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ZNIEFF 310007238
Marais de Cucq-Villiers

(n° régional : 00000058)

Commentaires généraux

Ce site appartient à l’ensemble des tourbières basses alcalines arrière-littorales, typiques de la plaine maritime picarde et s’étendant sur de vastes surfaces de part et d’autre de l’Authie. Cet ensemble est d’un intérêt majeur à l’échelle des plaines du nord-ouest de l’Europe. D’une faible superficie, le Marais de Cucq-Villiers présente cependant un intérêt patrimonial de niveau européen, d’une diversité et d’une originalité exceptionnelles tant par ses biotopes que par les communautés et espèces végétales qui leur sont inféodées. Associé au Marais de Balançon (au sud du site), l’ensemble forme un complexe unique dans la région. Il s’agit d’une des dernières tourbières basses alcalines « vivantes » turfigènes d’Europe planitiaire. On peut ainsi y observer de très beaux tremblants du Caricion lasiocarpae et notamment, au cœur du marais, la rarissime association du Junco subnodulosi - Caricetum lasiocarpae, entourées d’autres végétations turficoles de grande valeur (Cirsio dissecti - Schoenetum nigricantis, Anagallido tenellae - Eleocharitetum quinqueflorae…) ou simplement hygrophiles dont la valeur patrimoniale décroît vers la périphérie, ces dernières étant nettement plus exploitées. Plusieurs taxons rarissimes sont présents dans le marais de Cucq-Villiers : deux espèces inscrites à l’annexe 2 de la directive européenne « Habitats-Faune-Flore » s’y côtoient : l’Ache rampante (Helosciadiump repens), plante très rare en Europe et le Liparis de Lœsel (Liparis loeselii) ; on a retrouvé très récemment, sur un chemin fauché du marais, le Scirpe penché (Isolepis cernua), unique population régionale connue  la population de Blysme comprimé (Blysmus compressus) est une des trois dernières de la région ; ce marais est une des trois dernières stations du Nord – Pas de Calais pour une emblématique plante carnivore protégée en France : le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) ; espèces exceptionnelles en Nord-Pas de Calais, l’Utriculaire naine (Utricularia minor) se maintient dans les gouilles du marais tourbeux et la Laîche filiforme (Carex lasiocarpa) présente sa dernière belle population régionale ; le bas-marais tourbeux oligotrophe en voie d’acidification héberge également une importante population de la Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum polystachyon), très rare dans la région ; Gravement menacée de disparition, la Laîche arrondie (Carex diandra) y est très localisée. Au total 64 taxons déterminants ont été recensés dans le marais dont 30 protégés au niveau régional et quatre espèces sont protégés au niveau national (Helosciadium repens, Drosera rotundifolia, Liparis loeselii et Ranunculus lingua) . Le site du Marais de Cucq-Villiers représente un des sites les plus riches du point de vue faunistique en région Nord-Pas de Calais. Une espèce d’Amphibiens déterminante pour les ZNIEFF y est observée, de même qu’une espèce de Rhopalocères, 9 d’Odonates, 5 d’Orthoptères, 1 de Reptiles, 3 de Mollusques et 10 d’Oiseaux nicheurs. La Rainette arboricole et le Triton crêté sont présents dans les nombreuses mares que comportent les prairies à l’ouest de la ZNIEFF (FacoN et al., 2003). Au niveau régional, la Rainette arboricole est peu commune en région et le Triton crêté est assez commun (GODIN, 2003). La Couleuvre à collier, peu commune dans la région, est également présente. Certains indices laissent penser qu’elle se reproduirait sur le site (CSN, 2009). On la retrouve en général dans les vallées des rivières, les zones d’étangs et les prairies humides. Parmi les espèces d’Odonates observées dans les Marais de Cucq-Villiers, l’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), rare en région, se retrouve dans les berges des eaux stagnantes ou peu courantes de bonne qualité, avec de la végétation constituant les zones refuges, mais aussi avec un assez bon degré d’ensoleillement. Sa sensibilité à l’eutrophisation des eaux rend l’espèce particulièrement vulnérable (CSN, 