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ZNIEFF 940013126
EMBOUCHURE DE LA FIGARELLA

(n° régional : 00000097)

Commentaires généraux

L’embouchure de la Figarella est située au nord-ouest de la Corse, dans le Golfe de Calvi, à environ 2 km à l’est de la ville de Calvi. Elle est séparée de l’embouchure du Fiume Seccu (ZNIEFF Embouchure du Fiume Seccu) par le terrain militaire du Camp Raffali.

Le bassin de la Figarella draine une partie des montagnes de la Balagne (massif de Bonifato notamment). Caractérisé par un régime pluvial typiquement méditerranéen, le débit du cours d’eau montre une très forte variabilité saisonnière et annuelle. Les orages d’automne génèrent une érosion des pentes du bassin versant et un charriage important d’éléments grossiers dans la plaine. A l’issue des crues, le lit est occupé par des éléments grossiers (blocs, cailloux, graviers) qui constituent des substrats très drainants, régulièrement remaniés. Le milieu s’assèche rapidement à l’issue de la fonte des neiges et des pluies de printemps. A l’étiage, l’aridité des biotopes est défavorable à l’installation de végétations pérennes.

Dans ce contexte de cours d’eau intermittent, les peuplements végétaux se cantonnent aux berges, où les dépôts d’éléments fins lors des crues permettent de conserver des substrats plus favorables, et à des stations ponctuelles restant en eau plus longtemps (cuvettes, bras secondaires…). L’hétérogénéité des stations, liées aux variations de la granulométrie et à la microtopographie se traduit par des organisations en mosaïques plus ou moins hygrophiles :

- Quelques îlots de ripisylves arborescentes dominées par l’Aulne glutineux (Alnus glutinosa) répartis le long des berges stabilisées. Ces ripisylves sont fortement contraintes par les perturbations d’origine anthropique (défrichements) ;

- Fourrés arbustifs à saules roux (Salix atrocinerea), Saule fragile (Salix fragilis) et Saule pourpre (Salix purpurea) formant un cordon arbustif plus ou moins développé le long des rives ;

- Cuvettes limoneuses longtemps humides à Souchet doré (Cyperus flavescens), Souchet brun (Cyperus fuscus), Jonc articulé (Juncus articulatus), Jonc des vasières (Juncus tenageia), Jonc en tête (Juncus capitatus), Plantain d’eau (Alisma plantago aquatica). …;

- Peuplements hygrophiles des eaux vives : Cresson des fontaines (Nasturtium officinale), Berle à feuilles étroites (Berula erecta), Véronique cresson de cheval (Veronica beccabunga)…

- En marge du lit du cours d’eau, les terrasses sont occupées par des mosaïques de groupementsxérophiles arbustifs (maquis bas et cistaies) et herbacés, localement enrésinés.

Dans la partie aval, la zone de l’embouchure est totalement artificialisée par les aménagements du camping (canalisation de la rivière, drainage de la zone de lagune). A l’ouest de l’embouchure, le littoral est occupé par une dune à substrat hétérogène (galets + sables) où se maintien le cortège psammophile classique à Panicaut maritime (Eryngium maritimum), Sporobole (Sporobolus pungens), Chiendent des mers (Elytrigia juncea), la Roquette de mer (Cakile maritima)… A l’arrière, les substrats sont rapidement stabilisés et occupés par des cistaies ouvertes sur sables à Ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis), Immortelle d’Italie (Helichrysum italicum), Genêt de Corse (Genista corsica) et Queue de lapin (Lagurus ovatus)... Quelques bois reliques de Pin maritime (Pinus pinaster) diversifient ponctuellement la physionomie végétale… La forte fréquentation du site et les aménagements touristiques se traduisent par des altérations marquées des groupements littoraux, liées au piétinement, à l’entretien de la plage et à la prolifération de la griffe de sorcière (Carpobrotus edulis).

Les milieux humides de la zone (prairies humides, saulaie, aulnaie, marais d’arrière plage, eau calme des rivières) sont favorables à la halte migratoire des oiseaux survolant la Corse en automne et surtout au printemps au cours de leur migration. Bien que la superficie des zones humides soit réduite, et que l’accueil d’effectifs important d’oiseaux migrateurs soit ainsi limité, il n’en demeure pas moins qu’une importante diversité d’espèces stationnent sur le site durant leur migration.

Les milieux humides sont très favorables aux amphibiens. La zone accueille une diversité d’espèces patrimoniales intéressante avec notamment l’euprocte de Corse (Euproctus montanus) présent dans la rivière de la Figarella, ainsi que de Fiume Seccu. Le crapaud vert (Bufo viridis) est également présent dans les zones humides d’arrière plage.

De même, les zones humides littorales sont favorables aux libellules, la diversité de milieux humides (eaux stagnantes, eaux courantes plus ou moins oxygénées, bassins, mares, fossés,…) apporte une diversité notable d’odonates.

Chez les reptiles, on trouve les deux espèces de tortues de Corse, la tortue d’Hermann (Testudo hermanni) et la cistude d’Europe (Emys orbicularis) mais avec des densités faibles pour la première, et une répartition localisée pour la seconde (fosse d’eau dans ancienne sablière).

Commentaires sur la délimitation

La délimitation de la zone a tout d'abord été définie à partir de la répartition des espèces et habitats déterminants inventoriés. Nous y avons inclue l'ensemble des compartiments qui constituent l'unité fonctionnelle écologique pour les espèces animales, c'est à dire les différents milieux qu'elles utilisent au cours de leur cycle biologique et leurs activités (chasse, reproduction, hivernage, haltes migratoires, ...). Nous avons pris en compte les corridors écologiques afin de préserver les continuités écologiques au sein de la ZNIEFF, en préservant les liaisons (1) entre l’embouchure et la partie amont de la rivière, et (2) entre les cours d’eau, les prairies humides et les boisements alluviaux.