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ZNIEFF 220420006
BOIS THERMOCALCICOLES DE LA GRANDE CÔTE ET DES PRIEUX À NOGENT-SUR-OISE

(n° régional : 60CLE115)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le coteau de La Grande Côte et des Prieux s'étire en rive droite de la vallée de l'Oise, entre Nogent-sur-Oise et Montataire. Il occupe un versant raide où affleure l'épais banc de calcaire lutétien.

Les versants sont exposés au sud, au niveau de La Grande Côte, et à l'ouest et au sud-ouest au niveau du Bois de Prieux.

Les sols y sont souvent maigres, voire squelettiques sur les dalles calcaires. Les affleurements de sable cuisien, sous les calcaires lutétiens, génèrent des sols calcaro-sableux.

Ces conditions alliées à l’exposition ensoleillée sont favorables au maintien d'une végétation thermocalcicole.

L'occupation du sol est majoritairement forestière, avec une mosaïque de chênaies pubescentes claires (Quercion pubescentis), de hêtraies de pente (Cephalanthero-Fagion), de plantations de pins et de chênaies-charmaies en haut de versant (Mercurialo-Carpinion).

Sur les écorchures et les affleurements rocheux, liés notamment aux dalles et éboulis calcaires des anciennes carrières abandonnées, se trouve une végétation saxicole pionnière (Alysso-Sedion).

D'ultimes lambeaux de pelouses calcicoles subsistent dans des clairières intraforestières et des lisières. Elles sont rattachées provisoirement au Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae.

La forêt tend à envahir ces espaces ouverts : les buissons (prunelliers, aubépines, cornouillers, troènes, viornes lantane, pruniers de Sainte-Lucie... : alliance du Berberidion) gagnent sur les pelouses.

Cette dynamique préfigure l'installation d'une hêtraie thermocalcicole (Cephalanthero-Fagion) ou d'une chênaie pubescente (Quercion pubescentis).

Ces milieux sont favorables au développement d'une flore et d'une faune remarquables, au caractère thermocalcicole marqué, typiques des coteaux bien ensoleillés de la rive droite de la vallée de l'Oise.

INTERET DES MILIEUX

Les lambeaux de pelouses calcicoles et calcaro-sabulicoles, les ourlets et les bois thermocalcicoles sont des milieux rares et menacés en Picardie et dans tout le nord-ouest de l'Europe. A ce titre, ces milieux sont inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

La chênaie pubescente, formation d'affinités subméditerranéennes, est ici l'une des mieux développées de l'Oise et de la Picardie. Elle est proche de sa limite nord de répartition.

Ces milieux représentent un refuge pour bon nombre d'espèces rares et menacées.

INTERET DES ESPECES

Parmi les espèces végétales les plus remarquables se trouvent les taxons suivants, assez rares à rares en Picardie :

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), sur les écorchures ;

- le rare Fumana couché (Fumana procumbens*) ;

- le Chêne pubescent (Quercus pubescens) ;

- l'Euphorbe de Séguier (Euphorbia seguieriana) ;

- la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium) ;

- l'Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens) ;

- le Daphné lauréolé (Daphne laureola) ;

- le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium) ;

- l'Ibéride amer (Iberis amara) ;

- le Dompte-venin officinal (Vincetoxicum officinale) ;

- le Monotrope sucepin (Monotropa hypopitys).

La faune comprend les espèces suivantes :

- plusieurs lépidoptères remarquables, inféodés aux pelouses thermophiles : le Fluoré (Colias australis), l'Azuré bleu-céleste (Lysandra bellargus).

- la rare Coronelle lisse (Coronella austriaca), inscrite en annexe IV de la directive "Habitats".

D'autres espèces végétales et animales restent à découvrir sur de tels espaces pelousaires et forestiers.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

La problématique principale de ces coteaux tient dans l'envahissement progressif des ligneux. Les dernières pelouses ouvertes sont en effet menacées par l'extension des stades préforestiers.

Il s'ensuit une perte de diversité biologique importante. Ces pelouses possèdent une flore et une faune spécifiques, qui risquent de disparaître. Elles sont actuellement maintenues sur les affleurements rocheux des anciennes carrières et sur les zones grattées et broutées par les quelques lapins.

Les plantations de résineux conduisent à la même banalisation à la fois biologique et paysagère.

La coupe circonstanciée des arbustes envahissants serait donc souhaitable.

Par ailleurs, le réaménagement futur des carrières en activité pourrait privilégier une valorisation biologique par le maintien de dalles rocheuses et de stades pelousaires initiaux, nettement préférable à un reboisement systématique, lequel banaliserait les milieux.

N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Commentaires sur la délimitation

Les contours du site englobent les milieux forestiers et pelousaires qui concentrent les habitats, la flore et la faune les plus intéressants.

Les cultures, les carrières en activité et les zones urbanisées sont évitées.