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ZNIEFF 310007277
Dunes de Mayville

(n° régional : 00000059)

Commentaires généraux

Site d’intérêt européen, les dunes de Mayville constituent la partie nord du vaste massif dunaire d’un seul tenant qui s’est formé à l’origine entre l’estuaire de la Canche au Nord et celui de l’Authie au Sud, constituant progressivement le littoral actuel de la plaine maritime picarde.
Erigées en une succession de cordons sableux enserrant des dépressions plus basses au sein desquelles se sont formées de vastes pannes orientées nord-est / sud-ouest, dans le sens des vents dominants, les Dunes de Mayville abritaient également autrefois la terminaison de la vaste plaine interdunaire séparant les dépôts récents du Dunkerquien de dépôts plus anciens, développés au-delà de cet ancien estran.
Aujourd’hui ne subsistent que quelques vestiges de cette plaine dunaire, en partie transformée en parcours de golf et encore très récemment soumise à des défrichements et des aménagements illégaux…
Malgré cet appauvrissement notoire qui a notamment fait disparaître un des habitats les plus rares de l’hygrosère dunaire oligotrophile nord-atlantique, le Carici trinervis-Schoenetum nigricantis, ces dunes ont conservé ou retrouvent, grâce à d’importants travaux de restauration réalisés en compensation des impacts directs et indirects de l’Enduropale sur le Site Natura 2000, les diverses végétations herbacées typiques des pannes jeunes, et notamment la végétation à Laîche naine et Agrostide maritime (Carici pulchellae - Agrostietum "maritimae") qui est l’habitat d’élection du Liparis de Lœsel (Liparis loeselii), présent en effectifs plus ou moins importants selon les années.
D’importantes populations de Parnassia palustris, Dactylorhiza incarnata subsp. incarnata, Epipactis palustris, Pyrola rotundifolia var. arenaria, Centaurium littorale… renforcent la valeur patrimoniale intrinsèque des habitats et végétations d’intérêt communautaire de ces pannes.
Depuis 1990, on y a également observé de petites populations d’Ache rampante (Apium repens), espèce inscrite à la directive européenne "Habitats-Faune-Flore", ainsi que l’Orobanche du lierre (Orobanche hederae), espèce exceptionnelle dans la région et connue en station naturelle uniquement dans le secteur du Touquet.
Depuis 2001, 61 taxons déterminants de ZNIEFF, dont 22 sont protégés dans le Nord-Pas de Calais et trois à l’échelle nationale, ont été recensés sur le site.
Le site des dunes de Mayville, élément des dunes picardes, s’étend au sud de la Baie de Canche. 25 espèces déterminantes de faune y ont été recensées : quatre espèces d’Amphibiens, quatre de Rhopalocères, trois d’Odonates, cinq d’Orthoptères, une de Coccinelle, sept d’Oiseaux, une de mammifère et une de Mollusque.
Parmi les Amphibiens présents sur le site, la Rainette verte, est inscrite à l’Annexe IV de la Directive Habitats-faune-Flore (DHFF). Elle est principalement localisée le long du cordon littoral, dans les pannes dunaires et les mares voisines du littoral (GODIN, 2003). Le Triton crêté, également observé sur le site, est protégé au niveau européen. Le fait que ces deux espèces soient quasi menacées, avec une tendance d'évolution des populations en diminution dans le Nord – Pas de Calais (GODIN & QUEVILLART, 2015) leur confère une importance particulière en termes de conservation. Le Crapaud calamite et le Pélodyte ponctué sont deux autres espèces principalement inféodées au littoral (milieu dunaire) et au bassin minier (GODIN, 2003). 
Concernant les Rhopalocères, le Petit nacré (Issoria lathonia) et l'Agreste sont assez rares dans le Nord – Pas de Calais du fait de leur confinement au cordon littoral. L’Hespérie de la mauve (Pyrgus malvae), observée généralement dans les prairies maigres et les pelouses, est rare en région (LAFRANCHIS, 2000 ; HUBERT & HAUBREUX, 2014).
Deux espèces déterminantes d’Odonates sont présentes sur le site. Parmi elles, le Sympétrum méridional (Sympetrum meridionale) est rare dans le Nord – Pas de Calais et localisé principalement en Plaine maritime picarde, dans les pannes dunaires. L’Agrion nain (Ischnura pumilio), peu commun dans le Nord – Pas de Calais et en forte progression, affectionne les zones humides récemment créées ou rajeunies. Tout comme le Sympétrum méridional, l’espèce est principalement observée dans les pannes dunaires du littoral de la Manche (GODIN et al., 2003).
Les orthoptères déterminants présents dans les Dunes de Mayville comprennent à la fois des espèces de milieux humides et de milieux secs. Le Gomphocère tacheté est une espèce assez rare dans le Nord – Pas de Calais, confinée au littoral et au bassin minier (CABARET, 2010). C'est une espèce principalement inféodée au milieux secs et pauvres en végétation (dunes, terrils, etc.) (BELLMANN et al., 2009). Le Grillon champêtre est une espèce rare dans le Nord – Pas de Calais, inféodée aux milieux prairiaux à pelouse rase (BELLMANN et al., 2009). La Decticelle chagrinée est un habitant des lieux xériques à végétation clairsemée. Elle est assez rare dans le Nord – Pas de Calais. Le Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis) se retrouve principalement dans les parties hygrophiles des pâtures. Elle affectionne les hautes végétations de joncs, laîches et graminées (COUVREUR & GODEAU, 2000). Le Tétrix des vasières est également une espèce des zones humides assez rare dans le Nord – Pas de Calais mais qui préfère les sablières humides et les vasières (BELLMANN et al., 2009). Le criquet des clairières et le Criquet marginé sont des espèces respectivement assez rare et peu commune dans le Nord – Pas de Calais, affectionnant les milieux mésophiles à hygrophiles : clairières, prairies humides, bords de fossés, etc. (BELLMANN et al., 2009).
Enfin, Vertigo angustior, petit mollusque inscrit à l’annexe II de la DHFF, se trouve principalement dans des milieux très humides sur sols calcaires. Il est présent dans les massifs dunaires de la Flandre maritime, de Mayville au sud du Touquet et de la Réserve naturelle de la Baie de Canche (CUCHERAT, 2005).
Parmi les espèces d’Oiseaux présents dans la ZNIEFF, le Pic noir, protégé au niveau européen et assez rare en région, est nicheur probable sur le site. Il est en expansion continue vers l’Ouest depuis la fin du XIXe siècle. En 1995, au moins une quarantaine de territoires de l’espèce sont observés en région, principalement localisés dans l’Avesnois et le Valenciennois, mais cette espèce reste localisée car 90 % de sa population est concentrée dans une dizaine de massifs forestiers (TOMBAL et al., 1996). La Gorgebleue à miroir, protégée au niveau européen, est également une espèce nicheuse probable du site. Après avoir connu une très forte progression pendant les années 1980-1990, elle est actuellement assez répandue dans la région. Elle a une préférence pour les milieux fermés comme les roselières et les bosquets de saules, les milieux plus ouverts et les dépressions des marais constituant quant à eux des terrains de chasse privilégiés (TOMBAL et al., 1996). L’Engoulevent d’Europe, inscrit à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, est nicheur possible sur le site car contacté en période de reproduction (TOMBAL et al., 1996).
Le Crossope aquatique est un petit mammifère protégé nationalement et inféodé aux milieux humides. Il creuse son nid dans les berges des fossés, des étangs ou des cours d'eau (PUISSAUVE & HAFFNER, 2015).

