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ZNIEFF 250008126
ESTRAN SABLO-VASEUX

(n° régional : 00070019)

Commentaires généraux

Cette partie inférieure de l'estran de la baie du Mont-Saint-Michel, composée de sédiments sablo-vaseux, présente une grande unité morphologique et constitue une zone exceptionnelle de niveau international pour ses caractères sédimentaires et paysagers. Elle est aussi la plus grande étendue sableuse d'Europe.

L'importante productivité biologique qui caractérise cette zone engendre une richesse écologique que l'on peut apprécier au regard de la faune et de la micro-flore présente.

FAUNE

Il convient de mentionner la présence d'un des plus grands récifs d'Hermelles (Sabellaria alveolata) d'Europe, constituant un habitat particulier pour de nombreuses espèces animales.

Les mollusques bivalves rencontrés dans ce milieu sont presqu'exclusivement des coques (Cerastoderma edulis) et (C. glaucum) dont les densités sont parmi les plus fortes de celles observées dans les baies et estuaires des côtes ouest-européennes.

Le peuplement piscicole apparaît aussi d'une grande diversité puisqu'on estime à plus de 80 le nombre d'espèces pêchées à ce jour sur cet estran. Mais son rôle halieutique essentiel est d'être une vaste nurserie de poissons, notamment pour la Sole (Solea vulgaris) et la Plie (Pleuronectes platessa), ainsi qu'une frayère pour les Seiches (Sepia officinalis).

On note la présence régulière du Phoque veau-marin (Phoca vitulina), qui exploite l'estran tant pour se nourrir que pour se reposer sur les bancs de sable. Sa reproduction dans cette zone est en outre attestée.

Sur le plan ornithologique, l'estran est une remise diurne et une zone de gagnage pour les anatidés, notamment pour la Bernache cravant (Branta bernicla), la Sarcelle d'hiver (Anas crecca), les Canards colvert (Anas platyrhynchos), siffleur (Anas penelope), pilet (Anas acuta) et le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna). Il constitue en outre le premier site français de mue pour la Macreuse noire (Melanitta nigra).

De même, la slikke est le principal biotope des limicoles qui hivernent ici en grand nombre (moyenne de 60 000 en janvier). Signalons que, selon les critères du Bureau International de Recherches sur les Oiseaux d'Eau et les Zones Humides, la baie du Mont Saint-Michel est classée d'importance internationale pour 6 espèces de limicoles : l'Huîtrier-pie (Haematopus ostralegus), le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), la Barge à queue noire (Limosa limosa), le Bécasseau variable (Calidris alpina), le Bécasseau maubèche (Calidris canutus) et la Barge rousse (Limosa lapponica). De plus, elle est d'importance nationale pour le grand Gravelot (Charadrius hiaticula), le Bécasseau sanderling (Calidris alba), et le Courlis cendré (Numenius arquata).

FLORE

Si la slikke n'est pas couverte d'une végétation visible, elle n'en est pas moins riche d'une micro-flore constituée de nombreuses espèces de diatomées, à l'origine de la chaîne alimentaire en baie du Mont Saint-Michel.

On peut cependant trouver au bord de la slikke la Galinsoga ciliée (Galinsoga ciliata), assez rare et la Chlore pefoliée (Blackstonia perfoliata) assez commune sur terrain calcaire.

On peut aussi trouver de nombreuses espèces protégées au niveau national (*), régional (**), ainsi que des espèces très rares en Basse-Normandie (R): l'Elyme des Sables (Elymus arenarius*), la Statice de Salmon (Limonium binervosum*), Le vulpin bulbeux (Alopecurus bulbosus**), la laîche luisante (Carex liparocarpos**), la laîche à 3 nervures (Carex trinervis**), l'Oeillet prolifère (Petrorhagia prolifera (R)), la laitue vireuse (Lactuca virosa (R)).

Au niveau de la digue, on peut trouver le très rare Trèfle renversé (Trifolium resupiratum).

Commentaires sur la délimitation

Vaste estran sablo-vaseux dont la surface et les caractéristiques sédimentaires expliquent la richesse biologique exceptionnelle, révélée par la présence de nombreuses espèces animales végétales d'intérêt patrimonial.