ZNIEFF 310013687
Marais et prairies humides de Contes et d’Ecquemicourt

(n° régional : 01040001)

Commentaires généraux

Les marais et prairies humides de Contes et d’Ecquemicourt appartiennent au complexe écologique de la basse vallée de la Canche. Ils sont situés de part et d’autre de la rivière, à proximité du village de Contes, au niveau d’une partie de la vallée plutôt marécageuse. Ils sont bordés au nord par le ruisseau du Fliez. Cette vallée est occupée par des prairies humides pâturées, des peupleraies, parfois récentes au sud-ouest (nombreux alignements de peupliers par ailleurs), des saulaies et des étangs bordés de végétations palustres.

Le Marais de Contes est l’un des derniers complexes marécageux de la basse vallée de la Canche où les prairies humides à inondables couvraient encore une certaine surface lors du premier inventaire ZNIEFF ; mais depuis un peu plus d’une dizaine d’années, de nouvelles plantations de peupliers se sont développées à leur détriment, tandis qu’une vieille plantation communale exploitée a été replantée partiellement en peupliers et en feuillus indigènes. Ces prairies et boisements semi-naturels sont associés à toute une mosaïque d’autres milieux (étangs, roselières, etc.) qui augmentent d’autant plus l’attrait écologique et paysager du site.

Ainsi, de remarquables séquences de végétations peuvent s’observer suivant divers gradients topographiques, depuis les niveaux supérieurs souvent appauvris toutefois, jusqu’aux végétations aquatiques et aux boisements tourbeux longuement inondables des niveaux inférieurs, les plus intéressantes.

Plusieurs communautés végétales déterminantes de ZNIEFF sont ainsi d’un grand intérêt tant phytocénotique qu’écologique. On peut notamment citer un herbier aquatique de petites fougères immergées lié à des eaux mésotrophes à méso-eutrophes, le Riccietum fluitantis, des végétations d’atterrissement des plans d’eaux issus d’anciennes fosses de tourbage (Groupement à Eleocharis palustris subsp. vulgaris et Hippuris vulgaris , cariçaies de sols organiques à tourbeux du Magnocaricion elatae), des prairies longuement inondables de l’ Eleocharito palustris - Oenanthetum fistulosae et des boisements turficoles (Alno glutinosae - Salicetum cinereae et Cirsio oleracei - Alnetum glutinosae), les saulaies s’étant probablement développées au détriment de bas-marais relictuels avec tremblants fragmentaires du Caricion lasiocarpae qui hébergeaient encore le Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata), la Pédiculaire des marais (Pedicularis palustris) et la Laîche à bec (Carex rostrata) en 1988, lors du premier inventaire ZNIEFF.

Ce sont ces différentes végétations de bas niveau qui abritent encore aujourd’hui les éléments les plus rares ou les plus originaux de la flore déterminante de ZNIEFF, celle-ci comptant 9 taxons revus récemment [Valériane dioïque (Valeriana dioica), Pesse d’eau (Hippuris vulgaris), Epilobe des marais (Epilobium palustre), redécouverte très récemment, Séneçon aquatique (Senecio aquaticus)…] et 6 non revus après 1990 (voir ci-dessus).

A noter que le site bénéficie aujourd’hui d’une gestion conservatoire et que cette gestion devrait avant tout bénéficier au maintien ou à la restauration des espèces et des végétations les plus oligotrophiles, les plus rares et les plus menacées, ceci indépendamment des divers usages actuels.

Les diverses composantes de ce complexe marécageux sont à l’origine de la diversité faunistique observée dans cette ZNIEFF. Douze espèces déterminantes y ont été contactées.

La Rainette arboricole, principalement observée le long du trait de côte, est peu commune en région. L’habitat primaire de cette espèce est constitué par les mares voisines du littoral et les pannes dunaires (GODIN, 2003). La Couleuvre à coller, seule espèce déterminante de Reptiles observée sur le site, est classée peu commune en région. Elle est généralement observée à proximité de l’eau, dans les vallées, les zones d’étangs et les prairies humides (GODIN, 2003).

Six espèces d’Odonates ont été observées sur le site. L’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), rare en région (GODIN et al. [coord.], 2003), y est observé dans trois secteurs : les vallées de la Canche, de l’Authie et de la Sensée. Dans le Nord – Pas-de-Calais, l’espèce est principalement observée dans les tourbières alcalines fluviogènes, également au bord des étangs et des fossés bien végétalisés (GODIN et al. [coord.], 2003). La Libellule fauve est en marge de son aire de répartition dans la région ; elle se développe principalement dans les eaux mésotrophes stagnantes à légèrement courante (GODIN et al. [coord.], 2003). L’Aeschne isocèle (Aeshna isoceles) et le Sympétrum à nervures rouges (Sympetrum fonscolombii), assez rares en région, n’ont pas été observées sur le site depuis respectivement 1997 et 1999.

Trois espèces déterminantes d’Orthoptères ont été observées dans le contour de la ZNIEFF. Le Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis) est fortement menacé d'extinction dans la Liste rouge française pour le domaine némoral (SARDET & DEFAUT, 2004). L’espèce occupe en général les prairies humides à joncs et autres végétaux hygrophiles (COUVREUR & GODEAU, 2000). Le Criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), assez rare dans le Nord – Pas-de-Calais (FERNANDEZ et al., 2004), fréquente entre autres les prairies humides et les habitats rivulaires (COUVREUR & GODEAU, 2000).

Concernant les Chiroptères, une espèce déterminante a été contactée sur le site : la Pipistrelle de Nathusius. Cette espèce forestière (ARTHUR & LEMAIRE, 2009) est inscrite en Annexe IV de la Directive européenne Habitats. Elle est classée quasi-menacée au niveau national (UICN France et al., 2009), elle est identifiée comme étant peu commune en région (FOURNIER [coord.], 2000).

Quatre espèces déterminantes d’Oiseaux sont identifiées comme nicheuses possibles sur le site : le Phragmite des joncs, la Bouscarle de Cetti, le Martin-pêcheur d’Europe et le Râle d’eau. Les Marais et prairies humides de Contes sont également utilisés comme site de nourrissage et comme halte migratoire ; le Canard chipeau et la Spatule blanche y ont déjà été observés.

Commentaires sur la délimitation

Le marais situé au sud-est du périmètre de 1ère génération, sur la commune de Maresquel-Ecquemicourt, a été ajouté en raison de la présence de boisements marécageux, de prairies hygrophiles et d’étangs.

La grande extension au sud-est du périmètre initial est justifiée par l’observation de la Rainette arboricole et du Gomphocère roux (Gomphocerippus rufus).