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ZNIEFF 220013414
LE MONT KENNEDY

(n° régional : 02LAN104)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Cette zone est constituée d'une avancée du massif de Saint-Gobain, formant une sorte de pédoncule, qui, dans le paysage, apparaît comme une butte. Celle-ci surplombe la plaine du Marlois d'environ quatre-vingt-dix mètres. La dalle structurale du haut du « Mont Kennedy » est constituée de calcaires du Lutétien. Quelques affleurements rocheux sont visibles le long d'un chemin situé à l'ouest du secteur, au lieu-dit les Renvers.

Les pentes sont assez raides, particulièrement sur les côtés nord-ouest, nord et est. Les sables du Cuisien affleurent localement le long des pentes.

L'ensemble du périmètre présente de nombreuses traces des combats de la Première Guerre mondiale.

L'ensemble est, pour l'essentiel, couvert par des boisements feuillus. Différents facies forestiers apparaissent, suivant les conditions stationnelles liées à l'exposition et la géologie, mais probablement aussi en relation avec les conséquences de l'épisode dévastateur de la Grande Guerre. En versant nord, on observe des boisements mixtes (sylvofacies ou forêt de reconstitution "post-guerre" ?) dans lesquels dominent le Châtaignier et le Merisier. Le tapis de ronce (Rubus sp.) est particulièrement dense. Sur les affleurements argilo-sablonneux apparaissent de grands peuplements de Ptéridophytes (fougères), dominés par la Dryoptéride dilatée (Dryopteris dilatata) et la Dryoptéride de la Chartreuse (Dryopteris carthusiana).

Les parties les plus marquées par les combats sont plantées de Conifères. La végétation des trouées et des coupes permet à l'Orme champêtre (Ulmus minor) d'exprimer toute sa vigueur. Il est très dominant sur les secteurs fortement remués par les affrontements.

La forêt apparaît localement mieux stabilisée et, alors, se développe une chênaie acidocline à Maïanthème à deux feuilles (Maianthemeum bifolia), à Fougère-aigle (Pteridium aquilinum), à Muguet (Convalaria majalis) ou bien encore une hêtraie calcicole, en fonction du substrat.

Le haut de la butte est dominé par une chênaie-charmaie, dans laquelle les espèces calcicoles sont très présentes, et par des formations herbacées appartenant aux pelouses calcicoles.

Celles-ci couvrent actuellement une faible surface. Les ourlets thermophiles sont, en fait, plus nombreux.

On note aussi la présence d'une petite zone herbagère, avec un petit réseau de haies favorables à l'avifaune bocagère.

INTERET DES MILIEUX

Des petites pelouses acidoclines sont installées le plus souvent le long des talus des routes et des chemins. Ce type de pelouse sur sable mobile est devenu assez rare en Picardie.

Les ourlets thermophiles possèdent encore de bonnes potentialités floristiques. Ce type de milieu tend à régresser dans de nombreuses régions de la moitié nord de la France.

Les escarpements rocheux calcaires avec d'importantes stations de fougères sont assez rares dans une région de plaine comme la Picardie.

INTERET DES ESPECES

Présence d'un cortège floristique des pelouses calcaires thermophiles dont une espèce est protégée, la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum *) et dont plusieurs sont rares en Picardie :

- l'Anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris),

- la Brunelle à grandes fleurs (Prunella grandiflora),

- le Silène penché (Silene nutans),

- le Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria),

- le Genêt des teinturiers (Genista tinctoria).

Ce site abritait, il y a encore quelques années, une station de la rare Anémone sauvage (Anemone sylvestris *).

La forêt thermophile est marquée par la présence du Chêne pubescent (Quercus pubescens) et de nombreux individus de Chêne présentant, à des degrés divers, des caractères d'hybridation. Rappelons que le Chêne pubescent est ici situé sur ses marges nord-ouest de répartition.

Les pelouses silicicoles possèdent plusieurs taxons peu fréquents en Picardie du fait de la localisation de leurs milieux :

- le Maïanthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium),

- la Luzule de Forster (Luzula forsteri),

- la Saxifrage granulée (Saxifraga granulata).

Les escarpements rocheux calcaires abritent une importante station de Doradille scolopendre (Asplenium scolopendrium), fougère peu fréquente en Picardie. Celle-ci est accompagnée du Polystic à aiguillons (Polysticum aculeatum), autre fougère assez rare dans la région.

Présence de la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) et de plusieurs rapaces, dont l'Epervier (Accipiter nisus)

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

L'ensemble de la zone a été soumis, durant la Première Guerre mondiale, à d'importants bombardements et le sol en a été fortement perturbé. La dynamique végétale actuelle est probablement encore affectée par cet épisode.

Les pelouses calcicoles du plateau subissent actuellement une très forte altération, du fait de l'aménagement de ce secteur en aire de détente et de promenade. La flore des pelouses calcicoles est très fortement affectée par la surfréquentation (voitures, piétons, engins à deux roues,...) et ne persiste que très ponctuellement sur les lisières de la clairière du « Mont Kennedy ». Il s'ensuit une perte de qualité du patrimoine naturel, en raison de la disparition relativement rapide de certains éléments floristiques (et probablement faunistiques) remarquables et rares. Le cas de la disparition apparente de l'Anémone sauvage (Anemone sylvestris*) illustre ce phénomène.

Une coupe forestière à blanc est constatée. Ce mode de gestion semble peu compatible avec le maintien d'une biodiversité de qualité, étant donné le traumatisme brutal appliqué aux milieux naturels, certains organismes n'ayant pas toujours la possibilité de faire face à des changements aussi soudains.

N.B. : les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre englobe une butte boisée située à l'Est de la forêt de Saint-Gobain. Des lisières thermophiles et quelques prairies situées à la périphérie sont incluses dans le périmètre.