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ZNIEFF 430002235
LAC DE L'ASSENCIERE ET FORET DU GIRON

(n° régional : 41000007)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Le site du Lac de l’Assencière et des forêts du Giron est bien représentatif de ce secteur des Pentes intermédiaires du Jura, caractérisé par de nombreuses variations altitudinales (de 630 à 900 m), topographiques et stratigraphiques (formations du Jurassique supérieur, du début du Tertiaire et du Quaternaire). Cette diversité de facteurs induit un vaste éventail de groupements végétaux dont certains assez originaux et reconnus d’intérêt communautaire prioritaire.

 

Sur le site du Lac de l’Assencière, les versants encadrent une longue dépression étroite où s’est installé le petit lac, doté d’une végétation flottante bien développée. Il est associé à différents milieux humides remarquables, établis sur des  sols hydromorphes plus ou moins tourbeux : bas marais alcalin, gouilles à laîche des bourbiers (protégée en France), mégaphorbiaie, aulnaie marécageuse dont le cortège floristique accueille quelques espèces remarquables (polystic à crête et fougère des marais). Plus au sud, les bas de pente sur substrat marneux à contraste hydrique très marqué sont recouverts par des formations où se juxtaposent des espèces de pelouses et de bas marais (prairies à molinie), comme le laser de Prusse, espèce très rare dans le Jura. Malheureusement, nombre de ces communautés sont en cours de dégradation compte tenu de la présence très forte des plantations résineuses.

Établis sur les versants marqués, en contrebas des barres rocheuses qui alimentent des éboulis grossiers et peu stables, on note la présence de l’érablaie à scolopendre en ubac et, sur le versant opposé, de la tillaie à érable feuilles d’obier. Quand le substrat est plus stable mais encore très caillouteux, c’est la hêtraie thermocalcicole qui s’installe en mosaïque avec des forêts plus mésophiles ou la hêtraie à buis. Enfin, les corniches sont soulignées par la chênaie pubescente, sur sol très drainant.

 

Dans ce contexte très particulier, la faune est également intéressante. Un mammifère plutôt rare, le lynx, y trouve des conditions adéquates (diversité structurale, tranquillité des lieux). La prairie à molinie de la Combe de la Côte des Rangs offre de belles potentialités au mélibée, espèce protégée en France et un des papillons les plus menacés. D’autres invertébrés (papillons et libellules) sont également présents sur le site, dont un certain nombre d‘intérêt patrimonial fort. Les corniches calcaires sont très prisées par le faucon pèlerin.

 

STATUT DE PROTECTION

Ce secteur a été retenu comme site d’intérêt communautaire par la Directive Habitat qui assure une protection des milieux en même temps que des espèces. Auparavant, les arrêtés ministériels des 20.01.1982, 22.06.1992, 9.07.99, 23.04.07 et 29.10.09 assuraient indirectement la protection de ce site puisque tout acte de destruction à l’encontre de ces espèces et de leur biotope est interdit.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Le site étant éloigné de toute zone urbaine ou touristique, les menaces liées à la fréquentation humaine restent réduites, si l’on excepte la pêche et la chasse. Quelques aménagements d’ordre cynégétique sont par exemple visibles à la Charnaye. Mais la menace principale est d’ordre sylvicole. De nombreuses plantations résineuses en monoculture ont remplacé la forêt initiale dans une grande partie du fond de la dépression et sur les bas de versants. Si aucune mesure n’est prise à cet égard, c’est l’ensemble des milieux humides qui disparaîtra.

Les mesures concernant la gestion des forêts s’avèrent nécessaires et passent par l’interdiction de planter dans les milieux encore ouverts à l’heure actuelle. Une cartographie des milieux forestiers permettrait de dégager des secteurs exploitables, où le choix d’essences adaptées aux conditions environnementales sera préconisé, et des secteurs protégés, pour les habitats forestiers d’intérêt patrimonial fort.

Dans les mêmes secteurs, les terrains rendus nus après l’exploitation des plantations seront restaurés et retrouveront leur aspect de prairies humides. La restauration intégrera le lac de l’Assencière, dans la Combe des Leschères, afin de rétablir les connexions entre milieux.

Commentaires sur la délimitation
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