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1170-1 - La roche supralittorale (façade atlantique)

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Située entre la limite inférieure des végétaux terrestres comme les phanérogames halophiles et le niveau moyen des pleines mers de vives-eaux (PMVE), cette zone de contact entre la terre et la mer se trouve sous l'influence des embruns et n'est qu'exceptionnellement immergée.

Variabilité

L'amplitude verticale de cet habitat (étage supralittoral) varie de quelques décimètres en mode abrité à plusieurs mètres en mode très exposé. L'inclinaison de la paroi rocheuse, sa topographie, son exposition et la nature de la roche sont autant de facteurs de variabilité.

Espèces "indicatrices"

On assiste à une succession verticale d'espèces de lichens : Ramalina siliquosa, petits arbuscules gris, Lecanora atra en croûtes grises, Xanthoria parietina et Caloplaca marina de couleur jaune et orangée, puis Verrucaria maura formant une patine incrustante noire.
Sur les falaises calcaires peuvent se développer des bandes gélatineuses de couleurs variées (orange, brun, noirâtre). Elles correspondent à des algues unicellulaires chrysophycées.
Sur d'autres falaises de craie apparaissent des algues vertes filamenteuses : Enteromorpha spp., Ulothrix spp., Urospora spp., Blidingia minima...
Quelques rares espèces animales se réfugient dans les crevasses et anfractuosités où se maintient un minimum d'humectation : le gastéropode Melaraphe neritoides, le crustacé isopode Ligia oceanica qui ne supporte pas l'immersion, le mille-pattes Scoloplanes maritimus, l'insecte apterygote Petrobius maritimus.
Certains oiseaux nicheurs sont caractéristiques de ce milieu : la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla), le Pétrel fulmar (Fulmarus glacialis), le Pingouin (Alca torda) et le Guillemot de Troïl (Uria aalge).

Confusions possibles

La ceinture à Verrucaria maura est souvent confondue avec une laisse de produits pétroliers, mais il n'y a aucun risque de confusion avec d'autres habitats.

Correspondances

Typologie ZNIEFF-Mer (1994): I.4.1.
Typologie Marine Biotopes (1996): LR littoral rock (splash zone) avec 9 faciès différents.
Typologie EUNIS (1999) : B3.1

Dynamique

L'évolution se fait sous l'influence des espèces végétales endolithes qui érodent l'habitat lui-même.

Habitats associés ou en contact

Cet habitat supralittoral est au contact des peuplements végétaux des falaises (UE : 1230). A sa limite inférieure, il est au contact de la roche médiolittorale (fiche : 1170-2 et 1170-3).

Répartition géographique

Le long des massifs rocheux primaires, l'habitat est présent sous forme de roches granitiques, de gneiss de micaschistes, de grès (Normandie, Bretagne, Vendée). En Manche Orientale, il se situe au niveau des falaises de craie (Blanc Nez) ou des assises marneuses des côtes d'Opale et de Nacre.
En Charente et en Loire Atlantique ce sont des falaises calcaires. Cet habitat est aussi représenté sous forme de substrats durs artificiels.

Valeur écologique et biologique

Cet habitat est intéressant en tant qu'interface entre les milieux terrestre et aquatique. Milieu extrême pour les organismes, il est caractérisé par une très faible diversité. Il n'en constitue pas moins un habitat original.

Tendances et menaces

C'est l'habitat que l'homme est amené à nettoyer périodiquement après les échouages pétroliers accidentels, récurrents... Il est sous l'influence directe des écoulements polluants de toutes sortes.
Cet habitat peut être, naturellement ou non, enrichi en nitrates. C'est le cas des falaises où nichent les oiseaux par exemple, le peuplement se restreint alors à un espèce d'algue verte : Prasiola stipitata.
Dans le cas de constructions portuaires, cet habitat perd de son originalité (anfractuosités), il devient alors très monotone.

Potentialités intrinsèques de production

Aucune.

Modes de gestion recommandés

C'est la mer qui a toujours effectué le meilleur nettoyage de cet habitat soumis à des souillures multiples. Certains sites sont d'ailleurs très difficiles d'accès.

Axes de recherche

On ne sait rien sur les temps de restauration des populations de lichens.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

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