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ZNIEFF 220013555
BUTTE DU PLAIN CHÂTEL

(n° régional : 02SOI105)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La butte du "Plain Châtel" est une butte témoin détachée du plateau du Soissonnais par l’érosion. Son sommet, subhorizontal, est constitué par la dalle structurale des calcaires grossiers du Lutétien. Les versants mettent à nu les calcaires cuisiens, plus ou moins colluvionnés par des éléments du Lutétien. Le pied de pente est constitué de colluvions et de quelques alluvions modernes tourbeuses, à l’est de la butte.

Le plateau porte une forêt jeune, mal structurée, où l'Erable sycomore et le Frêne abondent. Le haut des versants, surtout en exposition nord, est couvert par une hêtraie claire calcicole aux affinités submontagnardes. Plus bas, dans les pentes, là où les sables cuisiens sont plus lessivés, une forêt plus acidocline s’est développée.

Une pelouse calcicole subsiste au sud, en périphérie d’une petite parcelle de vigne.

Dans le vallon, à l’est de la butte, le fond humide a été planté de peupliers. Une mégaphorbiaie se développe entre les arbres.

INTERET DES MILIEUX

- Pelouse calcicole relictuelle, encore entretenue par la fauche, milieu en grande raréfaction dans les plaines d’Europe du Nord et inscrite, à ce titre, à la directive "Habitats" ;

- hêtraies calcicoles submontagnardes, milieu peu fréquent en Picardie, particulièrement bien représenté dans le Laonnois et le nord du Soisssonnais ;

- mégaphorbiaies hébergeant quelques espèces intéressantes.

Et, plus généralement, agencement de milieux favorables à de nombreuses espèces de la faune et de la flore.

INTERET DES ESPECES

Sur la pelouse :

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium), présent sur les pelouses très arides ;

- la Brunelle laciniée (Prunella laciniata), rare en Picardie et proche de sa limite septentrionale de répartition ;

- le Fluoré (Colias australis), en déclin, à cause de la grande régression des pelouses calcicoles.

Dans les bois :

- la Laîche digitée (Carex digitata), aux affinités calcicoles et montagnardes ;

- le Petit-Mars changeant (Apatura ilia), papillon dont les plus belles populations sont probablement localisées au Laonnois et au Soissonnais.

Sous la peupleraie : le Laiteron des marais (Sonchus palustris), assez rare, mais en expansion géographique.

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

La persistance de la pelouse est conditionnée par le maintien de l’entretien des abords de la vigne.

La gestion actuelle des bois de pente semble pouvoir assurer le maintien des espèces observées.

Une attention particulière devrait être portée à la gestion des layons forestiers du plateau qui, en se refermant, voient disparaître leur flore thermophile calcicole.

Le développement de la peupleraie menace, à court terme, les espèces héliophiles qui se maintenaient.

Commentaires sur la délimitation

Le site se limite à une butte témoin et à un fond de vallon humide hébergeant quelques espèces intéressantes.