche bicolore (Carex bicolor) [all. phyto. Caricion incurvae (54.3)], milieux d'une très grande valeur patrimoniale. Ces habitats sont toutefois fragmentaires et ponctuels sur le site.

Trois autres habitats remarquables sont également présents : les bas-marais alcalins à Laîche de Davall (Carex davalliana) [all. phyto. Caricion davallianae (54.23)] qui motivent l’intérêt du site de part leur riche floraison en orchidées et espèces peu fréquentes comme la Swertie vivace (Swertia perennis), les saulaies arctico-alpines à Saule arbrisseau (Salix foetida) (31.62)], les mégaphorbiaies montagnardes et subalpines, formations opulentes de hautes herbes des combes humides et fraîches [all. phyto. Adenostylion alliariae et Calamagrostion villosae (37.8)] ainsi que les prairies de fauche d’altitude [all. phyto. Triseto flavescentis-Polygonion bistortae (38.3)].

L’intérêt principal du site résulte du complexe important d’habitats humides associant des marécages divers : bas-marais, tourbières de pente, cariçaies, petites mares et ruisseaux associés en mosaïque complexe avec des prairies de fauche montagnardes et des pâturages à riche floraison estivale.

Flore

Trois espèces végétales déterminantes sont à remarquer sur le site : le Dactylorhize couleur de sang (Dactylorhiza incarnata subsp. cruenta) protégée en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Campanule en thyrse (Campanula thyrsoides), belle campanule à fleurs jaunes en voie de raréfaction du fait de l'intensification du pastoralisme, et la Laîche très noire (Carex atrata var. aterrima).

Faune

Ce site possède treize espèces animales patrimoniales, dont une est déterminante.

L’avifaune nicheuse locale comporte des espèces telles que le Tétras lyre (Tetrao tetrix), la Caille des blés (Coturnix coturnix), la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), le Bruant fou (Emberiza cia), la Niverolle alpine (Montifringilla nivalis), espèce paléomontagnarde remarquable, caractéristique des pelouses avec escarpements rocheux des étages alpin et subnival des massifs montagneux les plus élevés, la Pie grièche écorcheur (Lanius collurio), le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), corvidé nicheur remarquable et peu fréquent, inféodé aux alpages (où il vient s’alimenter) situés à proximité de falaises où il niche. Les Reptiles sont quant à eux notamment représentés par le Lézard vivipare (Zootoca vivipara), espèce remarquable, typiquement nord eurasiatique, relicte glaciaire, en limite sud de son aire de répartition dans les Alpes, liée aux pelouses, prairies et landes humides, tourbières, bords de ruisseaux.

Quant aux invertébrés, mentionnons la présence d’Insectes patrimoniaux : le Semi-apollon (Parnassius mnemosyne), espèce déterminante protégée au niveau européen, d'affinité montagnarde et liée à la présence de corydales, qui fréquente les pelouses et les lisières forestières, surtout entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, le Petit Apollon (Parnassius corybas sacerdos), espèce remarquable et protégée en France, des bords des torrents et autres zones humides des étages subalpin et alpin, dont la chenille est inféodée au Saxifrage faux-aïzoon (Saxifraga aizoides), l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude, la Piéride de la roquette (Euchloe simplonia), espèce remarquable à aire disjointe des Alpes occidentales, Pyrénées et monts Cantabriques, inféodée aux pelouses subalpines où croissent ses plantes hôtes des Brassicacées, le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), espèce remarquable d'orthoptère d'affinité eurosibérienne, en forte régression en dehors des Alpes, strictement liée aux prairies très humides et surfaces marécageuses, la Decticelle des bruyères (Metrioptera brachyptera), sauterelle remarquable d'Europe occidentale inféodée aux prairies humides (mais parfois présente en prairie sèche à végétation haute).

Fonctionnalité / liens éventuels avec autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_101_100 - Vallons du Gâ, de Martignare et du Goléon - adret de Villar d'Arène, du Lautaret et du Galibier».

Commentaires sur la délimitation

Les limites qui définissent le site sont dictées par la répartition des milieux humides, lesquels motivent son principal intérêt, et secondairement par la topographie, où elles sont calées.