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ZNIEFF 930020125
LE GRAND BUËCH, SES RIPISYLVES ET SES ISCLES ENTRE SAINT-JULIEN-EN-BEAUCHÊNE ET LA FAURIE

(n° régional : 05130196)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans la partie nord-ouest du département des Hautes-Alpes, le site correspond à la partie amont du cours du Buëch et ses bordures boisées riveraines entre les villages de Saint-Julien-en-Bauchêne et La Faurie.

Le site s’étend sur un substrat d’alluvions fluviatiles récentes, principalement calcaires issues de l’érosion des roches sédimentaires en place sur le bassin versant . Celles-ci comprennent surtout des calcaires marneux et marnes de l’Hauterivien et du Berriasien, avec des calcaires gris plus massifs du Tithonique.

Situé dans la zone biogéographique des préalpes sud-dauphinoises, le site est soumis à un climat de type supra-méditerranéen.

Réparti entre 860 et 910 m d’altitude, il est établi à la transition des étages de végétation collinéen supérieur et montagnard inférieur.

Sur ce secteur, le Buech présente déjà un large lit, où se sont développés de multiple habitats de bords de cours d’eau, depuis les bancs d’alluvions récentes dépourvues de végétation, les fourrés de saules pionniers et les ripisylves plus évoluées. La faune est également très variée puisque l’on y trouve des espèces patrimoniales de mammifères, oiseaux et poissons.

Milieux remarquables

Parmi les milieux remarquables ou typiques, le site possède un habitat représentatif des cours d’eau de bonne qualité, à savoir les biotopes aquatiques d’eau douce de la zone à truite (24.12), qui présentent ici un bon état de conservation. En dehors de ceux-ci, le lit de la rivière comprend des formations végétales pionnières herbacées des alluvions torrentielles et bancs de graviers [all. phyto. Epilobion fleischeri (24.221)] associés en mosaïque avec des bancs de graviers sans végétation (24.21). Les formations arborées et arbustives des rives sont composées essentiellement par les fourrés de saules pionniers des berges et alluvions torrentielles à Saule drapé (Salix elaeagnos) et Saule pourpre (Salix purpurea) [all. phyto. Salicion incanae (44.111 et 24.223)] et localement par quelques lambeaux de boisements riverains en galeries d’Aulne blanc (Alnus incana) [all. phyto. Alnion incanae (44.21)]. Ces habitats sont de grand intérêt écologique, pour le fonctionnement de l’écosystème lié aux cours d’eau, car ils forment des corridors en contact avec les milieux adjacents au cours d’eau : bocage et boisements de bas de versant.

La partie sud du site comprend également quelques prairies et formations herbacées hygrophiles, avec en particulier des groupements à Reine des près (Filipendula ulmaria) et formations végétales associées [all. phyto. Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae (37.1)].

Flore

Le site comprend une espèce végétale déterminante protégée en région Provence-Alpes-Côte d’Azur : le Cytise de Sauze (Cytisus sauzeanus), endémique locale occupant les rocailles, lisières et sous-bois clairs sur substrats calcaires.

Faune

Ce site possède un patrimoine faunistique d’un intérêt élevé puisqu’on a pu y déceler la présence d’au moins dix huit espèces animales patrimoniales, dont une est déterminante.

Le peuplement mammalogique local recèle une espèce remarquabel, le Cerf élaphe (Cervus elaphus). Chez les oiseaux, une espèce déterminante et présente sur le site, il s’agit du Moineau soulcie (Petronia petronia), espèce paléoxérique, d’affinité méridionale, elle est accompagnée par d’autres espèces remarquables commele Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), nicheur plutôt rare en Provence, très localisé dans les Alpes, la Bondrée apivore (Pernis apivorus), l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), la Caille des blés (Coturnix coturnix), le Chevalier guignette (Actitis hypoleucos), espèce paléarctique remarquable, liée aux rivières et torrents à courant rapide, la Chevêche d’Athéna (Athene noctua), le Petit duc scops (Otus scops), le Martin pêcheur d’Europe (Alcedo atthis), la Huppe fasciée (Upupa epops), le Torcol fourmilier (Jynx torquilla), le Cincle plongeur (Cinclus cinclus), la Pie grièche écorcheur (Lanius collurio), et le Bruant proyer (Emberiza calandra).

Deux insectes d’intérêt patrimonial sont également présents sur le site : l’Azuré du Serpolet (Maculinea arion), espèce remarquable et protégée au niveau européen, inféodée aux bois clairs et ensoleillés, pelouses et friches sèches avec présence de ses plantes hôtes, des serpolets et de sa principale fourmi hôte, Myrmica sabuleti, jusqu’à 2400 m d’altitude et l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_130_100 - Le Grand Buëch et le Petit Buëch à l'aval de Veynes jusqu'à la confluence avec la Durance et leurs principaux affluents : le Céans, la Blème et la Blaisance».

Les habitats liés au Buech et à ses rives, en particulier les cordons forestiers et de ripisylve, sont d’un grand intérêt écologique, pour le fonctionnement de l’écosystème lié au cours d’eau, pour leur rôles multiples : fixation des berges, maintien de la biodiversité, corridors en contact avec les milieux adjacents...

De part son orientation nord-sud et par sa position biogéographique en bordure intérieur des préalpes, où il succéde ou anticipe la dépression du sillon alpin (Trièves, Grésivaudan et Combe de Savoie), le Buëch forme de plus un axe migratoire important pour l’avifaune et de dispersion pour la flore (remontée d’espèces méditerranéennes, descente d’espèces alpines).

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site englobent l’écocomplexe fonctionnel d’un tronçon du Grand Buëch, entre les villages de St Julien-en-Beauchêne et de la Faurie, associant le cours d’eau proprement dit, ses bras secondaires, ses ripisylves et ses espaces connexes directement associés. Les espaces périphériques plus fortement artificialisés : terres labourées, espaces semi-urbains sont exclus et justifient le périmètre par les ruptures écologiques et paysagères nettes qu’ils occasionnent.