9430-12 - Pineraies mésophiles sur sols siliceux en ombrée des Pyrénées

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Type d’habitat propre à la chaîne pyrénéenne, s’y rencontrant à l’étage subalpin, entre 1 700 m et 2 450 m, installé en ombrée.
Très sensible aux froids printaniers, les fruticées à Rhododendron, exigent une abondante couverture neigeuse tout au long de l’hiver et un développement tardif en début de saison la résistance du Rhododendron devient faible lorsqu’il fleurit ou donne de jeunes pousses : ne supporte guère alors les températures inférieures à - 3°c.
Les sols peuvent être très épais : 1 m avec terre fine mélangée de cailloux ou superficiels (éboulis).
Quel que soit le substrat, les débris végétaux qui s’accumulent, sont à l’origine d’une couche épaisse de matière organique pure (OH) qui tache les doigts.

Variabilité

Variations selon l’altitude :
- forme de la base du subalpin, avec présence du Sapin ; avec la Luzule des neiges (Luzula nivea), Camerisiers noir et alpigène (Lonicera nigra, Lonicera alpigena) ;
- forme du subalpin moyen avec Rhododendron et Myrtille ;
- forme du subalpin supérieur (entre 2 100 m et 2 350 m) avec Myrtille des marais (Vaccinium uliginosum), Alchemille sub- soyeuse (Alchemilla subsericea) ;
- forme du sommet du subalpin, en contact avec l’alpin, des zones exposées aux vents violents et aux froids les plus intenses avec Lycopode sélagine (Huperzia selago), Azalée naine (Loiseleuria procumbens), Camarine hermaphrodite (Empetrum hermaphroditum) et Luzule jaune (Luzula lutea).

Variations selon l’humidité atmosphérique :
- variante riche en Bouleaux dans les zones les plus humides, avec Bouleaux verruqueux et pubescent, Blechne en épi (Blechnu spicant)…

Physionomie, structure

La strate arborescente est dominée par le Pin à crochets, haut de 4 m à 20 m selon les conditions, accompagné selon les stations du Sorbier des oiseleurs, du Sorbier faux-néflier, du Bouleau pubescent, du Sapin (à la base du subalpin).
La strate arbustive basse est constituée du Rhododendron, des Camerisiers, de l’Églantier des Alpes.
La strate herbacée est riche en espèces acidiphiles et subalpines.

Confusions possibles

Avec les accrus à Pin à crochets se développant à l’étage montagnard.
Avec les phases pionnières à Pin à crochets de la sapinière à Rhododendron (voir ci-dessous : états à privilégier).

Dynamique

Spontanée :
Cf. schéma du cahier d'habitat.

Liée à la gestion :
L’exploitation peut conduire à la rhodoraie, peu à peu réenvahie par le Pin à crochets ; le pâturage peut entraîner une dégradation du milieu.

Habitats associés ou en contact

Landes à Rhododendron (UE : 4060).
Landines à Azalée naine (UE : 4060).
Éboulis (UE : 8120 et UE : 8110).
Végétation de fentes de rochers (UE : 8210 et UE : 8220).
Pelouses à Gispet (Festuca eskia) (UE : 6140).
Pelouses à Seslérie bleue (Sesleria albicans) (UE : 6170).
Pelouses à Nard raide (Nardus stricta) (UE : 6230).

Répartition géographique

Étage subalpin de la chaîne pyrénéenne.

Valeur écologique et biologique

Ce type d’habitat est répandu sur l’ensemble de la chaîne pyré- néenne. Il s’agit notamment de la formation la plus répandue dans les Pyrénées orientales (Capcir, Cerdagne, haut Conflent). Il tend à se reconstituer sur les espaces pastoraux abandonnés, par l’intermédiaire de rhodoraies dans une première étape. Certaines variantes (alticoles et de transition avec l’alpin) possèdent un grand intérêt, compte tenu des conditions très drastiques qui y règnent.
On observe la présence d’espèces protégées (Lycopodes).

États de conservation

États à privilégier :
Tous les états sont à privilégier y compris ceux pionniers mais on assiste parfois à des retours vers un type qui tend vers la sapinière subalpine qu’il faut, alors, faire évoluer en tant que telle, le type à Pin à crochets n’ayant été que provisoire.

Tendances et menaces

Surface tendant à la stabilité.
Progression aux dépens d’espaces anciennement pâturés.
Peu de menaces potentielles.

Potentialités intrinsèques de production

Ce type d’habitat concerne des sites soumis à exploitation régulière dans les Pyrénées orientales. La productivité de ces zones varie, suivant les stations, de 3 à 4 m3/ha/an. Elle reste, le plus souvent (altitude, lithosol...) moindre : 1,5 m3/ha/an environ.
Le Grand tétras est très présent dans ce type de peuplements. Gibier, il contribue de façon probablement relativement non négligeable -même si elle est parfois indirecte- à la production économique de ce type d’habitat.
Utilisation en estive par les troupeaux : par exemple dans la partie orientale des Pyrénées ; fourchette de 15 à 50 jours/ha de pâturages bovins allaitant entre juillet et septembre, de 100 à 200 jours ovins viande...

Axes de recherche

Les dynamiques interactives entre le Pin et le Rhododendron seraient à mieux étudier.

Bibliographie

Bensettiti F., Rameau J.-C. & Chevallier H. (coord.), 2001. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 1 - Habitats forestiers. Volume 2. MATE/MAP/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 423 p. + cédérom. (Source)