2009). Le réseau de fossés riche en végétations favorise la Libellule fauve (Libellula fulva), assez rare en région. Les habitats potentiels de l’espèce sont assez restreints car la larve nécessite des eaux oligotrophes à mésotrophes (CSN, 2009). L’Aeschne printanière (Brachytron pratense) et le Leste brun (Sympecma fusca), peu communs au niveau régional, sont également observés sur le site (CSN, 2009). Le Marais de Villiers est la seule station régionale où le Criquet palustre (Chorthippus montanus) est observé, ce qui donne au site une dimension particulière pour la conservation de l’espèce, d’autant plus que la population semble sable depuis sa première observation en 2004 (CSN, 2009). Il s’agit d’une espèce hygrophile qui fréquente les prairies marécageuses et les zones tourbeuses, et principalement les sites à végétations hétérogènes. Les œufs, sensibles à la sécheresse et à l’immersion, nécessitent un environnement très humide. Ces exigences écologiques font du Criquet palustre un bon indicateur des prairies hygrophiles de bas niveau peu exploitées (CSN, 2009). Le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), tout comme le Criquet palustre, est présent sur la prairie pâturée du Marais de Villiers, caractérisée par un pâturage extensif et des sols gorgés d’eau une grande partie de l’année (CSN, 2009). Le Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), observé régulièrement sur le site, se retrouve principalement dans les parties hygrophiles des pâtures. Il affectionne les hautes végétations de joncs, laîches et graminées (CSN, 2009). Concernant la malacofaune, de nombreux individus de Vertigo moulinsiana ont été observés dans le secteur de bas-marais. Il s’agit de l’une des espèces patrimoniales de Mollusques les mieux connues dans la région. Elle est classée vulnérable en région et protégée en Europe. Les grandes cariçaies présentes sur le site constituent un milieu favorable à l’espèce puisque sa présence est favorisée par des roselières à Carex riparia et Carex acutiformis. Cette espèce hygrophile présente dans les marais calcaires est inscrite sur la liste UICN (CUCHERAT, 2005). Le site du Marais de Cucq-Villiers abrite également une avifaune patrimoniale variée. Le Busard des roseaux, protégé au niveau européen (Annexe I de la Directive Oiseaux), et en déclin d’après la Liste rouge régionale (TOMBAL et al., 1996), est présent en tant que nicheur potentiel (CSN, 2009). Il niche traditionnellement dans les phragmitaies. La richesse en proies et un faible dérangement pendant la période de reproduction représentent les deux facteurs importants pour le maintien des populations. La Bécassine des marais est assez rare dans le Nord-Pas de Calais. Elle est présente dans les pâtures au nord du Marais de Villiers. La disparition de ses milieux de nidification, pâtures piétinées par le bétail avec touffes de joncs ou de carex, donne au site une importance particulière en tant que site potentiel de nidification (CSN, 2009). L’observation d’un couple de Sarcelles d’hiver, espèce classée En danger en région (TOMBAL et al., 1996), permet de croire que l’espèce est nicheuse sur le site (CSN, 2009). La présence de roselières boisées est profitable à la Gorgebleue à miroir (CSN, 2009), qui est protégée au niveau européen. La Locustelle luscinoïde est favorisée sur le site par le degré d’ouverture des marais et l’étendue des roselières (CSN, 2009). Un chanteur observé sur le site rend possible la nidification de l’espèce dans le Marais de Cucq-Villiers (CSN, 2007). Le site répond également aux exigences écologiques du Râle d’eau, classé Vulnérable dans la Liste rouge régionale. Cette espèce recherche des zones riches en mares et en étangs et des petites superficies de vase couvertes de végétations touffues (CSN, 2009). La Marouette ponctuée et la Cisticole des joncs figurent par ailleurs parmi les espèces à rechercher sur le site (CSN, 2009).

Commentaires sur la délimitation

Aucune modification significative du périmètre n’a été rapportée par rapport à celui de 1ère génération (quelques ajustements sur SIG par rapport au parcellaire).