ZNIEFF 530009071
LE GRAND ROCHER

(n° régional : 00000411)

Commentaires généraux

La ZNIEFF couvre le Grand Rocher et son massif boisé jusqu’aux abords du Yar à l’Est, et les espaces

dunaires reliques situés à son niveau bordant la route côtière. Près de 50 hectares propriétés du

Département sont inclus dans la ZNIEFF, représentant les trois-quarts de sa superficie. Environ 10

hectares concernant le rocher et ses abords sont en Site classé depuis 1936. Le Grand Rocher (ou "Roc'h

Hirglas") était à lórigine une propriété privée autour dún massif boisé de 60 hectares. Ce site

s’apprêtait à subir un important projet d’urbanisation, quand la commune et les associations locales

demandèrent au Département des Côtes d’Armor de l’acquérir (premières acquisitions en date du 14

décembre 1977).

La roche concernée est un grès siliceux appartenant à la formation des Grès de St-Michel-en-Grève qui

se développe dans le fond de la "Lieue de Grève" depuis St-Efflam jusqu’à sa localité éponyme.

L’éperon rocheux du Grand Rocher n’est pas boisé en face de la grève et présente sur ses versants de

nombreux blocs et dalles à l’affleurement entrecoupés selon l’épaisseur du sol d’une pelouse luxuriante

où dominent les mousses, ou bien d’une fruticée atlantique à troène et prunellier restant basse car

modelée par les vents. Ces végétations sont nettement calciclines du fait de l’apport des embruns et du

saupoudrage des sables calcarifères provenant de la grève. Le bas de versant Ouest de l’éperon est

occupé par une frênaie-érablière de ravin (plusieurs faciès) très riche en fougères et bryophytes. La butte

s’étendant en arrière pourrait être potentiellement occupée par la hêtraie-chênaie atlantique qui existe

encore en quelques points du massif, mais est en grande partie substituée par un bois dominé par les

châtaignier et pins ou des plantations résineuses plus artificielles. Des ouvertures (ou bois clairs) en

landes mésophiles voire sèches (autour du plan d’eau de l’ancienne carrière par exemple) sont présentes

en quelques points. Des éléments dunaires sont aussi présents le long de la route côtière sous forme

d’une dune boisée en pins (traversée par les visiteurs venant du parking Ouest), d’une parcelle en prairie

arrière-dunaire, et d’une dune-grise (partiellement dégradée par un ancien circuit-cross).

Deux plantes protégées en Bretagne sont présentes dans la zone : le séneçon à feuilles spatulées (Senecio

helenitis) ; et identifiée dans la zone dunaire la sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpyllifolia

subsp. serpyllifolia) mais de distinction peu aisée dans ses différentes variétés : var. serpyllifolia et var.

lloydii, seule la première étant rare en Bretagne. 7 autres plantes sont déterminantes pour la ZNIEFF

dont plusieurs graminées, en particulier l’avoine de Thore (Pseudarrhenatherum longifolium) qui

possède d’assez nombreuses stations disséminées dans les sous-bois en lande du site (D. Chicouène

1986-1996), et plusieurs orchidées dont l’orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) dont ce site avec une

autre indication sur la commune voisine sont les seules mentions pour les Côtes d’Armor.

Ce site a également une valeur bryologique indéniable, bien que très imparfaitement connu pour ces

groupes, Encalypta vulgaris et Neckera crispa sont des mousses calcicoles ou de milieux basiques, rares

en Bretagne, signalées du Grand Rocher du temps de Potier de la Varde (source n° 52), si la première

encore repérée en 1986 n’a pas été revue récemment, l’autre s’expose encore très bien sur les versants du

rocher qui n’est peut-être pas son écologie la plus fréquente en Bretagne où elle est signalée plus souvent

sur troncs. Une très rare hépatique lejeunéacée est aussi présente : Marchesinia mackaii (Durfort 2008),

une seule autre donnée existerait pour cette espèce dans le département, à St-Cast (Pierrot 1954).

Le site départemental a fait l’objet de plusieurs études successives pour les invertébrés par le GRETIA

en 2003-2004 puis en 2006, pour plusieurs groupes et milieux naturels. Environ 260 taxons ont été

identifiés jusqu’à l’espèce avec plusieurs espèces remarquables pour leur rareté régionale. C’est le cas

pour pas moins de 4 espèces d’araignées dont Euophrys herbigrada espèce de prairies, landes et dunes

côtières trouvée au sommet du Grand Rocher et qui en 2004 n’était signalée que de 2 localités du

Morbihan pour l’ensemble de la Bretagne. Un diptère syrphydé Brachypalpus laphriformis, qui

constituait une espèce nouvelle pour la Bretagne a été capturé en mai 2004 dans l’une des tentes Malaise

posée au cœur du site. Obrium brunneum.est un petit coléoptère longicorne considéré comme rare sur

l’ensemble du Massif Armoricain, sa larve se développe sous l’écorce des branches basses et mortes des

épicéas. L’Escargot de Quimper (Elona quimperiana) protégé et d’intérêt communautaire est aussi

présent dans les bois du site (source 67).

Trois espèces de chauves-souris hivernent sur le site du Grand Rocher dans un espace souterrain datant

de la seconde guerre mondiale : le Grand Rhinolophe, le Petit Rhinolophe et le Murin à moustaches. Ces

cavités sont des sites importants pour les 2 premières espèces en terme d’effectif. Cette colonie

remarquable est gérée en collaboration avec Bretagne-Vivante-SEPNB et fait l'objet d'un suivi

scientifique régulier. Des barreaux horizontaux barrent l’accès de la cavité situé sur le sentier touristique.

Le site naturel du Grand Rocher est ouvert au public. Il fait l'objet de ballades de découverte par le

Centre culturel de Plestin, avec l'aide du service des espaces naturels du Conseil général. La gestion

biologique du site est réalisée par le Conseil général dont les buts sont la conservation des espèces

animales et végétales d’intérêt patrimonial, de créer une diversité des habitats forestiers, et de maintenir

la qualité des paysages. Les peuplements d’arbres feuillus sont favorisés : hêtre, frêne, châtaignier. Les

vieux arbres creux subsistant sur les anciens talus agricoles sont intégralement conservés (sources :

Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France et dépliant : « le Grand Rocher - suivez le guide »).

TRES IMPORTANT : pour rendre valide ce bordereau, joindre une carte au 25 000éme précisant vos

propositions de délimitation avec à l’intérieur la justification des critères de délimitation (voir n°12) et

localisation des espèces et habitats déterminants (voir n°11).

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre révisé de la ZNIEFF du Grand Rocher est étendu

au coteau boisé bordant le Yar se situant dans le prolongement

de la butte (pour des raisons écologiques fonctionnelles et

présence d’habitats forestiers déterminants) ainsi qu’aux

éléments dunaires résiduels intéressants situés en arrière de la

route côtière D 786, dont plusieurs parcelles sont déjà propriété

du Département des Côtes d’Armor