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ZNIEFF 310013276
Mont de Brunembert et Coteau de Quesques

(n° régional : 00350003)

Commentaires généraux

Le Mont de Brunembert, promontoire crayeux dominant la cuvette herbagère du Bas-Boulonnais, culmine à plus de 180 m. Ce mont est prolongé par le coteau de Quesques qui délimite à l’Est la plaine bocagère de Quesques Cette côte présente la particularité d’être entaillée par un vallon boisé très profond, la Fosse de la Creuze, qui donne naissance à plusieurs sources alimentant de petits ruisseaux s’écoulant vers le bocage herbager de Quesques. Les versants sont occupés par une mosaïque de cultures, de prairies pâturées, de prairies fauchées, de fourrés et de boisement calcicoles. Un secteur de versant est très pédagogique grâce à la présence de tous les stades dynamiques naturels d’un coteau crayeux : prairies, pelouses-ourlets calcicoles, fourrés à Genévrier commun et boisement calcicole avec subsistance de quelques individus de Genévrier commun au sein du boisement, ce qui est rarement observé. Les vestiges de pelouses crayeuses à Genévrier commun, témoin des anciennes pratiques pastorales, offrent la présence de plusieurs espèces déterminantes telles que la Cuscute à petites fleurs (Cuscuta epithymum), la Gentiane d’Allemagne (Gentianella germanica), la Parnassie des marais (Parnassia palustris), le Gaillet couché (Galium pumilum)… et de nombreuses orchidées (Orchis pourpre (Orchis purpurea), Dactylorhize de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii), Orchis mâle (Orchis mascula ), Ophrys abeille (Ophrys apifera)…). Lorsque la gestion des parcelles est adéquate (fauche des layons de chasse, pâturage extensif), ces pelouses sont bien exprimées et sont rattachables à deux associations endémiques du Boulonnais (Thymo britannici - Festucetum hirtulae, Succiso pratensis - Brachypodietum pinnati), en lien dynamique avec des ourlets calcicoles mésophiles à marnicoles du Trifolion medii (Bunio bulbocastani - Brachypodietum pinnati et Trifolio medii - Agrimonienion medii .marnicole à Senecio erucifolius et Succisa pratensis) rares dans la région. Rappelons l’autre originalité du site, qu’est la creuse boisée qui donne naissance à plusieurs sources, et permettant ainsi le développement de végétations inféodées aux ambiances hygrosciaphiles et aux milieux humides. Le ruisseau qui s’écoule par plusieurs petites cascades successives est ponctué de cressonnières, et bordé de diverses végétations hygrophiles telles que des mégaphorbiaies du Thalictro flavi - Filipendulion ulmariae, des fourrés du Salici cinereae - Viburnenion opuli et des fragments de la forêt à Laîche espacée (Carici remotae - Fraxinetum excelsioris). Il alimente des prairies humides en contrebas, plus ou moins bien préservées selon un gradient trophique ; il est également bordé de prairies flottantes et de mégaphorbiaies à Prêle d'ivoire (Equisetum telmateia) notamment. Les versants de la creuse sont occupés par des frênaies à Mercuriale pérenne (Mercuriali perennis - Aceretum campestris,) qui abritent notamment l’Hellébore occidental (Helleborus viridis subsp. occidentalis). Comme dans les bois calcicoles de ce secteur, on retrouve également l’Ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum), espèce protégée et vulnérable dans la région. Au final, cette ZNIEFF présente un grand intérêt phytocénotique grâce à sa diversité de milieux. Elle englobe au moins 13 végétations et une vingtaine de taxons déterminants de ZNIEFF. En ce qui concerne la faune, le Demi-deuil (Melanargia galathea) est une espèce peu commune dans le Nord – Pas-de-Calais (HAUBREUX [coord.], 2009). Il est inféodé aux prairies maigres et pelouses sur stations sèches et humides (LAFRANCHIS, 2000).

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre de la ZNIEFF s’étend le long d’un coteau et il englobe le bois de l’Eperche. Dans la partie orientale du site, une petite extension vers le nord vise à intégrer la base du versant qui comprend plusieurs espèces pelousaires déterminantes de ZNIEFF.