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ZNIEFF 930020224
LA BASSE DURANCE, À LA CONFLUENCE AVEC L'ANGUILLON

(n° régional : 13150148)

Commentaires généraux

Description de la zone
Entre l’Épi de Leuze en amont et le barrage de l’Épi de Jentelin à l’aval, la Durance reçoit un petit cours d’eau, l’Anguillon. À hauteur de la Cachade, le tracé du TGV Méditerranée a mordu sur le site qui correspond principalement au lit mineur de la Durance qui est ici très large (près d’un kilomètre) avec son alternance de chenaux et d’iscles. Sur ces dernières, formées de vastes bancs de limons émergés et de galets, se sont installées des formations herbacées et arbustives pionnières (saussaies). Au delà, la forêt riveraine est plus ou moins étoffée. Rive droite, la ripisylve à peupliers en est réduite à un linéaire corseté par une piste alors qu’elle s’exprime davantage rive gauche, surtout au niveau de la confluence avec l’Anguillon.

Faune
La confluence entre la Durance et l’Anguillon est dotée d’un cortège faunistique d’un intérêt assez élevé avec vingt-et-une espèces animales patrimoniales,  dont  quatre sont déterminantes.
Le Castor (Castor fiber) est connu dans ce secteur, la recolonisation de la Loutre d’Europe (Lutra lutra) au niveau de la confluence de ces deux cours d’eau est quant à elle récente. L’entomofaune patrimoniale abrite en particulier le Sphinx de l’Argousier (Hyles hippophaes), espèce déterminante crépusculaire et nocturne, rare partout, extrêmement localisée, protégée au niveau européen, strictement inféodée aux rives caillouteuses de cours d’eau et aux ravines marneuses où pousse l’argousier, plante nourricière de sa chenille. Les données de cette espèce étant anciennes et peu précises, il serait important de la rechercher spécifiquement. Une espèce oiseaux déterminantes est présente, la Sterne pierregarin (Sterna hirundo)
Elle est accompagnée d’espèces remarquables : la Bondrée apivore (Pernis apivorus), l’Hirondelle de rivage (Riparia riparia), le Cochevis huppé (Galerida cristata), le Chevalier guignette (Actitis hypoleucos), le Bihoreau gris (Nyctorax nyctorax), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), l’Aigrette garzette (Egretta garzetta) et le Petit gravelot (Charadrius dubius). Quatre espèces de poissons ont également été observées sur ce secteur : le Barbeau truité (Barbus meridionalis), le Toxostome (Chondrostoma toxostoma), le Blageon (Leuciscus souffia) et la Bouvière (Rhodeus amarus).

Flore et habitats naturels
Ici, l’espace durancien développe pleinement un ensemble important de milieux ouverts qui s’expriment tant au niveau des marges des chenaux qu’au niveau des iscles. Mais en raison de l’endiguement de ses berges, la Durance est loin de présenter la biodiversité qui existait au XIXe siècle, à une époque où M. Palun citait la présence d’un certain nombre d’espèces qui ont maintenant probablement disparu : Polygala exilis (polygale grêle), Centaurium favargeri (petite centaurée de Favarger), et Typha minima (petite massette). À la fin de l’été, on peut néanmoins y rencontrer encore, en bordure des chenaux, la formation nitratophile à petites cypéracées du Nanocyperion. Elle est installée sur de petites plages exondées qui apparaissent à la faveur des étiages.

Commentaires sur la délimitation

Dans le but de maintenir le continuum de l’hydrosystème, la ZNIEFF a retenu l’ensemble de l’espace durancien.

La ripisylve en amont de cette zone (face à l’Épi des Grandes Îles [Bouches-du-Rhône]), pauvre en espèces (peupliers noirs et blancs) et envahie par la canne de Provence, ne présente pas d’intérêt patrimonial. Elle n’a donc pas été retenue.

La dégradation du terrain en haut des berges, liée aux passages des véhicules et à la fréquentation importante de la piste, explique leur exclusion de cette zone.