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ZNIEFF 930020403
VERSANTS UBACS DU PIC DE PÉTAREL - LACS ET VALLONS DE PÉTAREL ET DE CEBEYRAS - BOIS DU ROI - BOIS DES BLANCS

(n° régional : 05111171)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans la vallée du Valgaudemar, dans la partie centre-nord du département des Hautes-Alpes, ce site, proche du vallon de Prentiq, s’élève face à l’Olan (3564m). Il est dominé par le Pic de Pétarel, culminant à 2618m. On y trouve plusieurs lacs (les Lacs de Pétarel et de Sebeyras), créés par la succession d’ombilics et de verrous, creusés par les glaciers du Quaternaire.

Son substrat géologique est principalement composé par les roches du socle cristallin du massif des Ecrins associant granites et migmatites. Ces roches dures aux modelés abrupts, qui engendrent des pentes raides entrecoupées de ressauts rocheux, sont localement recouvertes d’éboulis et de placages morainiques.

Du point de vue climatique, le site est établi dans la zone biogéographique des Alpes intermédiaires dauphinoises. Les influences atlantiques s’y font encore nettement sentir au débouché des principales vallées comme le Valgaudemar dont l’entrée est largement tournée vers l’ouest.

Compris entre 1000 m et 2618 m d’altitude, il se répartit entre les étages de végétation montagnard et alpin.

Sa géomorphologie variée, avec des crêtes, éboulis, épaulements et replats glaciaires, autorise la présence de formations végétales très diverses associant pelouses et rocailles alpines, zones humides, moraines, éboulis et escarpements rocheux.

Milieux remarquables

Le site comprend un ensemble de milieux remarquables de très grande diversité. Les hêtraies-sapinières neutrophiles [all. phyto. Fagion sylvaticae (41.13)] et surtout acidiphiles [all. phyto. Luzulo luzuloidis-Fagion sylvaticae (41.112)], recouvrent la partie basse du site, d’environ 1000m jusqu’à 1600m d’altitude. Au-dessus, les autres milieux forestiers remarquables du site qui les remplacent associent des pessières subalpines des Alpes [all. phyto. Piceion excelsae (42.21)] qui s’enrichissent en Pin cembrot (Pinus cembra) en altitude, lesquels préfigurent la réinstallation spontanée de la cembraie (42.3) suite à la régression des activités pastorales. L’ensemble des milieux forestiers du site présente une importante naturalité, avec des parties boisées anciennes qui ont été jusqu’alors peu perturbées par les activités sylvicoles.

Parmi les autres milieux remarquables du site figurent les mégaphorbiaies montagnardes et subalpines, formations opulentes de hautes herbes des combes humides et fraîches [all. phyto. Adenostylion alliariae (37.8)], les formations prairiales des combes humides et fraîches [all. phyto. Calamagrostion villosae (37.8)] et les prairies de fauche d’altitude [all. phyto. Triseto flavescentis-Polygonion bistortae (38.3)]. En montant en altitude, les pentes se couvrent graduellement de landes à Genévriers nains [all. phyto. Juniperion nanae (31.43)] et de landes à Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) et Myrtille (Vaccinium myrtillus) [all. phyto. Rhododendro ferruginei-Vaccinion myrtilli (31.42)]. Des fourrés d’Aulne vert (Alnus alnobetula) [all. phyto. Alnion viridis (31.611)], occupent les couloirs balayés par les avalanches et les pentes fortes fraîches et humides en versant ubac à l’étage subalpin. Ces formations ainsi que les mégaphorbiaies recèlent de nombreuses espèces végétales patrimoniales.

Aux altitudes supérieures, la couverture végétale est essentiellement constituée de pelouses acidiphiles sur substrat siliceux : pelouses en gradins à Fétuque bigarrée (Festuca acuminata) [all. phyto. Festucion variae (36.333)], sur les facades rocheuses bien ensoleillées et pelouses acidiphiles à Nard raide (Nardus stricta) [all. phyto. Nardion strictae (36.31)] surtout. Les pelouses proches des crêtes sont caractérisées par la Fétuque de Haller (Festuca Halleri) et le Jonc trifide (Juncus trifidus) [asso. phyto. Festucetum halleri (36.342)].

Les autres habitats remarquables comprennent des milieux rocheux avec les éboulis siliceux alpins [all. phyto. Androsacion alpinae, Allosuro crispi-Athyrion alpestris et Senecio leucophylli (61.11)] et les formations végétales des rochers et falaises siliceux [all. phyto. Androsacion vandellii et Asplenion septentrionalis (62.2)], ainsi que localement des petits secteurs de bas-marais acides à Laîche brune (Carex fusca) [all. phyto. Caricion fuscae (54.4)].

Flore

Ce site recèle cinq espèces végétales déterminantes dont trois sont protégées en Provence-Alpes-Côte-d’Azur : le Lycopode à feuilles de genévrier (Lycopodium annotinum), la Pyrole moyenne (Pyrola media) et la Tozzie des Alpes (Tozzia alpina). Les deux autres espèces végétales déterminantes du site sont : le Streptope à feuilles embrassantes (Streptopus amplexifolius) et l'Asarum d'Europe (Asarum europaeum).

