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ZNIEFF 110020124
Landes de Ste-Assise et Bois de Boissise la Bertrand

(n° régional : 77447001)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF résulte de la fusion entre les deux ZNIEFF de type 1 "Landes de Ste-Assise" n°110020124 et "Bois de Boissise la Bertrand" n°110001190.

D'une superficie d'environ 295 ha, le secteur dénommé « Landes de Sainte-Assise » se situe sur un plateau boisé dans une boucle de la Seine à 45 km au sud-est de Paris, en Seine et Marne (77). Le site se trouve sur les communes de Boissise-la-Bertrand et de Seine-Port à proximité de Melun, en plein cœur du massif forestier de Bréviande. Avec Fontainebleau, Rougeau et Sénart, Bréviande fait partie d’une succession de quatre massifs qui accompagnent la Seine. Bien qu’enclavé dans le tissu urbain, ce massif tient une place importante dans les continuités écologiques et paysagères du sud de l’Ile de France.

L'intérêt du site provient de la présence de landes atlantiques humides à Erica tetralix et de mares oligotrophes abritant de nombreuses espèces végétales remarquables dont certaines sont protégées en Ile-de-France.

Le site des «Bruyères de Sainte-Assise» possède des conditions stationnelles particulièrement propices à l’implantation d’habitats à forte valeur patrimoniale et, de ce fait, d’une flore remarquable. En effet, la nature du sol, acide en raison de la pauvreté et du lessivage du substrat, les conditions hydrologiques très hétérogènes dues à la topographie du site et à la variation du niveau de la nappe perchée et un climat océanique dégradé offrent un ensemble de conditions assez uniques dans la région. L'hydrologie particulière est certainement le facteur le plus déterminant car il structure et hétérogénéise spatialement les habitats tandis que le climat océanique dégradé caractérise la limite de répartition de nombreuses espèces atlantiques.A cela s'ajoutent l’histoire mouvementée et l’entretien très irrégulier de la végétation. Cette hétérogénéité spatiale, dynamique et structurale des habitats est à l’origine de la diversité floristique et faunistique du site.

Aujourd'hui, les milieux principaux sont les landes humides, les boisements et les mares. Ces mares sont artificielles et issues d'anciennes carrières et d'extraction de pylônes. Elles sont reliées au réseau de fossés artificiels, plus ou moins fonctionnels, qui couvre toute la zone.

Pour la flore, trois groupes ont été étudiés finement et récemment sur le périmètre de la réserve. Il s’agit des plantes vasculaires (CBNBP) avec 276 espèces végétales recensées, des mousses (Hugonnot 2011) et des lichens (Agnello 2011). Pour les plantes vasculaires, parmi les espèces patrimoniales et déterminantes ZNIEFF, 15 sont assez rares, 21 rares, 23 très rares et 19 sont extrêmement rares. Une trentaine sont déterminantes ZNIEFF (les espèces peuvent cumuler les statuts) mais 10 d'entre elles n'ont pas été revues depuis 1954 en raison de l’avancée de la forêt sur les milieux ouverts. Toutes ces espèces sont inféodées au milieu humide menacées par la disparition de leur habitat. On peut citer la Bruyère à balais (Erica scoparia) qui accompagne la Bruyère cendrée (Erica cinerea) et la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix), ou encore la Gentiane des marais (Gentiane pneumonanthe) qui fréquente les landes humides. L’intérêt botanique du site est donc exceptionnel.

Pour les Bryophytes, 126 espèces (19 hépatiques et 107 mousses) sont recensées sur le site de Sainte-Assise. Aucune espèce bénéficiant d’un statut n’a été découverte. Seules quatre espèces remarquables (selon V. Hugonnot) ont été trouvées : Dicranella howei, Dicranella staphylina, qui fréquentent les berges en pente douce des mares temporaires, Sphagnum auriculatum observée dans un fossé de lande humide à Erica tetralix, et Ulota coarctata se rencontrant sur les écorces des arbres.

