ZNIEFF 230000754
LE PAYS DE BRAY HUMIDE

(n° régional : 8300)

Commentaires généraux

La znieff couvre toute la partie basse de la dépression brayonne et la vallée de la Béthune. Elle s’étend sur environ soixante-quatre kilomètres de long, de Saint-Aubin-le-Cauf au Nord-Ouest à Neufmarché au Sud-Est, et sur environ quinze kilomètres au plus large. C’est la plus vaste znieff de type II de

Seine-Maritime. L’altitude varie de 14m (la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf) à 232m (château de Gaillefontaine).

Le pays de Bray est une vaste unité paysagère, boisée, cultivée et bocagère, constituée d’une mosaïque de milieux naturels et anthropisés,

liée à la géologie et la topographie particulières de la « boutonnière ». En effet, cette dépression topographique de forme ovale, est au sens

géologique, un anticlinal (bombement) érodé. Les rebords de la boutonnière sont formés par les cuestas (coteaux) crayeuses. La partie

centrale, plus basse, est principalement caractérisée par des sables et des argiles de temps géologique antérieur, d’où la formation de sols

retenant l’eau et d’un chevelu très dense de ruisseaux, exceptionnel au niveau régional.

Les différents types de végétation et l’occupation agricole du sol sont longtemps restés en adéquation avec ces facteurs physiques. D’où une

grande biodiversité et une forte authenticité de cette terre d’élevage. En limite du plateau, sur les fortes pentes du front, les cuestas abritent

surtout des bois et des prairies sèches calcicoles. Les cultures occupent les pentes moins escarpées. Le fond humide est essentiellement

constitué par les herbages, encore prépondérants et maillés densément de haies, mais remplacés ici et là par le maïs. Les prés-vergers

entourant les villages dispersés régressent fortement. Quelques bois tourbeux subsistent dans des secteurs très humides non défrichés.

Le bocage du Bray humide offre un paysage particulier, très vallonné et de petites collines. Il est composé en majorité de prairies mais aussi

de parcelles cultivées (de faibles dimensions), bordées de multiples haies, qu’elles soient vives, taillées basses ou émondées en têtards.

Parmi ces herbages, sont présentes de discrètes zones humides correspondant à divers écosystèmes : beaucoup de mares, des marais, des

fossés avec des végétations aquatiques ou amphibies variées (joncs, laîches etc.), des roselières, des saulaies, divers bois humides, des

petites tourbières exceptionnelles et un réseau hydrographique très dense.

Ces zones humides sont des milieux d’une grande diversité et productivité biologiques, hébergeant de nombreuses espèces végétales et

animales, spécialisées, parfois exceptionnelles. Outre cette fonctionnalité écologique, les zones humides jouent un rôle fondamental pour le

recueil et l’autoépuration des eaux, la réalimentation des cours d’eau et des nappes phréatiques, la prévention des inondations.

Les nombreuses sources donnent naissance à une multitude de rus, pour former divers ruisseaux qui se rejoignant, créent un fleuve et trois

rivières : la Béthune, qui s’écoule vers le Nord-Ouest et la Manche ; au Sud, l’Andelle et l’Epte, affluents de la Seine ; au Sud-Est, le Thérain

qui retrouve l’Oise. Ces ruisseaux et rivières abritent des espèces de poissons remarquables (Truite fario, Saumon atlantique, Lamproies,

Chabot, Anguille etc.) dont certaines présentent un intérêt écologique majeur de niveau international. Le bassin de la Béthune est aussi

favorable à l’Ecrevisse à pattes blanches encore présente dans plusieurs sites mais fortement menacée.

Les fossés et les haies offrent une multitude de corridors et de strates arborées et arbustives bénéfiques pour toute la petite faune. De

nombreuses espèces communes ou rares, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens (grenouilles, tritons), de reptiles, d’insectes etc., vivent,

s’abritent, se nourrissent et se reproduisent dans ces habitats.

Le grand nombre de mares, essentielles pour la reproduction des batraciens, lié au réseau de haies et à la proximité de bois humides, forme

un ensemble très favorable au Triton crêté. Le pays de Bray humide a été reconnu au niveau européen, comme un territoire majeur pour cette

espèce en forte régression (Zone Spéciale de Conservation du réseau Natura 2000).

Au sein de cette vaste znieff, ont été définies trente-huit znieff de type I, unités ponctuelles et sensibles de fort intérêt écologique. Il s’agit

principalement de marais, prairies humides, mares, bois tourbeux, landes humides, tourbières, ruisseaux avec végétation aquatique et

amphibie, mégaphorbiaies (formations de grandes herbes en milieu humide), cariçaies (peuplements de laîches), roselières, chênaies,

aulnaies, bétulaies (bois de bouleaux), saulaies, ripisylve (bois alluvial en bordure de rivière).

Comportant des habitats et des espèces d’intérêt communautaire, le Pays de Bray humide est classé en Site d’Importance Communautaire

n°FR2300131 « Pays de Bray humide » (pour une surface de 3336 ha) ; de même, la vallée de la Béthune est classée en Site d’Importance

Communautaire n°FR2300132 « Bassin de l’Arques » au sein du réseau européen Natura 2000.

Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie, avec divers partenaires (exploitants, communes, département, O.N.F.), gère de

manière écologique, trois sites riches et sensibles sur le plan de la biodiversité : le Bois de l’Epinay à Forges-les-Eaux (tourbière de la

Chevrette et cariçaie de l’Andelle, site classé en E.N.S.) ; les Fiefs, tourbière acide à Mésangueville, et le Marais de Normanville (prairies

humides, roselière, cariçaie), situé sur la commune du Mesnil-Lieubray.

Commentaires sur la délimitation
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