Il abrite également une espèce végétale remarquable protégée en Provence-Alpes-Côte-d’Azur : le Saule pubescent (Salix laggeri), arbuste endémique des Alpes qui pousse dans les alluvions humides et sur les berges de torrents, où il forme des fourrés ripicoles denses.

Faune

Le site recèle un peuplement faunistique qui revêt un intérêt élevé. Celui ci comprend pas moins de trente espèces animales patrimoniales, dont quatre sont déterminantes.

Le peuplement mammalogique comporte diverses espèces intéressantes telles que le Bouquetin des Alpes (Capra ibex), espèce emblématique du massif alpin, le Lièvre variable (Lepus timidus), espèce remarquable en régression, relicte de l’époque glaciaire, fréquentant des milieux assez variés (alpages, éboulis, landes, forêts, pelouses, champs, cultures, friches) entre 1200 à 3100 m d’altitude, la Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), chauve souris forestière remarquable relativement fréquente, le Vespère de Savi (Hypsugo savii), espèce remarquable rupicole et montagnarde d’affinité méridionale, qui exploite les milieux forestiers surtout riverains de l’eau pour la chasse et les milieux rocheux (falaises) pour les gîtes, la Sérotine de Nilsson ou Sérotine boréale (Eptesicus nilssoni), espèce nordique déterminante, peu fréquente et localisée, relicte glaciaire, présente jusqu’à 2300 m d’altitude en montagne, notamment dans les bois clairs. Les Oiseaux nicheurs sont quant à eux représentés par de nombreuses espèces d’intérêt patrimonial : Aigle royal (Aquila chrysaetos), Autour des palombes (Accipiter gentilis), Circaète Jean le blanc (Circaetus gallicus), Bondrée apivore (Pernis apivorus), Perdrix bartavelle (Alectoris graeca), galliforme méridional de montagne recherchant les versants montagneux ouverts et ensoleillés avec des barres rocheuses, semble t-il en régression, Tétras lyre (Tetrao tetrix), espèce remarquable fragile, emblématique des Alpes, Lagopède alpin (Lagopus mutus helveticus), espèce remarquable menacée et en régression, d’origine arctique, relique de l’époque glaciaire dans les Alpes, où elle occupe les reliefs de croupes et de crêtes, fréquemment enneigées et balayées par le vent, Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), espèce boréo alpine forestière et déterminante, des hêtraies, pessières, cembraies et mélézins, Torcol fourmilier (Jynx torquilla), Pic noir (Dryocopus martius) et Pic épeichette (Dendrocopos minor), Cincle plongeur (Cinclus cinclus) et Chevalier guignette (Actitis hypoleucos) deux espèces des cours d’eau torrentiels, Monticole de roche (Monticola saxatilis), Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), espèce rupestre par excellence, Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), Pie grièche écorcheur (Lanius collurio), Pie grièche méridionale (Lanius meridionalis), Sizerin flammé (Carduelis flammea), nicheur localisé et assez peu fréquent, que l’on rencontre dans les aulnaies vertes, les ripisylves, les mélézins et les rhodoraies, Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus). L’herpétofaune locale patrimoniale est représentée par le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris), amphibien déterminant d’affinité montagnarde, localement en régression. Les Poissons d’eau douce comprennent notamment l’Omble chevalier (Salvelinus alpinus), espèce remarquable, autochtone des lacs Léman et du Bourget, introduite à la fin du XIXème siècle dans certains lacs d’altitude du Haut Dauphiné, typique des lacs profonds et froids aux eaux propres bien oxygénées et aux fonds graveleux et sensible à la pollution.

Les insectes d’intérêt patrimonial sont représentés par : l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon rebeli), espèce remarquable et protégée en France, liée aux pelouses et prairies des étages montagnards et subalpins où croît sa plante hôte (Gentiane croisette Gentiana cruciata) et vit sa fourmi hôte (surtout Myrmica schencki) et l’Apollon (Parnassius apollo), espèce remarquable d'affinité montagnarde, protégée au niveau européen, peuplant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2500 m d’altitude.

Enfin, chez les Myriapodes, citons l’Iule des sables (Ommatoiulus sabulosus), espèce déterminante de Diplopodes de grande taille, appartenant à la famille des Iulidés, fréquente en montagne où elle peut dépasser 2000 m d’altitude dans les Alpes, localisée en région Provence Alpes Côte d’Azur aux trois départements alpins et au Vaucluse où elle est menacée.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_111_100 - Partie sud-ouest du massif et du Parc National des Écrins - vallée du Valgaudemar - Grun de Saint-Maurice - vallée de la Séveraissette - le Cuchon - pic Queyrel - versant ouest du Vieux Chaillol».

Ce site constitue un des nombreux vallons du Valgaudemar, lesquels présentent des continuités écologiques marquantes.

Commentaires sur la délimitation

Le site, qui englobe une importante variété d’habitats et d’espèces à forte valeur patrimoniale, est avant tout délimité par sa topographie aux arêtes très marquées : crêtes principales, talwegs les plus marqués et ruptures brutales de pente en pied de versant raide, au contact d’un fond de vallée en pente douce.