En ce qui concerne la faune, les habitats présents sur le site sont favorables à de nombreuses espèces d'oiseaux fréquentant les landes légèrement boisées. Citons le Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), le Tarier pâtre (Saxicola torquatus), la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) et la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio). Cette dernière espèce est inscrite à l'annexe I de la Directive Oiseaux. La Pie-grièche écorcheur n’a été observée qu’une fois en 2009, probablement lors d’un passage en migration. Les milieux ouverts sont utilisés comme zone de chasse par la Bondrée apivore (Pernis apivorus), et la Buse variable (Buteo buteo). La Bondrée apivore, comme son nom l'indique, se nourrit d'insectes et dépend donc de la présence de milieux ouverts et fleuris. Par ailleurs, la présence d’arbres dans les landes permet aux rapaces de profiter de perchoirs pendant leurs chasses tandis que les proies peuvent se réfugier dans les fourrés. Les espèces patrimoniales de la réserve ne dépendent donc pas que des milieux ouverts mais bien de la présence d’une mosaïque de milieux de landes et de fourrés plus ou moins boisés.

Les milieux humides présents sur le site sont favorables aux Amphibiens, chez qui plusieurs espèces ont été observées depuis 2001 sur la RNR : le Crapaud calamite (Bufo calamita), le Triton palmé (Lissotriton helveticus), le Triton crêté (Triturus cristatus), la Grenouille agile (Rana dalmatina) et la Rainette verte (Hyla arborea). Le Crapaud calamite est une espèce anthropophile réapparue récemment sur le site suite aux travaux. Elle apprécie les sols nus.

Le site est aussi intéressant d'un point de vue entomologique. L'OPIE a mené un inventaire général en 2010 qui a permis de découvrir plus de mille espèces d'insectes dans le massif (Borges, Fleury, et Meriguet 2010). Parmi ces espèces, des espèces de coléoptères saproxyliques sont inféodés aux rares vieux bois de la réserve. Citons Protaetia speciosissima, la Grande Cétoine dorée protégée au niveau régional et espèce déterminante ZNIEFF. Plusieurs espèces d'Orthoptères inféodées aux friches, pelouses, landes et sols nus de la réserve ont été observées comme la Mante religieuse (Mantis religiosa) déterminante ZNIEFF. Le site des Landes de Sainte-Assise abrite aussi la Mantispe commune (Mantispa styriaca), insecte névroptère ressemblant à première vue à la Mante religieuse mais plus petite et avec un mode de vie très différent. Le mode de reproduction de cette espèce est, par exemple, très particulier : la larve parasite le nid de certaines espèces d'araignées, à l'abri des prédateurs et se développe dans le cocon de l'araignée. Cette espèce apprécie les milieux ouverts, les grandes pelouses et les landes du site. De nombreux lépidoptères apprécient également les différents milieux du site. Citons l'Acidalie sylvestre (Idaea sylvestraria), petit papillon d'à peine 2 cm typique des landes est menacé par la dégradation de son habitat. L’entomofaune est donc la première richesse de la réserve en termes de diversité et de nombre d’espèces protégées.

SOURCE : Agence des Espaces Verts d'Ile de France (AEV)

Concernant la partie boisée dénommée "Bois de Boissise la Bertrand" (ancienne ZNIEFF n°110001190). Le boisement est hétérogène avec quelques patchs de milieux humides à intérêt écologique. Présence d'habitats ZNIEFF déterminants. Assemblage original d'espèces entomologiques thermophiles sabulicoles et de lande acide.35 espèces d'oiseaux ont été répertoriées sur ce site lors des phases de prospection; 4 sont inscrites à l'Annexe 1 de la Directive Oiseaux :Alcedo atthis, Dendrocopos medius, Dryocopus martius et Ciconia ciconia. Des prospections supplémentaires seraient intéressantes, notamment au niveau des amphibiens, des bryophytes.

Commentaires sur la délimitation
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