ZNIEFF 930020465
CHAÎNONS LITTORAUX DE L'ESTÉREL DU PIC DE L'OURS AU PLATEAU D'ANTHÉOR

(n° régional : 83189147)

Commentaires généraux

Commentaire général

Les pittoresques corniches rhyolitiques de l’Esterel situées en contrebas des chaînons littoraux du pic de l’Ours et du cap Roux constituent une zone parmi les plus riches de l’Esterel.

Cette partie du littoral, très découpée, forme des falaises aux nombreuses calanques alternant avec des pointes escarpées. Elle représente l’une des rares parties de la côte varoise épargnée par l’urbanisation. 

 

Flore et habitats naturels

Grâce au très faible taux d’urbanisation de cette côte, les espèces et les groupements littoraux caractéristiques, ayant fortement régressés par ailleurs dans le département, se maintiennent dans cette zone :

- groupement à Euphorbe arborescente avec Liseron de Sicile et andropogonées,

- formation semi halophile à Barbe de Jupiter et Passerine hirsute,

- communautés méditerranéennes de falaises.

En arrière de la zone littorale, les chaînons cristallins abritent une végétation dominée par le maquis infiltré par le Pin mésogéen et le Chêne liège. Sur les dalles rocheuses horizontales s’observent des mares cupulaires à Crassula vaillanti, Isoetes velata, etc. Les bords de ruisseau en ubac permettent à une flore plus froide ou mésophile de se développer comme le Muscari botryoides, le Circaea lutetiana ou le Carex grioletii.

 

Faune

Cette zone héberge un cortège faunistique d’intérêt patrimonial assez marqué. Localement ont été ici dénombrées treize  espèces animales patrimoniales dont neuf espèces déterminantes.

Pour l’avifaune déterminante, seul le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) rapace diurne rupestre assez rare mais aujourd’hui en augmentation en tant que nicheur la représente sur la zone. D’autres espèces patrimoniales remarquables nicheuses occupent ce territoire : Monticole bleu (Monticola solitarius), Bruant ortolan (Emberiza hortulana), espèce de milieux à faible végétation en régression dans la région, Alouette lulu (Lullula arborea) et Pipit rousseline (Anthus campestris), espèce remarquable eurasiatique, présente en Provence-Alpes-Côte d’Azur dans les milieux méditerranéens ouverts et secs. 

La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) et le Lézard ocellé (Timon lepidus) sont les deux représentants prestigieux de l’herpétofaune locale. 

En ce qui concerne les invertébrés, on y rencontre le Cloporte Tiroloscia esterelana, Crustacé Isopode endémique des châtaigneraies, suveraies et yeuseraies des Maures et de l’Esterel. Les Hémiptères sont notamment représentés par la Cochenille du Kermès (Kermes vermilio), espèce remarquable et menacée de Kermésidés, d’affinité méditerranéenne, provoquant des galles de couleur rouge écarlate sur le Chêne kermès. Les Coléoptères possèdent un intéressant cortège d’espèces patrimoniales avec en particulier le Coléoptère du sol Amaurops colasi, endémique de l’Esterel. Citons également le Carabique Bembidion siculum winkleri (= Ocydromus siculus winkleri), espèce déterminante menacée d’extinction, présente en France uniquement dans le Var et les Pyrénées orientales et le Charançon Raymondionymus fossor, espèce déterminante de Curculionidés, très rare et endémique du Var et des Alpes Maritimes.

 

Commentaires sur la délimitation

La topographie des chaînons littoraux a dicté en grande partie les limites de la ZNIEFF.

La limite Ouest est matérialisée par le ravin du Grenouillet et du Mal Infernet, de la Couche de l’Ane.

La zone descend jusqu’à la mer pour prendre en compte l’une des rares parties de la côte littorale varoise encore préservée.

Limite Ouest : Plateau d’Anthéor (mares cupulaires). Au Sud Est, le contour de la forêt domaniale matérialise la limite de la ZNIEFF.