9330-2 - Suberaies provençales thermoxérophiles à genêt à feuilles de lin

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Type d’habitat le plus thermoxérophile pour les suberaies françaises : le Chêne-liège s’y trouve à la limite de ses exigences climatiques et surtout hydriques.
Situation intermédiaire entre les stations primaires de Pin d’Alep et la suberaie à Cytise de Montpellier.
Stations sèches et chaudes sur roches siliceuses, à proximité du littoral et en adret (sols peu évolués, assez superficiels).
Sols plus favorables au sein de l’aire de la chênaie verte à Pin d’Alep.

Variabilité

Variations altitudinales et donc liées au climat :
- stations en limite du thermoméditerranéen et du mésoméditerranéen (1) ;
- stations du mésoméditerranéen inférieur (2) ;
- stations très chaudes et sèches au sein du mésoméditerranéen, plus pauvres en espèces thermophiles (3).

Physionomie, structure

La strate arborescente est pauvre en espèces, constituée par le Chêne-liège (Quercus suber) peu élevé (dépassant rarement 7-8 m).
Par contre la strate arbustive est très recouvrante : Adénocarpe, Genêt à feuilles de lin, Cytise à trois fleurs, Cytise de Montpellier, Arbousier…
La strate herbacée est peu développée, compte tenu du recouvrement des strates ligneuses.

Confusions possibles

Ne pas confondre avec les suberaies installées dans des conditions plus mésophiles.

Dynamique

Suberaie à Genêt à feuilles de lin <--> Maquis dense à Bruyère arborescente, Arbousier, Cytise de Montpellier, Calycotome épineux, Myrte <--> Cistaie à Ciste à feuilles de Sauge et Genêt à feuilles de lin <--> Pelouses ouvertes à Tuberaria guttata.

Habitats associés ou en contact

Suberaie « mésophile » à Cytise de Montpellier.
Yeuseraie à Asplenium onopteris (UE : 9340).
Tillaie riveraine (UE : 92A0).
Maquis élevé à Bruyère arborescente, Arbousier, Cytise de Montpellier.
Formation à Calycotome épineux et Myrte. Cistaies à divers Cistes.
Pelouses ouvertes à Tuberaria guttata et Vulpia ligustica.
Mares temporaires à Isoetes, à Serapias… (UE : 3170).
Formation des fentes de roches (UE : 8220).
Végétation des dalles rocheuses (UE : 8230).

Répartition géographique

Porquerolles, Port-Cros, Sainte-Marguerite (près de Toulon) (1). Mont Fenouillet, Bornes, Pierrefeu, Brégançon, Fréjus… (2). Roquebrune-sur-Argens, entre la Verne et Grimaud (3).

Valeur écologique et biologique

Type d’habitat peu répandu en France, avec, de plus, habitats de faible étendue.
—› Type d’habitat rare.
Présence d’espèces rares (Genista linifolia).

États de conservation

États à privilégier :
Suberaie-yeuseraie.

Autres états observables :
Suberaie non gérée avec strate arbustive très fournie.

Tendances et menaces

Très faible superficie de ce type d’habitat le plus souvent non exploité.
Menaces éventuelles :
- risques d’incendies (résistance à un premier feu du Chêne- liège) ;
- problème de régénération avec la dynamique du maquis ;
- dynamique du Chêne vert.

Potentialités intrinsèques de production

Production de liège : bouchons, isolants, artisanat.
Bois de feu avec le Chêne vert, le Chêne pubescent et l’Arbousier.
Souches de bruyère : ébauchons de pipes (artisanat).
Sylvopastoralisme.
Intérêt paysager —› valorisation indirecte par le tourisme.

Axes de recherche

Étude fine de la végétation, de sa dynamique et des sols.
Étude fine de la dynamique des peuplements en cas d’abandon, en particulier de la régénération naturelle.
Étude sur les techniques de régénération.

Bibliographie

Bensettiti F., Rameau J.-C. & Chevallier H. (coord.), 2001. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 1 - Habitats forestiers. Volume 2. MATE/MAP/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 423 p. + cédérom. (Source)