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ZNIEFF 930020104
MARAIS DE NÉVACHE ET PARTIE INFÉRIEURE DU BOIS NOIR

(n° régional : 05102114)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans le nord-est du département des Hautes-Alpes, dans la partie moyenne de la vallée de la Clarée, au sud et à l’aval du village de Névache, le site comprend un complexe de zones marécageuses et de prairies semi-humides établies en fond de vallée, ainsi que la partie inférieure du Bois Noir en bas de versant ubac.

Il est inclus pour sa grande partie dans le site classé de la vallée de la Clarée.

Le substrat géologique est principalement composé d’alluvions torrentielles récentes et de dépôts glaciaires würmiens qui tapissent le fond de vallée. Les versants proches composés de terrains sédimentaires à dominante calcaire (dolomies et calcaires triasiques) déterminent des ruissellements superficiels assez richement minéralisés. Localement des dépôts tourbeux se sont constitués dans les secteurs les plus marécageux.

Situé dans la zone biogéographique intra-alpine dauphinoise, le site est compris dans les étages de végétation montagnard supérieur et subalpin inférieur, entre 1510 m et 1850 m

Le marais de Névache comprend un complexe de prairies humides marécageuses ou tourbeuses, des bas-marais alcalins et cariçaies, des massifs arbustifs de saules et des saulaies arborées à Saule à cinq étamines (Salix pentandra) ainsi que des boisements hygrophiles de feuillus (Betula pendula, Populus tremula, Fraxinus excelsior). Il est parcouru par un réseau hydrologique important de ruisseaux, résurgences et chenaux aquatiques.

La partie inférieure du Bois Noir est composée d’un boisement mixte de résineux où domine le Mélèze (Larix decidua) associé par places au Pin Sylvestre (Pinus sylvestris), au Sapin (Abies alba) et à l’Epicéa (Picea abies).

Milieux remarquables

Un habitat déterminant est signalé sur le site. Il s’agit des tourbières de transition [all. phyto. Caricion lasiocarpae (54.5)], milieu d'une très grande valeur patrimoniale, qui recèle de nombreuses espèces végétales rares.

Neuf autres habitats remarquables sont également présents : les saulaies arctico-alpines des bas-marais et bords de ruisseaux à Saule arbrisseau (Salix foetida) [all. phyto. Salicion lapponi-glaucosericeae (31.6212)], les mégaphorbiaies montagnardes et subalpines, formations opulentes de hautes herbes des combes humides et fraîches [all. phyto. Adenostylion alliariae (37.8)], les prairies de fauche d’altitude [all. phyto. Triseto flavescentis-Polygonion bistortae (38.3)], les mélèzins (42.3) et de façon fragmentaire les pessières subalpines des Alpes [all. phyto. Piceion excelsae (42.21)], les bas-marais alcalins à Laîche de Davall (Carex davalliana) [all. phyto. Caricion davallianae (54.23)], les bas-marais acides [all. phyto. Caricion fuscae (54.4)].

Il s’agit avant tout d’un complexe exceptionnel d’habitats humides associant des marécages divers, ruisseaux, mares, tourbières, bas-marais, magnocariçaies, saulaies abritant des espèces à très forte valeur patrimoniale

Flore

Le site comprend onze espèces végétales déterminantes. Deux sont protégées au niveau national : le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), orchidée à floraison spectaculaire typique des hêtraies sèches et hêtraies-pinèdes sylvestres et l'Avoine odorante (Hierochloe odorata), rarissime graminée des pelouses tourbeuses et marécages boréo-alpins inscrite au Livre Rouge National des plantes menacées. Quatre sont protégées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur : la Pyrole moyenne (Pyrola media), l'Androsace septentrionalis (Androsace septentrionalis) la Violette des collines (Viola collina) et la Laîche à deux étamines (Carex diandra), rare cypéracée caractéristique des tourbières et bas-marais tremblants. Cinq espèces n’ont pas de statut de protection : le Cirse faux hélénium (Cirsium heterophyllum), le Streptope à feuilles embrassantes (Streptopus amplexifolius), le Pigamon simple (Thalictrum simplex), l'Ansérine (Potentilla anserina) et la Potentille inclinée (Potentilla inclinata).

Faune

Huit espèces animales d’intérêt patrimonial sont présentes sur le site.

Il s’agit du Cerf élaphe (Cervus elaphus) pour les mammifères et de plusieurs espèces d’insectes : le Semi-apollon (Parnassius mnemosyne), espèce déterminante protégée au niveau européen, d'affinité montagnarde et liée à la présence de corydales, qui fréquente les pelouses et les lisières forestières, surtout entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude, l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon), espèce remarquable et protégée en France, liée aux pelouses et prairies des étages montagnards et subalpins où croît sa plante hôte (Gentiane croisette Gentiana cruciata) et vit sa fourmi hôte (surtout Myrmica schencki), la Thécla de l'orme (Satyrium w-album), espèce remarquable de Lycénidés, d'affinité eurasiatique tempérée, localisée et peu commune, ayant fortement régressée suite au dépérissement des ormes attaqués par la graphiose, la Mélitée des digitales (Melitaea aurelia), espèce remarquable euro-sibérienne liée aux pelouses sèches, landes et lisières fleuries jusqu'à 1500 m d'altitude, le Leste des bois (Lestes dryas), espèce remarquable d'odonate Zygoptères (Demoiselles), en limite d'aire méridionale dans les Alpes du sud, localisé et inféodé aux pièces d'eau temporaires, le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), espèce remarquable d'orthoptère d'affinité eurosibérienne, en forte régression en dehors des Alpes, strictement liée aux prairies très humides et surfaces marécageuses.

Fonctionnalité / liens éventuels avec autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_102_100 - Massif des Cerces - mont Thabor - vallées Etroite et de la Clarée».

Commentaires sur la délimitation

Les limites qui définissent le site sont dictées par la répartition des milieux humides, lesquels motivent son principal intérêt, et secondairement par la topographie où elles sont calées. D’autre part, les milieux forestiers et semi-ouverts de fort intérêt juxtaposés au complexe de zones humides sont également inclus.