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre de la ZNIEFF correspond au massif dunaire qui s’étend entre les communes du Touquet-Paris-Plage et de Cucq (Stella-Plage).


Plusieurs modifications ont été apportées au périmètre de 1ère génération. Une extension littorale au nord, en 2010, ceci afin d’établir une continuité écologique terrestre et marine avec la ZNIEFF de la dune de Camiers et de la baie de Canche.


En 2016, le Conservatoire botanique national de Bailleul a réalisé des prospections sur le cordon dunaire localisé au nord du lieu-dit « Mayvillage ». Ce secteur d’environ 19 hectares jouxte les limites nord de la ZNIEFF « Dunes de Mayville ». Il abrite un certain nombre de taxons et de syntaxons déterminants de ZNIEFF.


On peut citer le Liseron des dunes (Convolvulus soldanella), la Daphné lauréole (Daphne laureola), le Panicaut maritime (Eryngium maritimum), l’Iris fétide (Iris foetidissima), la Pyrole des dunes (Pyrola rotundifolia var. arenaria) ou encore le Saule des dunes (Salix repens subsp. Dunensis).


Concernant les végétations, on peut mentionner la pelouse à Tortule et Fléole des sables (Tortulo ruraliformis - Phleetum arenarii), le fourré à Troène commun et Argousier faux-nerprun (Ligustro vulgaris - Hippophaetum rhamnoidis), le fourré à Pyrole à feuilles rondes et Argousier faux-nerprun (Pyrolo rotundifoliae - Hippophaetum rhamnoidis) et le groupement à Galium verum var. maritimum et Luzula campestris.


Aussi, vu la richesse de ce petit secteur, celui-ci a été rattaché à la ZNIEFF « Dunes de Mayville » en 2017.